SCÈNE DE CORÏOLAN
Je vous jurai dès lors d'imiter ce héros.
Vous avez vu depuis mes glorieux travaux.
Ce n'était pas pour moi qu'illustrant ma mémoire,
Au milieu des combats j'allais chercher la gloire ;
Je voulais que, brillant d'un rayon immortel,
L'éclat en rejaillît sur ce front materneL
Et cependant, c'est vous, vous qui m'êtes si chère.
Vous, qui me reprochez de n'aimer pas ma mère I
VÉTURIE.
Eh bien! prouve-la moi, ta tendresse.
CORIOLAN
Ah! parlez.
Parlez, je suis tout prêt; vos vœux seront comblés ! Faut-il de mille morts affronter la furie?
Faut-il...
VÉTURlË.
Il faut me suivre et sauver ta patrie.
CORIOLAN
Dieux !
VETURIE.
Ëh! quoi! tu te tais?
CORIOLAN
Tonnez sur moi, grands dieux I
VÉTURIE.
dieux! secondez- moi... Tu détournes les yeux, Tu frëmis; dea sangtotïî s'écliappent de ta bouche; Mon ÛhL.. Oiiî romps enfin ce silence farouche; Vois ta mère, o mon fils ! qui t'implore à genoux. Vois mes pleura inonder ta main.
CORIOLAN
Que faites-vous?
ma mère 1 ma mèru ! . . .
V0L9QUES, derrière le théAtre.
Aux armes!
VÉTURIE.
Ciel!
CORIOLAN
Qu'entends-je?
UN VOLSQUB aocoarant.
Aux armes, Marcius! viens, combats et nous venge, Les Romains sur leurs murs paraissent.
COEIOLAN.
Les Romains !
Ahl courons.
VBTURIE.
Où cour&-tu ?
CORIOLAN
Vengeance, arme mes mains 1
VÉTURIE.
Arrête.
CORIOLAN
Laissez-moi.
VBTURIE.
Mon fils!
CORIOLAN
Que vas-tu faire 1
VÉTURIE.
Je ne te quitte pas.
CORIOLAN
Qu'on écarte ma mère !
VÉTURIE.
Il m'échappe, il s'enfuit; ahl redoublons d'eflfortl Dieu! sauvez ma patrie ou donnez-moi la mort.