CHAPITRE IX
Louis XV111 et la Charte.
Napoléon, par son plagiat du passé, avait creusé un abîme sous son trône. Au législateur de par Marengo, léna, Austerlitz, succéda le législateur de par Waterloo.
(1) Le mol s'est conservé depuis lui. (1S43).
Nouvelle preuve de l'ignorance qui règne encore en matière de législation générale et de politique constituante : la France est obligée de s'en remettre à Louis XVIII du soin de ses destinées!
Celui-là, certes, ne fut ni un homme de connaissance, ni un homme de sentiment; ce n'était ni un savant, ni un artiste; il n'avait pour lui ni le prestige de l'éloquence, ni celui des exploits guerriers. Qu'étaitil donc? c'était un prince.
Puisqu'il fut prince et que c'est là son titre, je n'en dirai rien. Au surplus ce prince est bien connu. Au bout de tous les éloges que ses courtisans ont pu faire de lui , on trouve cette épitaphe : Ce fut un homme d'esprit. Mais par un homme d'esprit, ils entendent un égoïste hypocrite et rusé, occupé de tirer parti du présent, sans se soucier de la France.
Mais, encore une fois, qu'importe son ignobilité ! qu'importent les hommes! Ce que nous constatons, c'est que les hommes et leurs défauts n'ont eu tant d'empire que par l'absence des principes.
C'est l'absence d'une véritable science politique qui a permis les folies et les malheurs de Napoléon. C'est la même cause qui a donné Louis XVIII pour législateur à la France.
M. de Chateaubriand a appelé la Charte réformée de 1 830 a une » Constitution bâclée, en trois coups de- rabot, dans une arrière- » boutique. » La mauvaise contrefaçon de la Constitution d'Angleterre que l'émigré Louis XV11I nous rapporta de son exil rat bâclée sans beaucoup plus de façon. Il est vrai que ce fut dans un manoir féodal.
Rétamé de ThUtoIre politique depul» cinquante ans.