SUR LA PUTRÉFACTION DES ŒUFS (!) [A PROPOS D'UN MÉMOIRE DE M. GAYON
M. Pasteur présente à la Société un Mémoire de M. Gayon sur la putréfaction des œufs. Il s'exprime en ces termes :
Le Mémoire de M. Gayon renferme plus de 100 pages in-4°, IT a une grande importance à divers titres, et particulièrement en raison des conclusions auxquelles était arrivé, il y a quelques années, un observateur bien connu, homme de beaucoup d’esprit, habitué autrefois, par le journalisme, à la critique scientifique, M. Donné. M. Donné (*) avait eu l’heureuse idée de faire des résultats des recherches sur la putréfaction des œufs le criterium de la vérité dans la question des générations dites spontanées. Lui-même se mit à l'œuvre et arriva aux conclusions suivantes :
1° « Les œufs brouillés par l'agitation se putrélient tous;
2° « La matière décomposée n'offre pas la moindre trace d'êtres organisés du règne végétal ou du règne animal, pas la plus petite moisissure, pas un seul vibrion; rien enfin d’organisé, d’animé ni de vivant, ne se montre au sein de la matière examinée avec le plus grand soin au microscope. »
Les observations de M. Donné étaient, sur quelques points, en contradiction avec celles de Réaumur et d’autres savants; en outre, elles constituaient une exception à la loi de corrélation qui résulte de mes travaux sur les fermentations touchant la cause de la putréfaction. J'ai montré, en effet, que la décomposition de la matière organisée animale est un acte corrélatif du développement et de la multiplication d'êtres microscopiques de la famille des vibrioniens. Les résultats de
1. Bulletin de la Société centrale d'agriculture de France, XXXV, 17 mars 18%,
2. Gavon (U.). Recherches sur les altérations spontanées des œufs. (Thèse pour le doctorat ès sciences physiques.) Paris, 1875, 102 p. in-4° (1 pl.).
3. Donwé (A.). Expériences sur l’altération spontanée des œufs. Comptes rendus de l'Académie des sciences, LNII, 1863, p. 448-452. Vorr pour les autres travaux de M. Donné sur la même question : Zbid., LVIIT, 1864, p. 950-952; LXIIT, 1866, p. 801 et 1072; LXIV, 1867, p.87: LXV, 1867, p. 602-605: et LXXV, 1872, p. 521-523. (Notes de l'Édition.)