‹ Œuvres de Pierre Leroux (1825-1850) (volume 2)Chapitre 84 sur 132 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Du rùlc qui convtcBl à U IW*.

Il n'y a pas un être qui vive isolé dans l'univers. Tous vivent par leur mutuelle relation; tous vivent par l'Êlre universel qui, les com-

prenant tous et les réunissant dans son sein, les fait ainsi vivre les uns par les autres. L'isolement, c'est le néant, c'est la mort. Et l'on voudrait qu'un nation vécût par elle-même, pour elle-même, en ellemême! Non, non; cela est absurde. Plutôt la théorie du Seizième Siècle, plutôt la guerre entre les nations! La guerre est au moins une communication des peuples; la guerre, c'est, dans le passé, le besoin de la communion des nations. Et voilà pourquoi, en effet, la guerre a été nécessaire pendant tant de siècles, et pourquoi la gloire des conquérants subsistera, même après que la guerre sera en horreur à tout le Genre Humain.

L'égoïsme est défendu aux nations, comme aux individus; la nature y répugne. Vœ toit, a dit la sagesse antique.

Une nation qui n'a pas de rôle par rapport aux autres n'est pas une nation. Une nation, comme la France, qui, depuis son berceau, a eu le premier rôle en Europe, et qui ne se conçoit plus un rôle en Europe, est mille fois perdue.

Mais quel est donc ce rôle d'avenir si nécessaire à la France, qu'il s'agit pour elle d'être ou de n'être pas?

Si le lecteur veut me suivre dans un épisode, je lui promets qu'il en retirera quelque fruit, et qu'il sera au moins sur la voie du rôle qui convient à la France. Il n'aura plus alors, pour juger l'applicatiou de la Constitution Anglaise à la France, qu'à se demander si cette Constitution convient au rôle qui convient à la France.

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