‹ Œuvres de Pierre LebrunChapitre 81 sur 99 · SCÈNE XI · texte numérisé non relu

SCÈNE XI

D. JUAN^ seul, au milieu des odalisques endormies. II contemple longrtemps Lolah.

Elle s'endort. Déjà son œil se voile D'un nuage doux et charmant.

C'en est fait, la dernière étoile Vient de quitter le firmament.

Me voilà seul, parmi ces filles endormies.

Vous me troublez beaucoup, mes nouvelles amies ! Cet air est enivrant. Comment voir sous mes yeux. Sans que mon âme en soit tout entière saisie, Les attraits les plus doux et les plus précieux Qu'aient réunis l'Europe, et l'Afrique, et l'Asie! Comment, sans s'enivrer, parmi toutes ces fleurs, Diverses de climats, de parfums, de couleurs, Errer dans leur serre embaumée, Que la nuit rend plus parfumée !

Dans tous ces cœurs qui battent doucement.

Dans tous ces seins que le sommeil soulève,

Oh! que se passe-t-il en ce môme moment?

De chacune en secret je voudrais voir le rêve.

D'indicibles désirs je me sens agité.

Fermons, fermons les yeux. Que la nuit est brûlante!

Des lampes de l'oda la lueur vacillante

De ces fronts endormis enchante la beauté.

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