CHAPITRE XXXIV
Sans l'anttaropomorpbisme du Verbe, le Christianisme n'aurait pas converti le monde Gréco-Romain.
Nous venons de voir comment le dogme de l'incarnation du Verbe de Dieu en Jésus-Christ fut à la fois conforme aux habitudes du Polythéisme, et propre à donner à la nouvelle religion un passé imposant, d'où elle pût battre aisément en ruine les vieilles religions qu'elle venait remplacer. Hais si, au lieu de considérer la nécessité qu'avait le Christianisme d'une tradition antérieure, nous jetons les yeux sur l'avenir qui lui était réservé, nous verrons avec une égale évidence que tons ses progrès, c'est-à-dire toute celte formation successive de doctrine, de symbole, et de culte, qui constitue véritablement la religion du Hoyen-Age, devaient également découler de l'assimilation du Verbe Egyptien et Grec avec la personne de Jésus-Christ. « La divinité de Jé- » sus, dit avec raison Rergier, est tellement la base de toute la Religion B Chrétienne, qu'après avoir une fois supprimé cet article, les Ariens » et les Sociniens ont successivement attaqué et détruit tout les autres. Aucun des dogmes du Christianisme n'ayant plus de support, il leur a » fallu les renverser tous : la Trinité, l'IncarnÂion, la Rédemption des » hommes par Jésus-Christ, le péché originel, la nécessité du baptême » pour les enfants, l'efficacité des sacrements, les œuvres satisfàctoi- » res, etc. Ils ont fait consister la Religion Chrétienne à croire seule- » ment l'unité de Dieu, à regarder Jésus-Christ comme un envoyé de » Dieu, sans s'informer de ce qu'il est personoellement > à prendre
m DE LA DOCTRimS »E LA PE«VE€TTBfLlTÉ.
9 nS^nœUte posr tk^ ée M «t de eemairile, sarut & Fistrteiidirè commis » <«liiM:ini le tramera hon. C'est te âéimie jftxr (1). d
<réât été le déisme, «n effet, qtie le Christiarmme sans cette asstinimitationtAu 'Vert)e ée la Iteligton ët^fle ta FUlmopifaie attlërienreaTec bi personne de Jésos-Ohi^st. Hais alors It; CbrisfiaiAsme tf aftait aucune raison d^âtre. Aq«èl%îtpe aurait-il etislé ? L'esprit humain, comme MM» veneoB 4e le dine, avait, A «eMe épo^qs 'de son déTëloppemeot, Amix tandanoes retifieases ; il crofatt au Verbe de Dieu créateur du monde (c'était le ipoint culoiltiaut et le résumé de la ttiéotogie Eg^pt ie nne et Grecque ; c'était le résultai de toute la métapiiysique des temples et des -écoleB ; «'étatt le dogme répandu dans le monde "savamt par les Pythagoricicefs^ftles natonicien^ ) ; et, «en ouh*e, ilcroyaSt à la manifestation et a rincarnation «de tous -les dieut à Tetistence desquels ii aj«utatt foL Le Cbrîstiafoisme, réduit au pur déisme, ne^isMsail ni Tune ni l'autre de ces croyances. Jésus^Chfist «"^taitl pas le Verbe des Philosophes, ce Verbe continuait à subsister de droit en dehors du Christianisme : il n'y ayaitdonc pas lieu de faire taire les Platoniciens. Tout ce qui descendait de l'Antique tradition Egyptienne, tout ce, qui procédait du Pythagorisme et du Platonisme, c'est-à-dire la portion la plus éclairée des hommes, continuait à croire à sa métaphysique religieuse, et à se séparer orgueilleusement du vulgaire dans une contemplation purement spirituelle. Il était impossible aux Chrétiens d'absorber cette orostMioe ipfailoflopbiqiue *, car, a^ac Jésue^Chriet homme, ils n'abordaient en aucutie {a$on le problème de la nature diviae.et l'àhash cbRuaiettl coBséqtru^taiûelii uut discusaiens des fthilosopbes. Mai» ils ne sattstaiaaîent fos davantage l'autre donnée de la foi religieiMe^' car coSMiient avec la parole d'tin faomnid faine disparatb^ le onlte'de tous ces êlres invisibles à l'incaraatteo desquels 4Mi éteit haKtaé?
L'ArianiaiBe, oomme nous le démontreroos tont4*'l'heure, n*«lait pas prjsmtîvemeiii ce déisme pur, sans racine avec la métafifaysiqiieidu passé. Au contraire, VArianisme fut, selon nous, une interprétation teute Plaionioienue du dogme de la Triniié. Mais la oroyonce i ce dogme, e4 l'adoration du Verbe, qui m était la suite, était déjàfsi soit dément établies, que lorsque Arfus et ses partisans voutaretit aKidiquer, on crut qu'ils voulaient détruire, et que l'Arianieme, pMr -avoir prétendu cootester seulement l'éternité du Verbe, passa pour étte la Aégation «du Verbe même et de la divinité de lésus-Christ, <im >éÉast ce Verbe incarné. L'Ariaftiame tourna ainsi., oomne malgré lui ^ au déisme. Dès Ions il dut succomber devant l'Orttiodoue Catholique. Eni^ demoieut, à cette époque, VAriaflisme, à cause de aeo tMé négatif^ était une ^eipiriioB impuissante, impuissante du tùekm quant au Foly-
(1) JHaiimmk€ tfr IKéMb^.
D£ LA DOCTRINS DC L% PERPeCTItlLITÀ i«S
Ihétemeiit M 'fii<»dè finM^Romi». M né {[idniPMt^i 4 m a ^ m m L 1^ dolàtrie, ni remplacer le PolTlbrifabe, «li feim iaire ia ;PUloeoplie Grecque, ni eu un moi convertir l'ancien monde.