CHAPITRE XXXI
Gomment rintbropomorphteme da Veriie est sorti dn dogme de It Trinité.
Le dogme de Yincamaiion du Verbe, ou , en d'autres termes , Tassimilation que les Chrétiens firent du Verbe des Égyptiens et des PhUosophes Grecs avec la personne de Jésus-Christ, Faffirmation que ce Verbe, dont on parlait depuis si long-temps, était apparu en Judée sous une forme humaine, est véritablement la pierre angulaire de l'édifice du Christianisme. Ce n'est pas en vain que l'orthodoxie, ou le Catho- Ucisme, a toujours regardé ce point comme Tessence même de la religion. Or, il est aisé de se convaincre que non seulement c'en est l'essence, puisque tous les autres dogmes, aussi bien que les symboles, la discipline, et le culte, en sont dérivés, mais encore que ce fut la cause irrésistible de la propagation et de la victoire du Christianisme.
Il y avait dans le monde Payen deux éléments religieux tout-à*fait dominants et généralement admis : d'un côté, les penseurs étaient arrivés à croire à l'existence du Verbe de Dieu ; d'autre part, l'habitude générale et universelle du Polythéisme était de croire à des manifestations corporelles de tous les. êtres supérieurs et divins à l'existence desquels on ajoutait la foi. Le Christianisme fut, dès son origine, une combinaison nouvelle de ces deux éléments de la foi religieuse. H les admit tous les deux, et les fortifia Tun par l'autre. Il annonça une manifestation corporelle du Verbe. De cette sorte, il donna pour ainsi dire la vie au dogme des métaphysiciens, en le faisant passer dans la réalité et dans l'histoire; et en même temps il purifia la croyance populaire, en la limitant à Tincarnation d'un seul Dieu, du Verbe des métaphysicien?, du Dieu de l'intelligence et de la charité, et en effaçant, au nom de cette incarnation, toutes les incarnations des dieux sensuels ou grossiers que l'Humanité s'était faits Jusqu'alors.
Toujours est-il qu'en niant et en détruisant l'idolâtrie au nom de l'incarnation du Verbe, le Christianisme était complètement dans la donnée de l'esprit humain à cette époque.
Or comme, dans le monde Gréco-Romain, l'idée du Verbe, quoique bien connue, n'avait jamais encore été soupçonnée d'être susceptible de manifestation corporelle, le Christianisme ne pouvait trouver de ce côté un appui ni une tradition. Il pouvait bien s'étayer sur la Grèce et sur l'Egypte quant à un de ses deux points fondamentaux, c'est-à-dire la réalité etTexislence du Verbe; mais il n'y trouvait aucun support quant à l'autre point, savoir l'incarnation. Une incarnation en suppose
implicitement d'autres : pourquoi un Dieu qui vient de se montrer aux hommes serait-il resté invisible toute une éternité? Que faisait le Verbe avant la quinzième année du règne de Tibère ? Quels rapports avait-il eus jusque-là avec l'Humanité? La Philosophie Grecque n'avait pas réponse à ces questions, et voilà aussi pourquoi l'idée Grecque ne pouvait pas être la tige directe du Christianisme. Mais il était un peuple qui, sorti par son législateur des temples et des initiations de l'Egypte, avait adopté et conservé l'idée d'un Dieu unique, d'un seul être supérieur à la Nature et à l'Humanité, d'un seul Seigneur tout-puissant, et qui en même temps avait, à l'imitation des autres nations, à l'instar des Polythéistes, cru à des manifestations sensibles de ce Dieu son Seigneur et des anges qu'il lui donnait pour ministres. Évidemment l'incarnation du Verbe de Dieu trouvait là sa tradition et sa démonstration historique. La Bible parlait d'un seul Dieu, lequel s'était révélé et manifesté aux hommes; la Philosophie parlait d'un Verbe de Dieu créateur et conservateur du monde ; le Christianisme fut l'identification de ces deux idées. Remontant à la source commune du Mosaïsme et du Platonisme, l'Egypte, il retrouva le lien commun du Verbe des Platoniciens et de ce Seigneur des Juifs qui s'était plusieurs fois déjà manifesté à l'Humanité. Les livres Juifs devinrent donc la démonstration des incarnations antérieures de ce Verbe dont les ouvrages des Platoniciens et la doctrine des prêtres Égyptiens démontraient seulement l'existence.
GHAPITAB XXXII.
Suite.
Il suffit, je le répète, de lire les Apologistes et les Pères pour voir qu'ayant admis une foi^ cette assimilation de Jésus-Christ avec le Verbe de la religion et de la philosophie antérieure, le Christianisme , de quelque chose d'inouï et de véritablement étrange à son origine, devient à l'instant même une antique religion, la plus naturelle, comme aussi la plus vaste et la plus compréhensive de toutes, et qui par conséquent devait tout réunir , tout embrasser et tout absorber.
On reprochait aux Chrétiens la nouveauté de leur religion, la nouveauté de leur Dieu. Ils répondaient en montrant leur religion comme la plus ancienne de toutes. Leur Dieu, loin d'être nouveau, s'était manifesté à l'Humanité; son incarnation sous la forme de Jésus, fils de Marie, n'était que la dernière de ses incarnations ; mais, bien auparavant, il avait apparu aux hommes, même sous des formes matérielles. Plusieurs des visions merveilleuses racontées dans la Bible se trouvaient
se rapporter à Jésus-Cbrist « Il ne faut pas croire, dit Eusèbe, que B les apparitions dont parlent les livres sacrés ne soient que des ap- » paritions des anges, opii soné les ministres de Dieu. Toutes les fois B que les anges ont apparu aux hommes , rÉcrit«re ne Ta point dissi- » mule i elle a exprimé clairement que c'étaient des anges, au lieu de » dire que c'était Dieu eu le Seigneur. Mais lorsqu'il s'agit expressément B de Dieu , c'est évidemment le Verbe qu'il faut entendre (i). »
Cette afflrmation si positive d'Eusèbe sur les apparitions antérieures de Jésus*Cbrist est d'autant plus remarquable, que cet évâque fut), comme on sait, le partisan d'Arius. Alais, tout semi- Arien qu'il fût, Eu* sèbe, écrivant au quatrième siècle i'bistoire de l'Église dans un résumé substantiel et concis, forcé d'établir l'autorité et le fondement de cette Église, ne peut faire autrement que de résumer la croyance bien posir tive des Pères des trois premiers siècles. « Il n'y a qu'un Dieu, dit B S. Irénée, lequel a tout fait et tout ordonné par son Verbe»... Or, ce » Verbe, qui est en Dieu de toute éternité , est notre Seigneur Jésusx> Christ, qui, dans ces derniers temps, s'est fait homme, et a paru » parmi les hommes... Les prophètes, qui avaient prédit sa ^enue, ne l'avaient ainsi annoncé que parce qu'il s'était communiqué à eux... B II n'est pas donné à l'homme de voir Dieu le Père. Le Père est incom- B municable à l'esprit humain. Ni Hoise, ni Éiie, ni Ézéchiel, qui ont » connu tant de choses divines, n'ont vu Dieu. C'était le Verbe qui par- B lait à Moïse, comme un ami parle à un ami, etc. (2). b — a Ceux qui B prennent le Fils pour le Père, dit S. Justin, font voir qu'ils ne » connaissent pas même le Père, et ne savent pas que le Père de B l'Univers a un Fils, qui, étant le Verbe et le premier né de Dieu, est B aussi Dieu , et a apparu autrefois à Moïse et aux autres prophètes : B c'est le même qui, dans ces derniers temps, s'est fait homme par une B Vierge, selon la volonté du Père, pour le salut de ceux qui croient en B lui, et a bien voulu être méprisé et souffrir pour vaincre la mort par B sa mort et par sa résurrection (3). b
Ainsi on retrouvait dans toute la tradition antérieure le dieu de l'Évangile. C'était Jésus- Christ, c'était le Verbe qui avait apparu à Abraham auprès du chêne de Hambré^ à Moïse, dans le buisson ardent. Il était le mystérieux général de F armée du Seigneur qui avait guidé Josué sous les murs de Jéricho. C'était lui que Jacob avait va lorsqu'il dit : a J'ai vu Dieu face à face, et mon âme a été sauvée, b
Pourquoi Jésus-Christ, pourquoi le Verbe ne s'était-il pas manifesté plus tôt, et ne s'était-il fait conndtre qu'à de rares intervalles et à quel-
(1) Bvtèbe, HisL Eed., liv. I.
{%) Ub. IV, Contra Hareaeg.
(3) Première Apologie, composée vers l*aD 150.
ques hommes privilégiés? « C6st» répondait-on^ que les hommes, peor 9 dant bien des siècles, ont été incapables de la doctrine de sagesse et » de yertu qu'il est venu leur révéler par sa dernière incarnation. Le » premier homme, ayant violé le commandement de Dieu, tomba sur » cette terre maudite. Ses descendans furent encore plus méchants que » lui. Us en vinrent à un tel excès de misère morale, qu'ils se tuèrent » et se mangèrent les uns les autres. L'Humanité, ainsi déchue, n'au- » rait pas pu se racheter d'elle-même. Mais, au milieu de ces ténèbres » delà raison humaine, la Sagesse de Dieu^ le Verbe, se montra, par un » excès de bonté, à un ou deux amis de Dieu , tantôt par le ministère ]> des anges, et tantôt par lui-même, sous une forme humaine, ne pou- » vaut le faire d'une autre manière. Quand ceux-ci eurent jeté des seo mences de piété dans l'esprit des autres, et que toute la nation Juive » se fut adonnée au culte de Dieu , il leur donna par Moïse, comme à » des hommes grossiers et qui retenaient encore beaucoup de leur preo mière corruption, des images et des signes d'un sabbat mystérieux, 9 la circoncisy)n et d'autres préceptes, sans leur donner la claire in- » telligence de la véritaUe religion. Aussitôt que ces premiers enseî- » gnements de la Sagesse commencèrent à se répandre parmi les au- 9 très nations comme im agréable parfum, les législateurs et les philo- D sophes en tirèrent des règles et des préceptes avec lesquels ils adottjb cirent l'humeur farouche des peuples, et leur apprirent à entretenir » entre eux l'amitié et la paix. Enfin les hommes étant devenus plus D capables de recevoir la lumière, le Verbe de Dieu parut au commen- 9 cernent de l'eminre Romain , en un corps de même nature que les » nôtres, et y accomplit, par ses actions et ses souffrances, ce que les » Prophètes avaient prédit de lui (i)« •
Nous pourrions citer une multitude d'autres passages pour montrer comment, sur l'incarnation de Jésus, le&< Chrétiens des premiers siècles établirent, au moyen de la tradition Juive, tout un système de manifestations coitérieures du Verbe. Telle était la confiance qu'on joutait alors à ces incarnations, que Constantin, en même temps qu'il faisait consacrer par de somptueux monuments tous les endroit» de Jérusalem qui avaient été le théâtre des derniers instants de Jésus- Christ, faisait aussi bâtir un temple à Hambré, en Palestine, pour rappeler que Jésus-Christ y avait autrefois apparu à Abraham. Eusèbe nous a conservé une lettre de cet empereur à ce sujet.
Ainsi le Dieu nouveau que les Chrétiens proposaient au monde réunissait toutes les qualités et tous les avantages qui pouvaient lui donner la victoire. U était le Verbe de la Théologie Egyptienne, le Verbe de Ja Philosophie Grecque ; les prétreff de l'Egypte avaient pendant des. siè-
(1) Eusèbe, HisL Ecd., Uv. I. ' . ,
iqB bB LA DOATRËNe 1>B LA PBRFECTISILITÉ.
de^ emtigaé' son evsteoeaàkMini iniiiés^ ^thagone rayait oé^élé à ie»dB«f|riw; Rtaton^ élève des Sgyptiwa ék det PyttiagovieîeiiSy ne a'étaiè pas cooteaté de le-pralèsass dans le» aacvètaa imti^tioiis*de9oii école, û Pavait enseigné exotévM|iieineiit, il hii avAÎI donné la put^li^ oitév RiaO' n'étaili donc plue antiifoe, plus, eenna el plus aseiffé que eette^théelegie, Nais ni les Égyptiens ni les Philosophes Crocs n'iaYaîeoft su deansD ua oovps à ce ¥sFliamfstériettX. G'étaîÉ poar e»x ane idée, iMie idée archétype et créatrices une paptln dn Dieu^ eu pîiilèt l'essence niéni^ de Dien censidéréa 80U& un de ses aspectst; mais: pour s'éle^r à le comprendre, il n'y aTaiè qne Vaaà dn f esprit, que ik pure inlrilhge^ca qni pûtiy aîrieti Pour I» vulgaire^ toute oeMe théolûg|i& élatf iaaeoessibl^* (tei parlai* au peuple étt Veike de> Dieu ; on hû disatli que ce Verbe aTait créé le mande, quO' ce Ve^be était inunatédel^ et mwi^ siUe : le peuple laissait ses philosophes dissevier smr ces choses inwî*- Me#, eb restait attaché à ses dieux, dont il savail l'hiatme, dont il •moyait le^ images. Tous les misoniiemeiila des métapbystoiens.dispanaissaient pour lui comme un rèv» devant les récits dlBonmoe ei les statnes de Phidias* Qn'esfc^e qu'un Bien sans histoire eè sans m^ifra^ talien ?iqtt'es|l*ce qu'une idéS' pure, pour» un peuple qui possède des dieuf sicwraotérisésreisi bien eonaust LeeChréUenstWireniquichrenb: Nous Fa¥ons k^ le ¥erbe de Dieu, il a habité paraii: nous; il a préebé sur le Joumftiin, il ci été orueifté, il est mort peur racheter Isa honones de^ maun de toute espace qi» les accablenjt sur- cette terr»; il eek seesueeilé^ il ¥it) et par lui nous ressusciterons^ pour ne plue mourir. ¥os philosophes ont raisop; le Yerbe de Dieu nt, et' il est éteraet; nous e» sommes sârs : il s'est montré demi^ment, mais ce A'était pas la première fois ; car voilà toute la tradîtioii d'ua peuple qui est pleine de lui> Du. cAté du peuple Hébreu est donc la source abcÎMiante dent Maton et lea autres philosophean'ont eu qu'une dérivation. Vos ptûlosophes, encore une» fois, confessent que Dieu a- un Veibe : hé hiei^ qu'ils sachent qu'un homme.» été nu, qui, par sea paceles et par sefi^ prodiges^ a prouvé qu'il était' ce Yeiibe; les cieux, au moment où Xean le baptisait sur la< Jeuedam, se sent ouverts; on a na l'esfaîir de Dieudescendre oomme>une colombe<soD lui, et une>mix du ctel^ a été entendu^. qui (fisait : c Gebii^* est upei» '^tevbe, mon Fila ehéri^ dans Si lequel je me suis complu '(l^sfiuisqueiWiis.cfeyeB aa Verbe, puisque vous dites que c'ecjt lui qui a crééietqni entaetipnttte mende^ conmient ne €ioirtee-^Otta paa qu'il a wulu^ sauvepl'Muraamtéfi II comment poueait^jl la jauver^ sup&ep) se sumifestant àreHa^ e^en^kii enseignant Ia.do0tntne qq^peuli l|,8awri^9> En eroyantàJésus^ neus lepsenons, attpnofitidBinelreitei» tont(oaque(fioaftan^fE'entievu:8ucpl$eiÉ;tsM8<de
(1) s. Msttiiieu, ch. Ul.
D£ Ih DOCTHiNK DE LÀ PERPECXIBiLIft «19 câ.YarJ»fi( divin ^ mais, tout cet %uji<étiU obaew po«r vi^i^iQst Qlak fiom
Voilà ce quelles GbrétieBSidisaiant am Paye»»^ aei seri^wt da VantcriA^ da la.RbilosopbiQ pour déodenirer aup^^ufAe. VexifitoncA^.ito Vdrb«, et se aervanti de yhabUMde.Qàétoit.lie>peui^ dA eseke. àde^» iaoftrQatkms cnlâstss. pottTt démoatrei? aux phUcwphes«que eet Yerb^^ dont; ito- eeiiK mjâi^ai^Dit et affirmaient Tej^i&toïKjs^ . a'était. véiritablaBient^ iaearn&i Le d^gine Clbr^ti(9n parut done cona^me hit suites k yéi^cMtimv K^eAin^ pli89âO)eat de JatcadJtioBf ireUgieiu9Q ccmservée ent Egypte et caiGnèee daa&tes.my^àresiet da»» le&iiûliAtioa8>. et presque, unanimemân^ m* cAptée pai; les pi:âti?e8 et.pai*) les phitosoph^^^. Xevtujyiien, Justia»,etle» auUies.Rères des priewierasièeles sent dwe. bien.fondési dan» taav mr bUme argueil, lersqM-ilas'éerienft.: «lOui, ilestbitnycai, Pbilosof^bee^ » q|ie mm avons été initiés, s^ Jésus* paR v^^m;; maia ^eurdlhuK par ». i;ip«aroalioa à^ Jlasns^ te plus^ borné: des* Cbr étie^s peut vépondce Ji' sans bésiter à. de& (iniiastiona quâiauraent^ embanmsa^ tous les astres A de ta Qrèça (i)» » Û. étaient fondéa à< dke^, an papUeuUeir, sur ce d^mfve^aejKUeli de \»i Tràité : 4 Rlalonk eoseigaertrU aur la natune ft dvvine autre» cheaa qne^ aous(?î Haïs cbeft nouS' (m< penti a(^prmdns «as « witia deceu^ maintes qi]iioe:9«vQiiip«0)Ure>.de cewciuLewt gnaer 0. fiier^r et barbarea dans lâar, langage^, inaje qui sonli aagea «ït fidèlas A pow^ If esiarit (SV *
La ieDdan.ce générale des esprits à croire aox, incamatipjis difiiMs^ feciiita singulièrement
li pro^galiOB^a OHri^âfenisÉM^
Neu& disens^qu^les/Chrétieiis se S€nnra)entall6pnatrveiiie«it d^' ladoc-' trine préexiMante dt» Verbe pouv introcriser l^iir Dieu auppè^ dntul^ gai^, et de la croyanee dumlganreà! des apparitions et k àm manifèfB^ tatiens^éhisleapour donneF une^extsten^^e réèlle<à'ndëe métëpbysiqtte du Verbes teltoque te» pbîlesopbès FaraienV enseignée* RëMÎTement à ee^dëmier pwkÀj qu^on i>emarqii«e»eftUx)nibieB>yépoqfie'étaitla^ Terabte poupéteiblit^la oroyanee que>)d* Verbe d^Dlëuv connu^e^^ prê^ cbé^dëputasvkm^tenips'dam et dliD» les- temples^ avait^fbrl
bien p^appaïaallpa'seusiuneiorine hmmatne^ Sit&faît dB^HneamatlcN» et>dë'ia dtfteité' delésueMillbristrnou^étBtit rapperté* seri^et holé'daa» Mlistlrife^dé oe^iempSy te fotpoeaque onnerst^te^quiil inipira^Mw paee-dedèii» à tt^ sitelestsevaÛiyvâHUMMl mevptièabdè. Maîà'qiiaQd
(1) TertulUen, Apohget., cb. XLYI.
(S) S. JusUo, Première Apologie.
on retrouve an grand nombre de faits du même genre, on comprend que la tendance générale des esprits à croire aux incarnations divines &cilita singulièrement la propagation du Christianisme.
Le Polythéisme tout entier n'était-il pas fondé sur cette idée que les dieux divers, ces êtres ordinairement invisibles^ avaient pris et prenaient encore, quand la volonté leur en venait, des formes ibatérielles? Tonte la religion Payenne ne se réduisait-elle pas, en définitive, à l'histoire des incarnations de ses dieux? Et qu'on ne s'imagine point qu'à l'époque où le Christianisme se forma, cette croyance fut uniquement le partage des esprits simples et grossiers : les plus savants, les plus distingués des Payens croyaient encore à des apparitions de leurs dieux ; nous pourrions en citer mille preuves. Si donc les Payens étaient habitués à croire que les dieux s'incarnaient et se manifestaient aux hommes, pourquoi auraient-ils refusé de croire que le Verbe s'était manifesté ? Si Maxime de Tyr, par exemple, ce Philosophe Platonicien du premier siècle, si spiritualiste et si imprégné de la théorie de ViaUm sur le Verbe, nous raconte cependant qu'Hercule lui est apparu, et qu'il a vu deux fois dans sa vie Castor et P^Uux (i), comment aurait-il pu refuser de croire que ce Verbe, ce Logo$, dont il parle sans cesse, qui l'occupa toute sa vie, et pour lequel il avait plus de vénération religieuse assurément que pour Hercule ou Castor et Pollux, s'était incamé sous une forme humaine, si du reste on lui démontrait qu'il avait fait des miracles, et prêché une doctrine de salut parfaitement en rapport avec toute la théorie religieuse et morale de l'école de Socrate et de Platon?
Mais ce n'était pas seulement aux apparitions passées et présentes des anciens dieux du Paganisme que l'esprit humain était habitué à croire ; familiarisé comme il l'était depuis bien des siècles avec les incarnations, il avait étendu sa foi à une foule de divinités nouvelles. Jamais temps ne fut plus empressé à se créer des Dieux* Est-41 nécessaire de rappeler tous les faits d'apothéose et de déification qui se présentent en foîxle dans les derniers siècles du Polythéisme, pour montrer combien la déification du Christ fut conforme à l'esprit général de ce temps? En vérité, loin que ce fait s'éloigne du cours ordinaire des choses, il y a lieu de s'étonner que cette déification ait éprouvé tant d'obstacles. N'avaitHin pas divinisé Alexandre, et lie l'avait-on pas affilié directement au plus grand des Dieux? Les Empereurs n'étaient-ils pas déifiés les uns après les autres, même les plus imbécQes et les plus méchants? Ne voit-on pas dans tous les écrivains de cette époque une tendance singulière à se créer de nouveaux Dieux ? N'est-il pas rapporté par les Pères mêmes de l'Église que Tibère eut le dessein d'admettre Jésus dans IcPanthéon Romain? Ne voil-on pas régner à
(t) Dissertatùm XII.
DE LA DOCTRINE DE LA. PERFECTIBILITÉ. I8i
Rome cette coutume d'accepter et d'autoriser continueUement de nour Telles divinités empruntées à toutes les nations étrangères? Le grand empereur Adrien; conduit par la pente même du Polythéisme, ne flt-il pas dans sa vieillesse un dieu d'Antinous? Ne voyons-nous pas que le culte d'Hpmère et d'autres divinités de ce genre, jusqu'au démcm de Socrate, était devenu le goût religieux dans la Grèce de cette époque ? Apollonius de Tyane, ce ^age Pythagoricien qui prêcha comme Jésus la fraternité humaine et la communauté des hiens, ne fut-il pas lait dieu après sa mort? n'eut-il pas des autels. et des temples? L'empereur Alexandre-Sévère n'avait-il pas dans son oratoire l'image de ce philosophe et celle de Jésus-Christ comme de deux divinités ? Enfin n'est-il pas certain, d'après les Pères (Irénée, Justin, etc.}, qu'il suffit à Simon le Magicien, contemporain des Apôtres, de faire à Rome quelques actes miraculeux pour obtenir sur le quai du Tibre une statue, avec cette inscription : A Simon le grand dieu I