RÉPONSE A M. LE D: BASTIAN
La réponse du D’ Bastian (?) est à côté du point en discussion, tel qu'il l’a soulevé lui-même. 6
Ainsi que j'ai eu l'honneur de le dire à l'Académie dans la séance du 17 juillet (?), les faits avancés par le D' Bastian, huit jours auparavant, sont exacts. Ces faits sont la reproduction, sous une autre forme, d'expériences consignées pour la première fois dans mon Mémoire des Annales de chimie et de physique en 1862 (#). Puisque je suis entièrement d’accord avec M. le D' Pastian sur le résultat de son expérience, notre dissentiment ne porte que sur l'interprétation qu'il faut donner à cette expérience.
Cela posé, ma Note du 17 juillet devait avoir et a eu pour but de reproduire l'expérience dont il s’agit, de facon à montrer au D' Bastian que l'interprétation qu'il adopte est absolument inadmissible et
démentie par l'expérience elle-même, quand celle-ci est conduite en vue de cette conséquence.
1. Comptes rendus de l'Académie des sciences, séance du 7 août 1876, LXXXIII, p. 377-
2. Basrrax. Note sur la fermentation de l'urine, à propos d'une communication de M. Pasteur. Zbid., séance du 31 juillet 1876, LXXXIIT, p. 362-368.
Dans cette Note le Dr Bastian dit :
« Pour interpréter le fait, admis par M. Pasteur, que l'urine, rendue stérile par l'ébullition, peut entrer en fermentation par l'addition d’une quantité déterminée d'une solution de potasse préalablement portée à 100°, il se contente d'affirmer que quelques germes de bactéries peuvent survivre dans cette liqueur caustique, même à la température d'ébullition.
« Cette hypothèse, assez incroyable par elle-même, a été absolument réfutée par un grand nombre des expériences que j'ai faites cette année. Ces expériences ont démontré que la solution de potasse bouillie peut fertiliser l'urine rendue stérile, seulement quand on l'emploie dans une proportion correspondant à l'acidité et à la quantité exacte de liquide soumis à l'expérience… Je prierai M. Pasteur de vouloir bien donner une démonstration directe de ce fail, que des germes de bactéries peu vent survivre dans un liquide aussi caustique que la solution de potasse faite dans les proportions pharmaceutiques, quand elle est portée, même pour quelques instants, à une température de 100.
« Je signalerai également à l'Académie ce fait, que l'urine fraiche el acide fermente après l'ébullition, sans l'addition de solution de potasse, mais seulement sous l'influence vivement provocatrice de la température de 50°, quand son acidité n'est pas très prononcée, c'est-àdire quand elle peut être neutralisée par une quantité de solution de polasse ne dépassant pas Il 5 pour 100. Ces liquides bouillis ne peuvent contenir des germes de bactéries vivants. »