‹ Œuvres de Pierre LebrunChapitre 25 sur 99 · LE THÉÂTRE DE BACCHUS · texte numérisé non relu

LE THÉÂTRE DE BACCHUS

Pour les traduire aux nations, De si merveilleux interprètes 1

Quel charme de voir, animé Des nobles traits de ton visage, Vivre et marcher le personnage Que notre âme s'était formé ;

Devenu, par ton art suprême De la nature heureux rival.

Plus beau, plus grand, plus idéal.

Plus vrai, qu'il n'était en nous-môme!

Que de fois des pays fameux Dont sous mes pas revit l'histoire Les drames vrais ou fabuleux T'ont ramené dans ma mémoire !

De Thèbes, d'Athène ou d'Argos Tous les crimes, à mon passage, *^ Tous les rois et tous les héros, M'apparaissent sous ton image.

Je t'ai vu sur le Cythéron, Je t'ai rencontré dans Mycènes, Je t'ai retrouvé dans les scènes ** Des bas-reliefs du Parthénon.

Si de ses monts je vois descendre Et vers moi marcher l'Albanais, C'est ton port que je reconnais :

11 te ressemble à me surprendre. **

Je veux aux Français étonnés Faire voir sous sa fustanelle De Grecs une race nouvelle, Grande à l'égal de ses aînés.

Venu des monts de l'Albanie, Déjà se meut cfens mon cerveau Un drame sauvage et nouveau, Un héros fait pour ton génie. *^

Oui, je veux te voir, cet hiver.

Pour la fustanelle héroïque D'Ulysse changer la tunique Et le manteau de Leicester.

Bientôt ma course fortunée De la Grèce aura fait le tour ; Et déjà ma vue est tournée Vers le chemin de mon retour.

Ohl comme en moi je sens renaître Le secret besoin de revoir Tes triomphes de chaque soir, Mon acteur, mon ami, mon maître I

Et d'aller dans ton cher Brunoy.

Sous tes magnifiques ombrages.

Te lire les nouveaux ouvrages Qu'ici j'ai médités pour toi !

Le ciel qui brille sur la Grèce Est beau, mais toute sa beauté

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