SCÈNE VII
(Plusiears odalisqaes commencent à former des pas; plusieurs antres à joner de lenrs cithares; quand le sultan, s'avaneant pour prendre place sar le sopha, et parcourant des yeux avec intérêt sur son passage les rangs des odalisques^ aperçoit tout à coup D. Juan.)
LE SULTAN
Ha! par la barbe du Prophète!
Ici qu'est-ce que j'aperçoi !
D'une fille nouvelle on a donc fait emplette ?
D. JUAN, h part.
Je suis perdu.
GULLEYAZ, à part.
C'est fait de moi.
LE SULTAN, à part.
Elle est charmante, sur ma foi.
(a d. Juan.)
Depuis quand au harem?
GULLEYAZ
Depuis à peine une heure.
LE SULTAN, & D. Juan.
Réponds.
GULLEYAZ
D'effroi veux-tu donc qu'elle meure?
ODALISQUES, bas, entre elles.
Devant le souverain des rois, La terreur a glacé sa voix.
LE SULTAN, à D. Juan.
D'où viens-tu ?
GULLEYAZ, h part.
Je frémis.
LE SULTAN, se tournant vers Gnlleyaz.
D'où dit-on qu'elle vienne?
!26ï LES SCÈNES DU SÉRAIL.
GULLETAZ.
De l'Archipel.
LE SULTAN
Elle est 'chrétienne?
GULLETAZ.
Elle est chrétienne.
LE SULTAN
Ah ! c'est pitié Qu'une infidèle Soit de moitié Si belle.
GULLETAZ, h part.
Je sens s'affaisser mes genoux.
D. JUAN, à part.
Sa crainte à tous deux est mortelle.
LES ODALISQUES, entre eUes, bas.
Au harem si nouvelle, Fixer les yeux sur elle I Qui n'en serait jaloux ?
Plus heureuse que nous.
Est-elle donc plus belle?
LE SULTAN
Je veux lui faire enseigner le Coran.
GULLETAZ, à part.
Je brûle et crois marcher sur un volcan.
LES ODALISQUES
Que tous nos charmes Soient sous les armes ; De chants et de parfums enivrons le sultan.
(L'interrogatoire que le sultan a fait subir è D. Juan n*a point interrompa les cithares et les mandolines. Les odalisques n*ont pas cessé de jouer