CHAPITRE XXX
ilntiqte origiae da d*gni6 dlê la IViotté.
Il ne nous reste plus, pour achever notre démonstration» sans sortir des limites que nous nous sommes imposées, qu'à présenter une brève mais sérieuse étude des origines du Christianisme , au moins quant à cette question du Verbe, dont la solution par le Concile de Nicée amena ensuite tout ce qu6 les Chrétiens oHt cru sur la Trinité.
C'est ce que nou& allons faire. La lecteur aura ainsi, sous les yeUi It?s deux termes de la comparaison que nous l'avons invité à faire« D*un côté, nous venons de lui présenter le principe de l'Idéalisme moderne. Nous allons maintenaàU, l'histoire en main, le faire pénétrer dans la doctrine de l'ancien Idéalisme ^ et comme cet ancien IdéaUsme s'était voilé sou» des s;mlK>le9, il ne tiendra qu'au lecteur de rejeter les symboles, pour recueillir la vérité nue dans son cœur et dans s(m
intelligence.
Toutefois on ne doit pas s'attendre à ce que nous exposions ici l'origine de cette antique croyance du Verbe dé Dieu créateur du monde. Ce serait ajouter un immense travail à celui déjà trop considérable que nous avons entrepris. Que voulons-nous? Faire saisir les rapports de cette r^ion nouvelle que la plupart de ceux qui réfléchissent cocu-* inenoent à reconnaître, sous le nom de Perfectibilité, avec la phase antérieure, c'est-àHhre avec le Christianisme. Voilà ce que nous nous somme proposé, et c'est une assez grande entreprise. On ne nous denlandera donc pas de remonter avant le Christianisme, et d'expliquer les antiques religions auxquelles il vint succéder. Notre conviction profonde est qne toutes ces grandes religions contenaient le même mystère, c'est-à-dire la même vérité, la Trinité (1.)
Si un jour, avec l'aide de Dieu, nous pouvons exprimer ce que nous sentons sur cette grande et souveraine question de la philosophie eide la religion, nous essaierons de lever les voiles qui couvrent encore les origines de ce dogme, en même temps que nous aurons à nous expUquer plus complètement sur le Ibnds même des choses. Nous anrons aussi alors à prouver l'identité de la Trinité Chrétienne avec la Trinité Grecque et Êgy ptienne ;, nous aurons à montrer par quel passage la formule que les prêtres de TÉgypie s'étaiettt faite de la naiure de Dieu, pé^ nétra dans les écoles Grecques, dans certaines éoeles Juives^ et ensuite
(1) Sur les religions antérieures au Christianisme, nous pouvons: «ujbiurd*huf ren-^ voyer ie lecteur à i'écrii inUtuté : Trilogie sur VinsHtution du Dimanche, où nous nous sommes efforcé de donner, dans r explication du nom sacré lOA, la formule des plus antiques religions. (iSftl.)
dans le Christianisme (4). Hais, sans supposer même ici toute cette discussion, n'est-il pas pour ainsi dire de notoriété publique que, bien bog^temps avant l'apparition du Christianisme, le monde des philosophes et des initiés était habitué à coasidérer la nature divine sous une forme trinaire? N'esl-il pas avéré que la doctrine du Verbe de Dieu, considéré par les uns comme attribut, mais certainement considéré par les autres comme substance, était la doctrine métaphysique la plus universellement connue et adoptée? — Que fit donc le Christianisme? Il donna une réalisation historique à l'idée métaphysique du Verbe.
La première chose à montrer, c'est comment, vu l'état du monde èk cette époqye, il fut possible au Christianisme de donner une réalisation historique à cette idée métaphysique, en un mot de créer Vanthrop<h marpMsme du Verbe.
C'est que le Polythéisme se prêtait à cette erreur.
Aujourd'hui que le Christianisme a parcouru tant de phases diverses^ après dix-huit cents ans de durée et de transformation, il est tout natu* rel que nous soyons complètement habitués à le séparer des croyances qui le précédèrent. L'esprit humain, pendant cette suite de siècles, s'est bit une manière de voir et de comprendre qui s'éloigne profondément da Polythéisme antique. Arrivés à l'extrémité de cette loogœ chaîne, nous ne concevons plus que bien difficilement comment le premier anneau en fiit attaché. Et véritablement, tant que nous restons à conSH dérer les contrastes de la Religion Chrétienne avec le Paganisme, il doit nous paraître fue cette rebgion n'avait aucun germe dans le passé, qu'elle naquît tooî^à-coup comme par enchantement, et que son triomphe vint bien plutôt de sa nouveauté absolue et de la négaticm qu'elle fit de tout ce qni l'avait précédée, que de l'appui qu'elle pou* ▼ait trouver dans les opinions reçues et répandues jusque-là dans le monde.
Mais il suffit de lire les ouvrages des premiers Apologistes, et les U^ vres originaux où se montre dans toute sa vérité le travail d'édification du Christianisme, ponr retreurver avec évidence ce lien qui nous échappe tant que nous nous bornons à nos impressions du monde moderne, si diflërent du monde antique. Alors on est étonné de toutes les racine qoe le Christianisme avait déjà lorsqu'il commença à prendre son nom. On est surpris de voir que le Paganisme lai«mème Ini a servi de berceau* On est dans l'aÉrniration en comprenant que cette leligion, si nouvelle en apparence, fut la réalisation et la conséquence
Cl) Nous avoQs pu, depuis, avec Taide de Dieu, accomplir une faible partie de ce travail, et nous espérons encore faire de nouTcaux progrès, en sondant les profondeurs de ee <|iie nous appelions dês-loi-s la grande et Muuerainefueetion de la philosophie ei de la reii$im. (ISU.)
de ce que la Philosophie ayait enseigné de pins élevé sur la nature diyine.