‹ Œuvres de Pierre LebrunChapitre 39 sur 99 · PAULINE AUBERNON · texte numérisé non relu

PAULINE AUBERNON

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1» janvier 1833.

AU temps des muses de boudoir, Quand les femmes étaient des roses Toujours nouvellement écloses, Gomme sur le don d'un mouchoir On t'aurait dit de belles choses!

Un poëte aimable et musqué Sans doute alors n'eût pas manqué De te transporter en Asie, Et d'offrir à tes dix-sept ans, Dans sa galante poésie, Les mouchoirs de tous les sultans.

Autre temps, mode différente, La muse badine et galante A vu mourir ses \ieux succès.

Un excès remplace un excès.

Tout a changé, vers et musique,

Goût ot parure, mœurs et lois.

Le mouchoir, galant autrefois, Est devenu triste et tragique.

Misanthropie et repentir De son boudoir l'ont fait sortir.

Chez Thalie et chez Melpomèno, Dans les loges et sur la scène, Il a plus d'un rôle à remplir.

11 suit cette reine qu'on pleure.

Jusque sous la main du bourreau ; Pour* lui cacher sa dernière heure Sur ses yeux il met un bandeau ; Ou, terrible aux mains d'Othello, D'un jaloux crédule et sauvage Jusqu'au meurtre il pousse la rage.

Oh 1 pour un mouchoir quel orage I Garde-toi de laisser traîner.

S'il te demande en mariage, Celui qu'il voudrait te donner.

Quant à celui que je t'envoie, [1 ne porte que paix et joie; Reçois-le comme un souvenir.

Qui de les jours d'adolescence Et d'un ami de ton enfance Vienne parfois t'entretenir.

Si de quelque fête on te prie.

Qu'au moment de sortir, le soir, Au fond de l'odorant tiroir Ta main prenne sa broderie ; Qu'avec l'éventail de sandal

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