CHAPITRE I
Oa tend tonte U polémique des joonuoi.
Nous prenons la question politique au point où elle en est aujourd'hui (2), et nous nous demandons quel est le but le plus voisin où as-
(1) De la Nécessité d'une Représentation spéciale pour les Prolétaires , par Jean Reynaud ( Revue Encyclopédique, ami 1832). — Voyei l'Appendice i la suite de ces Discourt. (1850.)
ft) Je prie le lecteur de m rappeler que ceci a été écrit en 183t. Dix ans n'ont rien
pirent les partis, et où tend toute la polémique des journaux. La réponse est facile. Évidemment tout tend à amener, dans un avenir plus ou moins éloigné, une représentation naliouale, c'est-à-dire un législateur, capable de comprendre les maux qui tourmentent aujourd'hui la société, et d'y porter remède. C'est là le but vers lequel convergent et les événements et les hommes : faits et discours, écrits et intrigues, mouvements généraux de l'Europe et agitations intérieures, la paix, la guerre, tout va là.
En effet, pour ceux qui pensent que la situation actuelle pourra suivre son cours sans nouvelle révolution, il est bien clair que le but de l'opposition ne peut être que de créer à la longue dans la Chambre uue nouvelle majorité, qui prenne en main d'autres idées politiques que celles qui y régnent aujourd'hui, et qui fasse adopter au gouvernement une autre marche, un autre système, comme on dit. En laissant ainsi de côté, comme improbable, toute chance voisine de guerre et de révolution, l'inattendu, l'inespéré serait une prompte rénovation de la Chambre, qui donnerait aux idées de 89 et de 1830 une majorité respectable, et qui ferait entrer la politique dans la voie où on pense qu'elle aurait dû marcher après Juillet. Or qu'est-ce que cela, sinon perfectionner, améliorer, amender la représentation nationale?
Dans une autre supposition, tous les efforts des partis ont pour but et auraient pour résultat d'amener une nouvelle commotion dans l'État, soit une révolution en avant, comme le désireraient, en ce cas, tous les cœurs généreux portés d'enthousiasme vers l'avenir, soit une révolution rétrograde, comme le voudraient les vieillards qui regrettent le passé. Mais, dans cette double hypothèse, le résultat serait
changé aux inductions que nous tirions alors de la situation des choses, parce que rien «l'important n'a été fait pendant ces dix ans, et que gouvernement et opposition ont persisté dans leurs allures; seulement le mal est plus grand. (1841.) — En réimprimant ces pages après dix nouvelles années d'intervalle, je ne puis m'empecber de remarquer combien j'avais raison, en 1841 comme en 183S, de gémir sur la vacuité de ce qu'on appelait la politique, soit dans l'Opposition Parlementaire, soit dans la Presse d'Opposition. Une nouvelle Révolution a éclaté eu 1848. A-l-on vu venir ce législateur « capable de comprendre les maux qui tourmentent la société et d'y porter remède, » dont je parle plus loin? Nullement. Ce qu'on a vu venir, Gouvernement Provisoire, d'abord, puis Assemblée Nationale, a été au-dessous du médiocre. Mais il s'était fait, en dehors de la Presse politique et malgré ses mépris et ses colères, en dehors du Gouvernement et malgré ses persécutions, un immense progrès dans l'esprit humain ; le Socialisme était né. Qu'arriva-t-il? Gouvernement, journalisme, se ruèrent aveuglément contre lui. Ils auraient mieux fait de voir clair dix et vingt ans plus tôt. On me dira que ce n'étaient plus les mêmes gouvernants, les mêmes journalistes; je pourrais répondre qu'il y en avait des mêmes, et plus d'un. Dans tous les cas, ceux que le hasard amena cette fois au gouvernement se montrèrent doués du même génie que leurs prédécesseurs. (1850.)
5» Liva. toh. i. rM3.
immédiatement suivi de l'apparition d'une Chambre qui prendrait une attitude plus ou moins énergique : on aurait, suivant les cii et avec les différences apportées par le temps, une Constituante, Convention, ou une Chambre de «815.
Donc, dans toutes les hypothèses possibles, le but le plus voisin, le plu» immédiat de tous les efforts des partis et de toute la polémique des journuux est toujours une modification pins ou moins complète, plus ou moins rapide, de la représentation nationale. C'est une Chambre qui est an bout de toutes les discussions et de tous les événements; c'est une Chambre que l'on demande, que l'on appelle, pour réaliser les désirs que l'on conçoit et les améliorations dont on sent le bésoin ; et si une Chambre ne convient pas à l'œuvre, on continuera les mêmes efforts, et on poussera les mêmes cris de douleur, pour en amener une autre; et toujours ainsi, jusqu'à ce que la législation que les maux de la France réclament assez haut soit commencée.
Eu d'autres termes, tous les faits qui se passent et toutes les controverses du jour doivent être considérés comme ayant pour but de U
CHAFITftB II.
Morfifii't la Btprfeeouiiou Nationale est muule. si I on ne prépare pa* la matière de la législation
rt les solutions da letfslatenr.
Nous faisons cas, autant que personne, des idées et des efforts qui se rapportent à ce but; et, comme nous espérons le montrer (4), cette partie de la politique, à laquelle se bornent exclusivement aujourd'hui les journaux, sans qu'ils paraissent même pour la plupart soupçonner un but ultérieur! et que le public, à leur exemple, s'est habitué à considérer comme composant toute la politique, est à nos yeux de la plus haute importance.
Mais il y a un autre ordre d'idées non moins importantes, et qui même donnent la vie aux premières. Ce sont les idées et les travaux qui ont |>our but de préparer la matière de la législation et Us solutions du lëfisUittur.
1! y a plus : pour peu qu'on veuille y réfléchir, on ne tardera pas à Toir qn il y a entre ces deux ordres de travaux une si étroite connexion, <jue les derniers, ceux qui ont pour objet de préparer la matière de la location, notant pas cultives, les premiers sont, parla même, près-
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