‹ Œuvres de Pierre LebrunChapitre 24 sur 99 · A TALMA · texte numérisé non relu

A TALMA

Athènes, octobre 1820.

De THymette déjà plus sombre, Dans le valloa de Tllyssus Le soir vient, et répand son ombre Sur le théâtre de Bacchus.*

Avec la nuit pure et sereine, Descend un calme solennel ; La lune monte, et dans le ciel Les étoiles suivent leur reine.

Au spectacle changeant du soir, Assis sur les gradins antiques.

Je songeais à ces temps magiques Où les Grecs sV venaient asseoir ;

Quand la foule y voyait, avide, Salamine, et le roi Xercès Sauvé seul, et dans son palais Rentrant avec son carquois vide, ui.

De ces gradins silencieux.

Du muet théâtre d'Athène, Soudain j*ai vers une autre scène Porté ma pensée et mes yeux ;

Et, qu'Athènes me le pardonne!

Du pied de son Acropolis, Je crois ouïr Theure qui sonne Au Palais-Royal de Paris.

C'est rheure où la fouie idolâtre Se hâte au spectacle nouveau ; Où, sur la scène, du théâtre Vient de se lever le rideau ;

Où, dans des loges éclairées Par les lustres étincelants.

Le sein ému, les yeux brillants, Se pressent des femmes parées.

Tu parais, Talmal je te vois!

Et, d'ici, je me représente Cette foule que, frémissante.

Tu tiens suspendue à ta voix.

Peut-être qu'à cette même heure Tu lui Ms applaudir me^ verg, ** Que Duchcsivoîs [Kith et qu'on pleure: De bravos tous tes deux couverts.

Oh! quelle fortune aux poètes D'avoir de leurs émotions,

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