‹ Œuvres de Pierre LebrunChapitre 19 sur 99 · A LA MARÉCHALE NEY · texte numérisé non relu

A LA MARÉCHALE NEY

Rome, 31 mai 1818.

Lorsque errant aux lointaines terres, Le voyageur, d'un œil surpris, Au milieu de fleurs étrangères.

Trouve une fleur de son pays.

Au parfum connu qu'elle exhale, Dans son cœur il sent revenir Soudain de sa terre natale L'aimable et tendre souvenir.

Il s'arrête un moment et passe ; Mais le plaisir qu'il a goûté, Dans ce cœur qui reste enchanté, Laisse une douce et longue trace.

Ainsi je me plains en secret, Alors qu'il faut que je vous quitte ; Ainsi des jours coulés si vite Vont me laisser un long regret.

lU.

Du moins j'emporte respérance, (Seule elle peut me consoler,] Qu'un jour au sein de notre France Nous pourrons nous les rappeler.

Dans votre cœur toujours chérie, Vous l'aimez malgré vos malheurs; Au seul nom de notre patrie Je vous ai vu verser des pleurs.

Adieu, gardez votre constance ; Et si jamais vos quatre fils Peuvent mourir pour leur pays.

Que ce soit là votre vengeance !

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