‹ Œuvres de Pierre LerouxChapitre 38 sur 55 · CHAPITRE XXXVIl · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXVIl

Sitaation dn Christianisme au commcneemenl dn quatrième siècle.

Au commencement dn quatrième siècle, vers Tan 995, le m(mde sortait du Polythéisme comme s'il se fût réveillé d'nn'sotnrtieil et d'an rêve. On voyait avec admiration surgir partout un nouveau peuple, Me nation presque inconnne jusque-là, le Peuple Chrétien. Goostanlin venait de voir se réaliser jusqu'au bout sa prophétique visiM de la CMfx, qui devait le taire vainqueur. La grande révoltftîon à la tdte de la«^ quelle il s'était laissé porter était accomplie. L'tiomme des IÈvà|aes et des Églises était seul maître de TEmpire, et rempliSMnt de sên mieux sa mission, en couvrant le peuple de libéralités p(ar nntermédittire des Églises et des Évèques , reproduisant ainsi sons iMte ^tttre farme Tan^ cienne coutume des Romains de nourrir le peuple de munifiosnce et de distributions. La cour et le clergé se livraient donc à la joie d à reftu'sion du triomphe, après les -persécntions. Dans tontes les villes ^Orient, à Jérusalem, à Alexandrie, à Oonstantineple, & T;r> à AnHoebe, les consécrations d'égtt«es se suboédaient avec ^me poffipe îliittiaginable. En n^vanche, les lettiples des Payeias ci^oMliient sons ht ttiain des 'soMalis de Oonstatitm ; les placées et les rues de sa notiv«lla vitte montraient, abandonnées anx railleries dO pcfiÉiple» les stallMll4es(aiix dieux, enlevées aux lemples de toutes les villes de rOt4ent) et perlées k Censtantinoiple comme un objet ée nvaquierie al #s iMirioèitéi Bfftoi» comme il arrive après touie jurande l^éfif^tuVM^ m «e tolïUflMML à

Dfi LA DOCTRINE D^ LA t>ERFl:CT«mLlTÉ. tW

rijlée du repds et âkrm traiwttfflHIé éterMHe. Le Gbri&tiftiiisâi&a^ftit nk^n : que pouTait^fl rester & faire ? et qefé peuTait^m crttindtè qyhM PËnrpireietrEmpereur étaieiif contertîs? Les Chrétiens croyaifenl tout ftfti pat* leur triomphe; mais ried'n'ëtaii fini, puisque pcfur eux^méiMs tMt commençait.

ïîsl^ce que le dogme était décidé, parce que Constantin ayalt vaincu t Le Chtisfianisnre éiait-il compfet, parce que les Chrétiens étaient Arrachés aux mines, et n'étaient pli)^ jetés aux bêles du cirque? Il Mlàit bi^n que 1e^ questions sérieuses s'engageassent ; Vesprit humain Yre pofuTaît rester dans le vague et dans lindéterminé.

JtHque-ià, pendant trois cents ans d'obscurité et de sulijection, les Chrétiens s'étaient bien querellés entre eux ; il y avait eu piarmi eut bien des écoles ditierses, bien dessectes, bien des hérésies. Oependsfnt, au milieu de toutes ces dissensions, utrè sorte d'orthodoxie avait trioùiphé qui avait rallié la majorité des évéques. On possédait une tradition assez certaine qui remontait aux Apôtres. Il y avait quelques livres admis et reconnus comme règle de la fo| dans toutes les Églises. Assez fréquemment les évéques d'une même province, ou de provinces limitrophes, s'étaient réunis pour converser et s'entéfndre ensemble sur des points de doctrine , et principalement sur les pratiques du culte, qui rëtenafit encore presque toutes ses cérémonies du cutte Juif; mais tes espèces de Conciles, limités à des portions de l'Empire, n'avaient presque aucun retentissement dans les autres provinces, et ne laissaient tfticeine trace. ïl ne reste, et il ne restait au quatrième siècle, aiHnm aWtre nwnument de ces assemblées, que la mention qui s'en trouve dams quelques écrivainsdu temps. Ainsi aucun Concile, vraiment digne de ce nom, n'avait rien décidé depuis le temps des Apôtres. Le plus tort lien de loute l'organisation de l'Église, ce qui vtèiment la forma, ce cfm retendit pendant ce» trois siècles, ce qui la distingua de ce qu'on appelait les Sectes et les Hérésies, c'était l'élection âes Évêcpies par les ildèles. Jointe à la consécration de TÉvêque nouvellement nommé par d^utres Évéques. Tout l'établissement de l'Église dériva de ce puÂit fondamental de discipline. C'était uniquement par le refus de le^ admettre à la communion qu'on distinguait de l'Église véritoble toutes i0s opit^i^DS qui tranchaient trop avec un certain fonds de doctrine ;gé^ ffiév«ilement professé. Mais rien de positif n'avait été formulé sur Ten^ ^tnble et les différentes parties de cette doctrine. Chacun avait marché #è ^ùn côté; chaque Père avait suivi son inspiration et stin génie; c*était «n Irattiîl d'éltfboration confis et disséminé. Une foule d'opfnionë Wvèi^ses'on contradictoires avaient été mises êfn avant; et mftmedainsle^ Bèiw considéras a^jônrd'haiCKMmneled p\m ortht>doxes, les npiniàte les plus hérétiques ne sMlpa&rbl^s. On iBiâlvait liien pu matclM- ji!ks^ ^ffÊféAk dans cet éttrt de H^a^» et ëb liv&it dû V ynurober, parce i)uk>n

488 DE LA DOCTRINE DE LA PERFflCTIBILITÉ.

était persécuté ou à) peine toléré. Mais Hiaiatenant la secte, rompue en opiille anneaux obligés de se cacher^ devenait un grand corps dont toutes les parties se montraient avec ostentation. U fallait bien que le li^n spirituel qui unissait toutes ces parties se fit voir. Tant qu'on avait été persécuté ou méconnu, on avait pu impunément se croire etise dire en possession d'une doctrine religieuse précise et bien définie : maintenant c'était le moment de la montrer. Maintenant que le Christianisme arrivait à la lumière du jour» et qu'on bâtissait de toute part des églises pour y faire entrer le Peuple Romain tout entier, avec toutes les Nations qu'il avait conquises et absorbées, il fallait bien qu'on sût positivement à quoi s'en tenir sur l'essence de cette religion ; l'orthodoxie devait être proclamée, et l'hérésie aussi. Par suite de cette nécessité des choses^ r Arianisme coïncida exactement avec le triomphe du Christianisme et son avènement à l'empire.

CUiiPlTRE XXXVUl.

Ijiterpréutions diverses du dQ|me qui fait L'essence da GhrisUanisiue.

L'essence du Christianisme consistant, comme nous l'avons dit, dans la distinction en Dieu du Verbe de Dieu, et dans la croyance que Jésus- Christ était ce Verbe, il est clair que toutes les hérésies doivent se rapporter de près ou de loin à ce dogme. Aussi n'est-il nullement étrange que l'Arianisme, qui admettait ce dogme, mais qui l'expliquait, ait été, comme le disent tous les historiens de l'Église, la plus fondamentale, la plus vivace et la plus redoutable de toutes les hérésies.

L'Arianisnfie commença à éclater vers l'an 318, quelques années avant la victoire de Constantin sur Licinius. Arius, né dans la Libye, selon les uns, et à Alexandrie , selon d'autres, était alors chargé de la prédication et du gouvernement d'une des églises d'Alexandrie, car il y en avait plusieurs dans cette ville qui tenaient le rang des paroisses catholiques actuelles } on en nomme jusqu'à neuf, à chacune desquelles présidait un prêtre chargé de diriger et de catéchiser les fidèles : celle d'Arius était l'église de Baucalé. Socrate et d'autres éorivains racontent qu'un jour Alexandre, évêque d'Alexandrie, parlant sur la Trinité dans une assemblée d'ecclésiastiques, et demandant à chacun quel était son sentiment sur un passage de l'Écriture qui regardait le Verbe, Arius contesta hardiment la doctrine de son évêque, lequel enseignait que le Vert>e est égal à 3on Père et de la même substance que lui, et soutînt que cette doctrine n'était autre chose que celle de Sabellins, condamnée dans un concile cinquante ans auparavant.

U est possible, en «ffet, que telle ait été l'occasion du débat public

qui s'engagea entre Arius et ses adversaires ; mais il est évident que la querelle couvait depuis longtemps dans le seiu de l'Église d'Alexandrie, comme Tiilemont le prouve d'ailleurs par des faits; et on peut dire qu'elle couvait dans le sein du Christianisme depuis la publication de l'Evangile.

En disant cela^ nous n'entendons pas même parler de cette suite d'hérétiques qui , afOliés aux autres Chrétiens et assimilés à eux, nièrent, sans interruption, depuis le temps des Apôtres, la divinité de Jésus-Christ ; tels que Cérinthe, contemporain de ces apôtres, et qui, tout en faisant l'éloge de Jésus, soutint qu'il n'était qu'un homme ; ou les Théodotiens et d'autres Aloges du second siècle, qui enseignèrent, avec quelque succès et quelque éclat, que Jésus-Christ n'était qu'un homme d'une nature en tout semblable à celle des autres hommes. Ce n'est pas là, selon nous, qu'il faut chercher la généalogie de l'Arianisme. Hais à côté de ces incrédules qui se mettaient évidemment tout-à-fait en dehors du Christianisme, puisqii'ils en niaient le principe fondamental, et qu'ils étaient obligés de rejeter ou de falsifier les Écritures, parce que les Écritures, comme il nous serait facile de le démontrer, sont partout imprégnées de la doctrine du Verbe; à côté, dis-je, des hérésies de ces purs déistes, il y eut toujours d'autres discussions où l'on admettait, de part et d'autre, le principe, c'est-à-dire la doctrine du Verbe, où l'on admettait également les témoignages de l'Écriture, et où il s'agissait de la meilleure interprétation du dogme sur la vérité duquel on était extérieurement d'accord. C'est dans cette classe d'opinions que l'Arianisme se range. L'Arianisme, je le répète encore (et cela deviendra bien manifeste pour le lecteur à la fin de cette exposition), loin d'être le pur déisme, n'était pas même la négation de la divinité de Jésus-Christ; l'Arianisme n'était pas, dans le principe, une négation, c'était au contraire une affirmation et une doctrine.

Je n'ai pas le temps d'énumérer ici toutes ces controverses placées sur le vrai terrain du Christianisme, et qui avaient précédé celle dont nous nous occupons. Ce serait faire l'histoire des hérésies; car toutes avaient roulé sur ce point. Je me contenterai d'en tracer le cadre exi quelques paroles.

De combien de manières le dogme de Jésus-Christ Verbe peut-il être entendu et interprété ?

D'abord trois interprétations également en dehors de la donnée essentielle et fondamentale du Christianisme :

Première hypothèse. On pouvait confondre complètement les deux termes, c'est-à-dire la nature de Jésus*Christ avec la nature divine, regarder Jésus comme une incarnation de Dieu , une apparition passagère de Dieu. C'est le Sabellianisme. Sabellius, suivant en cela l'exemple de Praxée et de Noet, deux philosophes Chrétiens du second siècle, ne

.idO De UK l>DCTRINi£ DE LA PËRFECTIBIUÏÉ.

fr^^MAift poiat d'autre différeaca eotre les p^mniiie^ da 1& l^pmié q^ c^Uffiqnii est.efître Iqs difl|éi:eQite8. opérations d*uaie mêm^qbose.. L013c|u!ili coii8v}iérftU DWiA comme (aiwit if^ d^rete dans soa oopvseU étoi^iiyel^et résqlKanLd'aRpqlei: les l^ofaines m. ^ailut^ il le regardait comuiife Père; lorsque ce même Dieu descendait sur la terre dans le sein d^^ la Vwge, qu'U souffrajt et mourait siur ta crciîx, il l'appelait Fils; enfin , Jonsq^'il considérait Dieu comme déployant son, efficace dans rime des ^cbmc^, il rappelait Saint-Esprit. Selon c^e. hypotbàae, il n'y avait aucune' distinctioo cintre les personnes diifîms ; tes» titres de. Père,.d«2 IFils, et à» Saint-Esprit , n'étaienJt q/m Im dénominations empruniéf^ d^. aetinna dtSéuentes que Dieu avait produitas. pour le salut dus barrîmes.

Sabellins forma un pwti assez con^dérablo. S« Epiipbane dit que de SQR \édm^ les Sabellians étaient répandH&en assezi grand nontbm.dans la Bfi^potamie etautour de Rome. Cette sacto, q|iii parut au comment cmm^du troiaième siècle, ne M. anéantie,. iwrs le commencament du.cinqwème, que pour reparattire au. sein da Pcote9tantiaraa 9 dont ^lis fovme aiûourdfhuî une de» brianphfis. les pLns.Q(9UQsidérables sons 1^ nqm d* l^niiairUns,.

Cétait là la doctrine qu'Arius reprochait ài^n évêquede tavoriseff. Kn. eCEat, dans oQttct doctrine it était vrai àsk dire,, comme le disait Meicandre, qu^Jéau^^Ghrist était Dieu comme soa fère et d^ la m&(W snbstawe (ou^nil qn^ lui.

S^^Kfoful^MpothiHi. Om pouvait au cootmce distinguer Jésus-Cbwt de IHeM » ea le reg^fdant lui-même conune un Dieu à côté de son Péie^ àjp^u |Niè!S4;onMner les Piayans croyaiantà L'ewtenw indépendante ife leurs <Sy<erses^divinités. 11 est assez vcaisemblable que bien des bonmos smpl^ parmi ]^ premiers Cbrétiens se conlentajenb de. cionsidérer ainsi Jésus-Christ Qammer un. Dieu» sana s'inqigâétsn de sa génération. U tut soNveni question, dans la discu^on à* laq^^ll^ rArianisnii& donna litm, iu. canûqii^ qui; remontaient ausi premiers, Jioui;a du< CbrisUdr nwn^, et Qù< Jésus. était» a^nsÀdéitié« Il est pmbabltibque ceu^ qui cbanr lAienl cesseaAtiqiies». et q^i va{^£^ient,dans t'KQffitgre qu- il c^xiaU. tnqi^ personnes divines^ croyaient volontiers que le Père, UKils etleSluiAtr fiaprit éta^t toois sn.bstances diflD^rentes. Plusieurs, tbéotogiens des temps modernes sont bien arrives à le croire. Il^qni.coinsidéré.le'PèR^ la Fils et le SainL^-E^t comme faisant ufî seul être, non.par^ quîils existent dans une substance oommune,, mais pairoa qji'il^soRt unia^de fconmviBmmk et der vob>o4é^ awsi étroHemenit .qua;S'ila.n<'étaiant< qfiiun seul ét»d« C'est let TuthéiuM^ condamna an.doaziémd siàpLe g»? Id i»iiGi)e<d(S lAilran^ et qui faiteMora la crofanoa. de. Qertaiae&.Siicta&

Tfwimkmliw^fi^^ lto)aieiop»au»s^.emow séparer cumiilétenMQt. la

DE LA DOCTRINE DB LA PERFECTIBILITÉ. m

nature de Jé8iis^hi»6t:deoelte4» DieUi 4'U0e autre manière qt*'QA c» taiBn^A àrnstçn Dieux. Oa pou>vail faire dfi Jésus \m homme, et sjuppasfHT ipi'iliie eeDtaioe Yertu célâste, une mibstsiice diviuie^ua(8;90rt%â9 Çkmi pureniaBi spiniuek^i iorisil^lâ» sléiait pour quelque teinps în€i»rii^Q9 lui. C'est Texplication hérétique qui a eu dès le cbma^eemeat et pcmdàttt toogtemps le plus de vogue*. G'est^ p^ là que les GMStiqu^ en général se* rattachaient a» Christiïuoijme. C'était en particulier le 9y3r fètne précis.et net de&.ÉbitmiUs, qui> après b destruction de Jérusaleem CDvinèreBt upe secte considérahte %itt raUia à elle beaucoup: de. débrjs des^seotes^ Juives. Les.Ébioaite&disiéeii* que Dieu avait donné refl9|)Âi>e de tontes choees à deuoi personnesi^ au* Christ et au Ueble ^ que le. DiaUe amit faMt pouvoir sur le- meode présent, le Ghhst sor le siècle fltitor ; que le Christ était créé comme un des SAges^ mais plus gra^d quie to autres; que Jésus, était néde Joespb et de Harie) et non pas d'une vierge, ^ qu'ensoiibe ayant fait des progrès âaœ Ift veffUii, il avait «1^ choisi pour être ftbde Diein pai; le Cktist, qui était, descendu sur lui d'eo haut ea forme de ooIombOé A la fin le Christ s'étaib envoie e^ s'élailiDetiré de Jésus dft|]S.le tempside lapsesion: en sorte qu'il n'y avait ^e Jésus qui avait' ^ouffet t et qui était ressusctlié ; mais le Christ» étant spiipitiieU était demeom immocteli ejt impassible.

Ainsi trois hy^pothèses» que le- oorps de l'Eglise avait ratées oonisne héfétiquesi. Dana i:'upi9^ on niait la^diettoctioades pei:sonfies; on iden*^ tiêait oomplétemenk Dieu> et Jésus. Dans l'autire^ on. séparait, anoonr tfqiixfe, les petsQnttBSf au peint de< détt>aire Tunité :• Qiei* et Jéaus étiûeB* deux, dieux difEâreÂits. Qaïas la troisième^ J^us n'était pius <|tt'un hpgmMk

Il est facile de voir que, dans oes 4iiveir$es:qx4plicatio»s^ le se^s. de la doefaûne métaphysique dn Verbe- est comj^étenentperduetaUéré.Ce nf^st plus là, erv aiicune façon, ïe dogme du Verbe coeame Teptendaieiit les Platonieiens* Le Sabellianisme n'est qu'une opinion sans^ i^ofon^ deur, etn^a^ pour- ainsi dire, d[autre-fODdeimnîliq}i'uQe subtilité- gram* mati^alfu Le Trithéieim n!est! qu'une idol&trie à peu près semblable à celle des Payons;, car <|iieUe raisoa de i^econnshltredeu^ ou tcoii di^uy, plutôt que d'en admettre une mullitude? Enfln, l'Ébionisme n'est qu*un lêfQ cÂalîBtique, qui n'^a.auâunj rapport avec «e que la Pbilos0{4iie avait ens^gnô sut la naturel de Efeeuw Les sf sièmes GnosUqnes, qpi coQOQrdeÂwt eujce pobit avee l'Sbionisraev puisque Jésus n'était pour les GnoeUque^qujundisQesigénies.ou auges qju'ili^ faisaient agir au gré 4$ leuffiiaaginatiM, s'éloignaîenti également à: une* infinie distaneede

la tradition Egyptienne et Grecque, et n'avaient leurs racines» que dms

les fablQS OnieuMee»

Amuh^ B^ndenfcJe^dMiwmejeb le treîmèn^e $ièeles» oii twsces sgi^ tèmes pullulèrent, les vinis/GbfiéitiinaireeftusAèifwiTito cesexplicatioAS

comme des hérésies. Il suffit, au reste, de coDsidérer que les Pères qui défeodireot la véritable doctrine sortaient tous des écoles philosophiques, que c'étaient des Platoniciens passés à l'état de Chrétiens, pour comprendre qu'en effet la cause du Christianisme était attachée à la défense de' Fid^e philosophique.

Mais quelle était cette vraie doctrine que les Justin et les Iréoée avaient soutenue contre les hérésies? Le moment, comme nous Favons suffisamment montré, était venu de le décider; et c'est évidemment à Alexandrie, où toutes les traditions et toutes les philosophies étaient représentées, que ce débat solennel devait s'engager. Arius et Alexandre furent les premiers champions de cette lutte célèbre, à laquelle l'Eglise tout entière prit part en un instant, comme si tout eût été prêt, et qu'on n'attendit que le signal.

Les écrits d' Arius ont péri ; l'Orthodoxie les a anéantis. Mais Athanase, en l'attaquant, nous a conservé de sa TAalie quelques lignes qui, suivant nous, suffisent pour faire comprendre sa pensée,

«c Dieu, disait Arius, n'a pas été toujours Père, mais il y eut un temps auquel il n'était que Dieu seulement, et n'était pas encore Père, quoi" qu'il le soit devenu ensuite. Le Fils n'a pas toujours été; car toutes choses ayant été faites du néant, le Verbe divin, qui est du nombre y> des créatures et des ouvrages, a aussi été fait du néant. Il y eut un D temps auquel il n'était pas encore, et il n'était pas avant que d'avoir » été fait, et il a commencé à être créé comme les autres. Car il y eut 9 un temps que Dieu était seul, et que le Verbe et la Sagesse n'était pas » encore. Mais ayant dessein de nous produire, il a fait alors un être B auquel il a donné le nom de Verbe, de Fils, et de Sagesse, afin de » s'en servir pour notre production. »

Qui ne reconnaît dans cette génération du Verbe une explication Platonicienne d'un dogme Platonicien? Ce Verbe que Dieu crée afin de s'en servir pour notre production, n'est-ce pas cette Idée Archétype que tout artiste conçoit d'abord et réalise ensuite dans ses travaux? Dans la théologie vulgarisée par Platon, Dieu, le grand Artiste, le grand Architecte du Monde, n'a-Mi pas aussi, lui, son Plan, son Idée antérieure à son Acte ?

Dès que, développant la Philosophie Platonicienne, on admettait que l'idée typique de Dieu pour la production du Genre Humain s'était réalisée dans un être particulier afin de se réaliser un jour dans tous les hommes, il fallait bien admettre que cet être particulier, ce type conçu par Dieu avec une destination spéciale, avait eu un commencement dans le temps.

De là la fameuse proposition d'Anus, qui se retrouve dans tout ce qui nous est resté de lui, dans ses deux ou trois lettres conservées, comme dans le fragment que nous venons de citer, savoir que Jésus-

Chri9$ 0$t UM créature, que JKei«« dmu k Umfi» a tirie 4u niwiU cornu» Umte$ les autres eréatures; que par çonsiguetU il eei infinfMr m Pire, qui, à proprement parler, est le seul vrai Dieu.

Arius, au commoncementde sa IMie^ se vante de posséder la Traie tradition religieuse, d'avoir appris ce qu'il va dire des élus de Dieu, des théologiens les plus profonds et les plus savants. D est probable qu'il entend parler de S. Lucien d'Antiocbe, qui avait été son maître et celui d'Eusèbe, de S. Lucien si célèbre dans l'Orient par sa sainteté, par son érudition, et par son martyre. S. Lucien luinnême se rattachait à Paul de Samosathe. La doctrine qa'Arius enseigna n'était donc pas nouvelle.

GoDtroTene sur rAriaoispe. — Arips.

Alexandre, a qui Arius reprochait de reproduire Le SabelUanisme» lui reprocha à son tour de reproduire la doctrine de Paul de Samosathe, condamnée par Je concile d'Antioche en 870. Telle était la situation critique du Christianisme : au milieu de son triomphe^ il se tnwvait destitué de base, par l'incertitude des opinions qui régnaient sur son dogme essentiel.

Alexandre, effrayé des progrès de son adversairei après avoir vainement tenté par des exhortattoas et par }es censures ordinaires de le ramener à son opinion, crut devoir recourir à l'autorité d*un concile. A cet effet, il convoqua les évéques de l'Egypte, de la Libye et de la Pentapole, qui, s'étant réunis à Alexandrie en l'année 3S0, frappèrent d'anathème la personne et la doctrine d'Arius.

Mais cette mesure n'eut d'autre efllQt que d'ajouter un nouvel éclat à la guerre qui venait de s'allumer, et 4*eq étendre le théâtre. Arius envoya sa profession de foi à tous les évêqoes circonvoisins, les priant de l'édahrer au cas où U serait dans Terreur, et demandant leur protec^ tion s'ils le jugeaient dans la bonne voie. A peu de temps de là, il se rendit lui-même en Palestine et en Ktbynie^ où il prêcha sa doctrine avec tant de succès, qu'il attira dans son parti un grand nombre d'é* vêques de ces provinces, qui , s'étant aa^mblés en oeocUe , le reçurent à leur communion , justifièrent sa doctrine , et éerivireut à tous les prêtres d'Orient pour les prier de communiquer «vec les Ariens.

Arius, suivant le portrait qu'en a laissé S. Epiphane, avait de grands talents pour séduire. U était déjà vieux, dit-on, lorsqu'il commença à répandre son hérésie. Tout en lui annonçait la vertu et le zèle. Son extérieur était grave, sa taille extraordinairement grande, son visage

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in DE LA DOCTRixNE DE LA PERFECTIBILITÉ.

sérieux et marqué d'une empreinte de méditation et de mortification. Toute son apparence était austère ; il ne portait qu'une tunique sans manches et un manteau étroit, costume des philosophes et des moines. Ses manières d'ailleurs et sa oontersation étaient pleines de douceur et d'une suavité propre à séduire et à captiver les esprits.

A ces traits qui nous ont été transmis par les orthodoxes eux-mêmes, il^ faut «\jouter une particularité curieuse que nous apprend l'historien Sozomène : c'est qu'Arius, quoique très instruit dans la Philosophie Platonicienne^ ne s'en était pas contenté^ qu'il n'était pas moins versé dans les écrits d'Aristote et de son école, et qu'il passait pour posséder à fond toutes les armes de la dialectique Péripatéticienne. Ainsi Arius dissertant sur ou contre la Trinité, c'est encore Aristote critiquant Platon ou précisant ses idées.

Il est vrai que les écrivains Catholiques, tout en rendant témoignage aux apparences de vertu et au savoir qu'ils sont obligés de reconnaître à Anus, ne font pas moins de lui un fourbe et un scélérat capable de tous les crimes. Cette vertu, ce zèle, n'étaient, suivant eux, que men*songe ; sa douceur était trompeuse , sa modestie affectée ; il n'avait qu'une passion violente de gloire et de nouveauté; il était jaloux de posséder les premières dignités de l'Eglise , et ce fut Tenvie qui le fit hérétique; tout cet extérieur si bien composé était bon à tromper les cœurs simples et crédules : mais au fond Arius n'était qu'un serpent dangereux.

L'empereur Constantin avait donné aux orthodoxes de son temps, et à ceux des siècles à venir, l'exemple de cette manière d'interpréter les vertus apparentes du grand hérétique. Dans une lettre contre Arius : c Tout le monde ne voit-il pas, dit ce prince, quels cris lui fait jeter la B blessure qu'il a reçue du démon? I^e venin de ce serpent qui remplit » ses veines lui cause d'effi*oyables convulsions. Son corps sans vigueur » et sans force, son visage pâle, hftve, sec, décharné jusqu'à faire horreur, abattu de chagrins et d'inquiétudes, annoncent assez la mala- > die qui le tourmente au-dedans ; sa vue éteinte et demi-morte, ses » cheveux épais mal peignés, ce mélange afflreux que font en lui de- » puis longtemps la vanité, la rage et la fureur, le rendent tout farouche o et tout touvage, et le font moins ressembler à un homme qu'à une B bête (1). B

Est-il étonnant que les Baronius et les Haimbourg aient imité l'aménité de l'empereur Constantin, et que, dans leurs déclamations de commande, ils aient de siècle en siècle déchiré et calomnié Arius? Hais vraiment n'y a-i-il pas de la Iftcheté dans ces reproches que lui hit

(1) Gélise, Vie de CanêttmHn, lif. UI.

Tempereur d'être faible de corps comme un vieillard, d'avoir le visage pftie, Textérieur triste et abattu, et la vue presque éteinte? Un philosophe qui médite peut-il avoir l'air d'un empereur qui triomphe? un pauvre prêtre peut-il ressembler dans son extérieur à un puissant monarque? Constantin, vrai soldat qui avait dû sa victoire aux idées, mais à des idées qu*il comprenait à peine, avait-il raison de reprocher à Anus cette tristesse que la méditation imprima toujours au front de ceux qui se dévouèrent au tourment de la pensée?

Au surplus y cet homme 9 faible » ce pauvre théologien presque aveugle, aux cheveux mal peignés, à L'air misérable, dotma au grand empereur, bien portant et bien majestueux , plus de tourment que ne lui en avaient donné Maximien et Lieimus. Eusèbe nous a conservé la lettre que Constantin écrivit à Alexandre et à Arius, pour les engager à mettre fin à leur dispute. Ce passage d'Eusèbe est si curieux, et il peint si bien la situation des choses à ce moment, que nous voudrions le citer tout entier.

a L'empereur , dit Eusèbe , était dans la joie la plus complète » et la plus profonde, lorsqu'il reçut la nouvelle d'un tuniulte qui » avait notablement troublé la paix de TËglise. Une discussion shr » le dogme, qui venait de se glisser dans les assemblées des saints » évoques, les commit les uns contre les autres, et leur suscita des d différends et des querelles interminables. Cette faible étincelle ex- 9 cita un grand embrasement qui commença dans Alexandrie, s*é- » tendit sur l'Egypte, sur la Libye, sur la Haute-Tbébaîde, et désola de n telle sorte un grand nombre d'autres provinces, que non seulement » les prêtres entrèrent en des contestations pleines d'aigreur, mais que * » les peuples, prenant aussi parti dans ce différend, firent une division » et un schisme très funeste. Le scandale en fut si horrible, que la doco trine sainte de notr^» religion devint le sujet des railleries impies et » des bouffonneries sacrilèges que les Payens faisaient sur leurs théâ- » très. Les uns disputaient dans Alexandrie, avec une opiniâtreté in- » vincible, sur les plus sublimes mystères. D'autres contestaient, dans D l'Egypte et dans la Haute-Thébaïde, sur une question qui était agitée depuis longtemps(la célébration de la Pâque), de sorte qu'il n'y avait » aucune Église qui ne fût divisée. La Libye entière et les autres proo vinces sentirent des atteintes du même mal; car les ecclésiastiques » d'Alexandrie ayant écrit aux évèques touchant leur différend, il n'y » en eut aucun qui ne se déclarftt pour Fun des deux partis. L'empe- » reur, sensiblement touché de la division de l'Église, et n'en n'ayant » pas un moindre déplaisir qu'il aurait eu d'une disgrâce arrivée à sa V famille, envoya à Alexandrie un homme célèbre par la solidité de sa B foi (Osius), et par la générosité de la profession qu'il en avait faite en

B présence dQs persécuteurs durant les plus mauvais . temps, et hû D donna une lettre pour les auteurs dia différend :

lMr$ de OomtmUm à jtkoMmdrû^ évéqm^ ti à Arku, ffêÊn,

« ConçTiimif , TainqueuTy très grand , Auguste, à Alexandre et à Arius.

».Dieu, dont la bonté seconde tous mes desseins, m^est témoin que j*ai été I» porté par deux motifs à entreprendre ce que j*ai hem-eusement exécuté.

» Je me suis d'abord proposé de rémiir les esprHs de tous les peuples dans » une même croyance au sujet de la Divinité, et ensuite j*ai toqIu défim-er n Tunivers du joBg de la serritiida lous tequel il gémissait, la me persuadais » f ue pî j^éteis assez beureiix pour porter les bomaies à adorer tons le Banc n Dieu, ce changanent de religion Mpèoarait Ws plvs heiireuz réfialiata dans n le geuTemement de TEmpire... »

Ici Constantin parle du schisme des Donatistes, qui avait commencé à désoler 1* Afrique, et contre lequel il avait été obligé de prendre quelques mesures; puis il continue ainsi :

« La lumière de la véritable religion étant, jmr une faveur particulière de » Dieu, sortie 4e FOnient, c'eat sur vous que j'ai d'abord jeté les yeux de mon )» esprit» cpnmie sur des pasteurs chargés de veiller au salut des peuples... Que

V les desseins de la Providence sont merveilleux, et que ses secrets sont impé- » nétrables! quelle nouvelle frappa mes oreilles, ou plutôt quelle douleur perça » mon cœur, lorsque j'appris que vous aviez soulevé entre vous des contestayt tions beaucoup plus fâcheuses que celles qui duraient encore en Afrique! Je 1» reconnus que votre pays, dont j^espérais que viendrait la guérison des aob^, 9 avait Ininnéme besoin de remède. Quand j'ai considéré l'origine et le sujet 1» de volve diffâread, il m'a semblé fort léger et loit pen digae d'être agité 9 avec tant de chaleur. Quand vos ooiattestations seraient et plus importantes

V et plus engagées qu'eUes ne sont, je qc laisserais pas d'espérer de rétablir

V entre vous une parfaite intelligence. J'ai d'autant plus le droit de me pro- D mettre de vous réunir, que vous n'avez aucune raison de vous diviser.

» J'apprends que vos disputes sont nées de ce que vous, Alexandre, avez de- )> mandé aux prêtres de votre Église ce qu'ils pensaient touchant un endroit I» de la Loi, ou plutôt touchant une question fort inutile; et que vous, Arius, » avez indiscrètement fait une réponse qui ne devait jamais entrer dans votre » esprit, et qui, si elle y était «ntrée, ne devait jamais sortir de votre bondie. 9 Cest de là que sont venus vos différends et vos disputes, le refus de lacom- » numion, le schisme q^i rompt la correspondance mutuelle des fidèles, et qui » les sépare du corps de l'Église. Demandez^vous pardon les uns aux autres, » et accordes^ous aia conditions raisonnables que votre conserviteur vous » propose, n ne fallait ni faire les questions que vous avez faites, ni y ré- » pondre; car bien que ces questions-là, qui ne sont pas nécessaires, et qui ne » sont agitées pour l'ordinaire que par des personnes qui ont trop de loisir, » servent à exercer l'esprit, il est plus à propos de les tenir secrètes que de les » publier légèrement devant le peuple. Combien y a-t-il peu de personnes qui » soient capables de pénétrer une matière si relevée, et de l'expliquer avec des

T» [proies qui répondent à sa dignité 1 Quand il y aurait des personnes capables » de Tèxpliquer de la sorte,, à combien dé personnes du peuiple ht poarnJent- D Os faire entenctret Les pltis habiles peutietit-llsi etifrèr éaùs rêsiaiËieii 49 cet » Questions sans se tnettre en dlnigef de Mre âe gAUMles feutest* • wfm finit «r parler qtt\vec beaneoup de t«f emie, de pear qa^ si oe«K q«è en partent ne w les explkiiiaienl ^Umpacfaifaaient, oosî cstix qui les écoiUent leà compcetf fiaient trop grossièroment» le paufle ua tûsubÂt au dans le bUftpkème, ou «•dansle sdusiBe*

n Que ceux qui ont interrogé tes autres indiscrètement, et que ceux qui vteur ont répondu mal à propos, se pardonnent mutuellement. ne s'agît » entre vous d'aucun commandement de la Loi, ni d'aucun dogme qui regarde » le culte dû à Dieu. Vous êtes sur tout cela dans le métnè sentiment, et tous » pouvez aisément vous réunir dans la même communion.

» La bienséance ni la raison ne permettent pas que tous gouvemiei te peuple )» de Dieu, pendant qoe tous contester ensemble avee aigreur sur ud sujet très >T léger. Je me serrirai d*un exemple pour averCkf des personne? avasi édairées i> qne tous de teur devoir. Tous gaTes que, \Aea que tes Philosophes de la n même secte couTiennent dans les mêmes principes, ils ne s'accordent pas » toujours dans les suites et les dépendances de teur doctrine. Ils ne laissent y» pafi pour cela d'être en bonne intelligence. N'est-il pas juste que tous, qui D aTCz l'honneur d'être les ministres de Dieu, tous tous accordiez ensemble?... » Je ne dis pas cela pour tous obliger à être tous de même sentiment touchant » l'opinion impertinente, ou enfin l'opinion, quelle qu'elle soit, qui vous diTlse. » Vous pouTez conserver la communion et la paix, bien que tous ne soyez pas » d'accord sur quelques points de peu d'importance. N'ayez tous que la même » pensée et la même foi touchant Punité de IMeu et l'étendue de sa ProTidemse. D Si , en disputant aTec peut-être trop de subtilité sur ces questions vaiues et y> inutiles, vous ne tou^ accorder pas les «ns avec les autres, que chacun re« » tienne son sentiment dans le secret de sod cœur... »

L'Empereur ISnit sa lettre par des prières qui montrent combien cette affaire lui paraissait avoir de gravité, quoiqu'elle eût suivant lui une bien futUe origine : a Délivrez-moi , dit-il à Arius et à Alexandre, B de mes soins et de mes inquiétudes ; rendez-moi la beauté du jour D et le repos de la nuit. Sans cela je ne pourrais m' empêcher de fondre ]> en larmes et de passer le reste de ma vie dans la douleur. J'avais » ïésolu d'aUer en Orient : ouvrez-moi par votre réconciliation le che- » min que vous m'avez fermé par tos querelles (1). » » Cette lettre de Constantin est curieuse à bien des égards. Elle prouve l'état d'imperteclioaoïi se trouvait alors le dogme Chrétien, et la nécessité qu'il y avait à ce que ce dogme se formulât d'une manière précise, nécessité que Consiantin, tout occupé de son œuvre, ne sent en aucune façon. Pour loi cette question du dogme n'est qu'une question impertinentOy qu'il y a danger à soulever devaot le peuple. C'est bien

(f) Easëbe, ViêdêComttmim, Uv. D.

id8 DE LA DOCTRINE DE LÀ PERFECTIBILITÉ.

là la politique de rhomme du pouvoir qui s'attache à Timmobilité do présent et ne comprend pas les nécessités de l'avenir; de rhomme d'action qui» poussé par les idées, ne comprend pas les idées. Au reste, Constantin porta dans la suite des événements la même inintelligence qui se révèle avec tant de bonne foi dans cette lettre. Après s'être montré furieux contre Arius, l'avoir persécuté, banni , après avoir fait brûler ses ouvrages, et avoir écrit contre lui des injures dans le style dont nous avons cité un échantillon, il revint, sans trop savoir pourquoi , à d'autres sentiments, se fit Arien, et prêta aux Ariens sa puissance contre les Catholiques.

Il nous reste à raconter, en peu de mots, ce qui se passa jusqu'à la mort d'Anus. .

La lettre de Constantin , ni l'envoi d'Osius à Alexandrie, ne purent rien terminer. U fallut songer à d'autres moyens plus puissants, et ce fut alors que l'Empereur résolut d'en appeler à une assemblée générale de l'Église. La ville de Nicée en Bithynie fut choisie pour le lieu de ce Concile solennel, qui, à raison de son titre de premier CBcuménique, et à cause de l'importance de la secte à laquelle il fut opposé, est demeuré si célèbre dans les fastes de l'Église.

Trois c^nt dix-huit évêques, à ce que l'on croit, assistèrent à ce Concile. Chacun d'eux s'y était fait accompagner des plus habiles de son clergé. Alexandre y amena Athanase, l'un de ses diacres, et depuis son successeur, qui , s'étant signalé dans cette circonstance par le zèle qu'il déploya contre les Ariens, devint, de ce moment, l'objet principal de leur inimitié. Celte assemblée commença ses travaux le 19 juin de Tannée 325. L'attitude hostile qu'elle prit dès l'abord à l'égard des Ariens en intimida un grand nombre, qui gardèrent le silence. Arius pourtant , et quelques-uns de ses partisans les plus zélés, entre autres Eusèbe de Nicomédie, soutinrent avec fermeté les propositions qu'ils avaient avancées. Après de longs débats, la doctrine d' Arius fut condamnée par plus de trois cents évêques, qui frappèrent d'anathème tous ceux qui désormais en feraient profession.

Dans le cours de la discussion , Eusèbe avait démontré que si l'on admettait que le Verbe fût incréé, il fallait reconnaître aussi qu'il était de la même substance que Dieu , c'est-à-dire consubstantiel à son Père (en grec Aomott<to5]. U présentait cela comme une objection, parce que* le concile d'Antiocbe, en condamnant Paul de Samosathe, avait cependant refusé de se servir de ce terme. II arriva que ce terme fut au contraire adopté d'un commun accord par les Pères du Concile, qui en firent l'expression sacramentelle de la nouvelle formule de foi qu'ils dressèrent alors. Cette formule, si connue depuis sous le nom de iymbole de Nicée, porta donc que Jésus-Christ est né du Père avant tous Us siècles, qu'il est Dieu de Dieu, lumière dé lumière, engendré et non fait.

DE LA DOCTRINE DE LA PERFECTIBILITÉ. i9»

consubêiantiel à son Pire, etc. Ce fut cette expression fameuse de consubstantiel qui dans la suite exprima constamment la foi des Catholiques touchant la divinité de Jésus-Chrisl.

La sentence du Concile fut rendue en présence de Constantin , qui la reçut avec joie et soumission. Il déclara qu'il la ferait respecter, et menaça de l'exil tous ceux qui refuseraient d'y souscrire. Arius, ayant refusé, fut exilé en Illyrie; dix-sept éyêques firent d'abord le même refus, ensuite ils se réduisirent à cinq, et enfin à deux, qui furent aussi exilés. £usèbe de Nicomédie fut un de ces derniers. Quelquesuns de ceux qui se soumirent substituèrent, dans leur acceptation, {e mot hamoiousios, de substance semblable, au mot homùmios, de même substance, que le Concile avait décrété. Cette distinction de deux termes en apparence si rapprochés devint également célèbre dans la suite, et l'Église se trouva divisée en Homousiens et en Homoiousiens, c'est-àdire en partisans de la consubstantialité, et en partisans de l'opinion qui ne faisait de Jésus-Christ qu'un dieu par participation.

Les écrits d'Arius , entre autres des cantiques qu'il avait composés sous le nom de Thalie , avaient été condamnés par le Concile ; Constantin ordonna que tous ses ouvrages fussent brûlés, et porta, dit-on, la peine de mort contre quiconque serait convaincu d'en conserver un seul.

Mais ce zèle de Constantin pour les décisions des Pères de Nicée ne se maintint pas longtemps à ce haut degré de ferveur. Il rappela bientôt Eusèbe et Arius lui-même.

Arius retourna à Alexandrie; mais comme sa présence y causait du trouble, l'empereur le fit venir à Constantinople, où peu de temps après il mourut d'une manière tragique et imprévue, dans le moment même où l'évêque de cette ville allait être forcé par les ordres de l'Empereur de le recevoir à sa communion. Les passions violentes qui alors dominaient les esprits ne leur permettaient pas d'attribuer à des causes ordinaires un événement qui les intéressait si vivement: aussi, pendant que les Catholiques criaient au miracle , les Ariens criaient au meurtre.

Constantin mourut lui-même un an après Arius, et il mourut Arien. Cette conversion de Constantin à l'Arianisme fut-elle l'eflèt d'un changement sincère d'opinion? Nous montrerons tout à l'heure qu'on pourrait la considérer comme l'effet de la poHtique et de la force des choses; car à peine les Ariens avaient-ils été condamnés, qu'ils se trouvèrent former un parti considérable , qui domina Constantin. Us avaient été persécutés, à leur tour ils devinrent agresseurs : ce fut une nouvelle phase, dont S. Athanase, par son courage et son héro!'que persévérance dans la foi Catholique, fut le héros.

«M DE LA DOCTRINE DE LA PERFËCTIBrLITÉ.

GHAPITll XI.

Mte 4e U eonirovwse sir TAilailiMt. -* Alhtiiue.

Athaaase né fut pas seolement un des Pères dn Christianisme, il fut |MMir ainsi dire le fondateur du Catholicisme, et le précurseur de la Papauté et de l'Église Romaine.

La première circonstance où Thistoire tasse mention d'Athanase (I)

(1) 8. AUiMaie niqoft à Alextodiri^, oa à^n$ les environs de cette tille, dans les Sarnièraft aimées du tffoisièiDe itècle de Tèra otarôtienoe. Les BénédietSns de Stffnt- Mittr rapportent sa naissance à TannAe SM. On ne sait presqpie rîende loi afant l*épaque du concile de Nioée. Un auteur Grec, qui a écrit sa yie,dit qu'il était né de parents fliustres et de grande piété; mais il nModique pas leurs noms, et ne elle aucun garant de ce qu*il avance. Hoffin, qui écritait cent ans après la mort d*Athanase, raconte sur son enfanea une anecdote quil dit avoir apprise par tradition, mais qui passe généralement ponr un conte très iovraisemblabio. SniTant lui» S. Alexandre, arche?êq«e d* Alexandrie, éunt nu Jour seul dans sa chambre, et jetant les yeux do cAté de la mer, vit de loin quelques enfiints qui jouaient sur le rivage. Leur jeu lui parut d^abord fort innocent; mais quand 1! s'aperçut quMIs représentaient tout ce qu'il y a de plus secret et de plus saint dans les mystères du Gbristianisme, il en fut troublé, et appela fnelqaes-ans des membres de son clergé poir leur montrer ce que ftlMient ces enftnts. 11 ordonna en même temps qn'on les fit venir tons devant lui, et leur demanda, d'un ton sévère, quel était ce jeu auquel ils se divertissaient. Us répondirent avec embarras qu'Athanase éuit le chef de la troupe, qu'il avait fait le personnage de révêque, et qu*en cette qualité il avait baptisé plusieurs d'entre eux qui jusque-là n'avaient pas encore reçu le baptême. S. Alexandre s'informa eiactement de ce que leur avait dit oet éfèque eaftut» de oe qu'il avait ftit dans ce jeu, des réponses qu'ils lut avaient adressées, et de Tinstruction qu'ils avaient reçue de lui. Il se trouva que tout ce qjal se pratique dans l'administration du bapUème avait été exactement observé. S. Alexandre, ayant pris l'avis des prêtres qui étaient auprès de lui, approuva ce baptême, défendit de rebaptiser ces enfants qui venaient de recevoir la gr&ce de Dieu dans une grande simplicité, et se contenta d'achever en eux les autres mystères qui ne se don^ Mol que par des personnes consacrées. Quant à Atbanase et à ceux qui avaient frit avec lui en cette occasion Toflice de prêtres et la fonction de diacres, il engagea leurs parents à les regarder comme destinés à s'acquitter un jour réellement de ces fonctions, et voulut qu'on It» fit élever pour le ministère de VËglise. Quelque temps après, il fit venir S. Atbanase pour demeurer dans sa maison, et loi servir de secrétaire.

L'apprsbalion donnée par S. Alexandre au baptême de ces euÊints a paru si extiuordinaire à la plupart des historiens modernes de l'ÉglisOi qu'ils ont presque tous révoqué en doute la vérité de cette histoire. Quant à l'éducation que reçut Athanase, nous savons positivement par Grégoire de Nazianze ( Orat. XXl ) , qu'il ne s'occupa des Sciences et de la littérature payonnes que pendant fort peu de temps, et seulement, dit Grégoire^ pnur ne point paraître entièrement ignorant de cas oonnsissanoes qttitaivaft résolu de mépriser. 11 s'appliqua, au eontraive» à une sérieuse et profonde mêdilation de l'Ancien et Nouveau Testament, dont il savait tous les livres, dit Grégoire de Nazianze, avec plus de perfection que les autres n'en savent un seul en particulier. Cependant les ouvrages d'Athanase prouvent qu'il avait une certaine connaissance des

DE LA DOCTRINE DE LA PERFECTIBILITÉ. iOi

est le synode d'Aleindrô) tenu eontre Anus et 8ê8 partisans en 390. Athaittse y est Hantné le qualriàme par»! les diacres de l'Église dTAlcsandrie. Il paratt^ au reste,, que dès le début de la lutte cotre S. Alexandrc^ei Arias svr 1a natuce du Verbe, Athanase fut le conseiller et le |wde de son évèque. Eusèbé de Nicomédie, et d'antres Ariens, ayant prié Alexandre de recevoir Arias à sa oommunian, et celtunû s'y étant refusé, les Ariens, dit Sozomè&e, s'informèrent curieusement des personnes qui aTsient de Finflueace sur luii et ils apprirent que son diacre Atbanaee était conttntteUeiiient avec lui , et qu'il en était sin* gttlièrement estimé.

Mais c'est an Concile de Nicée, en 335^ qu' Athanase parait pour la première feis avec éclat comme le soutien de la cause dont il devait ensoBe être le détenseur le plus glorieux, et quelquefois même l'uniqne défenseur, pendant un demi-nècle. Les historiens ecclésiastiques, en parlant des étéques qui assistèrent à ce concile, remarquent qu'Alexandre s'y présenta aocompagné d'Athanase, son diacru» ou, comme Tbéodoret le nomme en cette occasion, son archidiacre. Athanase avait alors environ trente ans.

On a fort peu de détails sur ce qui se passa dans ce célèbre concile ; mais on sait positivement qu' Athanase y fut d'un puissant secours pour l'évâque Alexandre, et y joua un assez grand rôle. Avant même l'ouverture du concile, il se fit remarquer dans les discussions animées qoi ne pouvaient manquer de s'établir entre tous ces évéques atsem* blés de tant de pays, et qui allaient décider du fondement même de leur religion, a Ces conlërences préliminaires, dit Sozoroène, donnèrent occasion à plusieurs des évèques et des clercs qui les avaient suivis V de montrer combien ils étaient forts dans la dialectique et exercés à la dispute; et ib commencèrent à être connus de l'empereur et de sa D cour, entre autres le diacre Athanase d'Alexandrie. » Dans la disonssico qui s'engagea au sein du concile, après qu' Arius eut exposé sa doctrine, Athanase eut une grande part à l'adoption du fameux terme de canmAitaniiet, en grec Aoinotmos, qui devint^ dès cet instant, la marque de séparation entre ses partisans et ceux d'Arius. Mais nous

poêles el des bisloriens de raïUiquité ; dans une des oraisous qu*il a composées contre les Ariens {Orat, Y), il cile quelques vers de TOdyssée d*Hoiuère.

Ou lit dans la Blograpttie Universelle, et dans plusieurs autres Dictionnaires Historiques, que, pendant sa premièra Jauiieise, Attaaaase, atUré par la graade répatatioa d« S. Aniolae, aHa mentr qaelque temps U Tie ascétique auprès de ce célèbre aaacharèla, d'où U revint recevoir le diaconat k Alexandrie. Mais c'est une asserUon qui ne nous parait fondée sur aucune autorité. Athanase, comme nous le verrons, eut occasion de connaître S. Antoine, qui vint à Alexandrie, et qui lui prêta son apptti cMit^e rArianfsttS; mais rien no protttv qaé, dans sa jeiiMsse, AtttaMM wsoltretfré au désert auprès as 8, Aataioe.

D^avons encore là-dessus, ni dans ses OQYrages ni dans les écrits des contemporains, ancun rraseignement précis et détaillé; seulement plusieurs écrivains, Ruffin, Socrate, Théodoret, nous apprennent en termes généraux «qu'il découvrit avec une vigHance merveîlleiise toutes les ruses des hérétiques^ qu*H résista généreusement à ceux qui soutenaient Arins; quil entreprit de grands oomlxats pour maintenir les dogmes apostoliques, et qu'il fit paraître un ardent amour pour la foi, au-dessus même de son âge , ce qui lui attira les louanges et les bénédiclions de tous les défenseurs de la vérité. » Grégoire de Nazianxe se contente de dire, au sujet de ce concile, a qu'Athanase y apporta tous les remèdes qu'il put pour étouffer le mal de l'Arianisme. »

Quoi qu'il en soit, il est certain que dès cette époque les Ariens n'eurent plus qu'on seul adversaire redoutable, et ce fut Athanase. Toute cette grande troupe d'évéques, qui les condamnèrent au concile de Nicée, montrèrent bientôt, en changeant pour la plupart d'opinion, et en souscrivant à tous les symboles qu'on voulut leur imposer, qu'ils n'avaient guère compris la protonde question théologique qui leur avait été proposée. Athanase seul soutint par ses écrits ce dogme de Nicée, qui avait pour ainsi dire été emporté par surprise; il fut presque pendant cinquante ans le seul Père Catholique de l'Église. Tandis que les Ariens avaient de leur c6té les évéques les plus savants et les plus diserts, Athanase était le seul théologien de son parti : aussi, du moment où il fut élevé sur le siège d'Alexandrie, sa vie n'offre plus qu'une suite de combats sans cesse renaissants.

Il devint évéque de cette ville presque immédiatement à la suite de ce concile. S. Alexandre, en effet, mourut cinq mois après son retour en Egypte , et le désigna, dit-on, pour son successeur. On rapporte qu'Athanase, prévoyant ce qui arriverait, s'était absenté, mais que le peuple se déclara hautement pour lui. Les^vèques delà province s*étant réunis dans une église, la multitude ne sortit point de cette église pendant plusieurs jours, et ne voulut point permettre que les évéques en sortissent avant d'avoir élu Athanase. Il fut donc ordonné évéque en 336 ', et il tint pendant quarante-six ans entiers ce siège, le plus important alors de tout l'empire.

Hais cette élection fut à l'instant même attaquée, ou du moins elle excita contre lui un parti assez puissant, qui s'était formé en Egypte depuis une vingtaine d'années; c'était le parti des évéques et des prêtres Méléciens. Hélèce, évéque de Lycopolis, avait été déposé dans un synode par Pierre, évéque d'Alexandrie et prédécesseur de S. Alexandre, vers l'an 306, pour avoir sacrifié aux idoles pendant la persécution de Diodétien. Cet évéque, obstiné à conserver son siège, trouva des adhérents, et forma un schisme qui dura pendant près décent cinquante ans* Le concile de Nicée avait invité les Méléciens à rentrer dans la commu-

nion de TÉglide, et avait consenti à les y recevoir, en leur laissant même leurs rangs et leurs titres. Plusieurs, et Mélèce lui-même, donnèrent des marques de soumission à S. Alexandre, alors patriarche d'Alexandrie : mais il parait que cette réconciliation ne fut pas sincère de leur part; on prétend que Mélèce retourna bientôt à ses habitudes d'indépendance, et mourut dans son schisme. Lorsque S. Athanase fut placé sur le siège d'Alexandrie, les Méléciens, jusque alors ennemis des Ariens, se joignirent à eux pour repousser son autorité.

On le Toit, tout était alors dans l'Église sujet à conlroverse et à discussion. Ce commencement du quatrième siècle est le point de formation de tout le sysième Catholique, soit comme dogme, soit comme hiérarchie. Athanase eut, à ce double titre, des adversaires acharnés, et qui ne lui laissèrent pas un instant de repos.

Nous n'entrerons dans aucun détail sur toutes les accusations qui furent portés contre lui dans les conciles de Tyr et de Jérusalem. Il faut lire le tableau de ces conciles dans les récits circonstanciés que les écrivains de l'Église, tels.que Fteury etTillemont, en ont faits. Ces récits portent évidemment l'empreinte des sources où ils ont été puisés : tout y est à l'avantage d' Athanase, et l'on ne voit pas même les raisons dont ses adversaires pouvaient revêtir à leurs propres yeux leur injustice et leur scélératesse. S'ils étaient complètement vrais, et si rien d'imporiant n'y était omis, rien n'expliquerait la perfidie, la fureur, la mauvaise foi ou l'aveuglement de la majorité des évêques de cette époque. Ilfaudraitenconclurequ'àrexceptiond'Athanase, tous les chefe de l'Église étaient alors des scélérats ou d'absurdes imbéciles. On les voit continuellement calomnier à l'oreille de l'empereur, ourdir contre Athanase des trames infernales, l'accuser de faits qu'ils savent faux, altérer des pièces judiciaires, faire des enquêtes frauduleuses pour donner appui à leurs accusations; et lorsque, malgré tout cela, Athanase sort victorieux de tous leurs pièges, lorsqu'il a retrouvé cet Arsène qu'on l'avait accusé d'avoir tué, lorsque la femme qu'cm l'accusait d'avoir violée a pris pour lui un de ses prêtres, lorsqu'il a montré que ce même Arsène, dont il avait, disaii-on, coupé un bras pour faire des o[)érations magiques, a encore ses deux bras, lorsqu'enfin il a démontré qu'une église Hélécienne qu'on l'accusait d'avoir tait démolir n'avait jamais été bâtie, on ne les voit pas moins tous se précipiter avec fureur contre lui, et ce n'est qu'à grand'peine que le commissaire impérial parvient à le faire échapper. Si les conciles de Tyr et de Jérusalem furent en eflèt souillés, sans aucun motif au moins plausible, par de telles fureurs; si ces conciles, où se retrouvèrent en majorité les mêmes évêques qui avaiiênt assisté à celui de Nicée, furent en eflét, comme les appellent les historiens de l'Église, de vrais brigandage$.

quel fond pouvong^Doua faire sur ce concile do Nicée lui-mAme, tenu SBulemeat à dix ans de distance de ceux de Tyr et de Jérusalem?

Pour dire avec impartialité ce que nous aperce voue au milieu de toiia ces récits, il se forma alors deux grands partis : run^ celui des Ariens et des Mélécieiis, plus rapproché, à ce qu'il nous semble, de rancienne société payeime, moins intoléraiit, plus poliUqw, plus sociable « plus humaifl ; l'autre, celui d'Atbanase, plus Dovateur et plus tranché de Tancienne société, soit comme dogme, soit comme hiérarchie* Les premiers ne repoussaient absolument ni 4a.philosophie, ni rempirei ni la ciYÎlisation ; les seconds allaient à détruire la société et Tempire^ Ceuxci avaient un mépris souverain pour cette civilisation aulique) que les autres auraient voulu simplement transformer. Les premiers admettaient volontiers la vie civile, le mariage, la famille; les autres n'avaient d'estime que pour la vie ascétique. Les uns ne voulaient pas changer l'ordre établi dans la prepriété et dans l'héritage; les seconds, au ooatraire, tournaient à la vie en commun, à la vie monastique; ils rassemblaient de tous côtés des vierges, à l'instar de ces troupeaux de moines qui pullulaient déjà dans le désert. Ce second parti est le parti de S. Antoine et d'Athanase, le parti qu'on pourrait appeler Egyptien. Devant, l'enthousiasme religieux de S. Antoine, ce conquérant du désert, qui contribua si puissamment à la destruction de l'empire Romain, en basant, pour ainn dire, fondre en moines des provincesentières, qu'était* ce que l'empereur et les ordres de l'empereur? L'extatique S. Antoine ne pouvait évidemment reconnaître d'autre empereur que Dieu. Devant le dogme catholique d'Athanase, ce dogme où Jésus-Christ n'était ni un homme, ni même un type plus parfait envoyé par Dieu aux hommes; mais un Dieu toujours vivant, une personne éterneUe de Dieu, qu'était-ce de même que l'empereur, et quel cas pouvaitron faire des ordres de l'empereur? Évidemment de ce dogme devait sortir le pouvoir absolu de l'Église. Jésus devenait le seul Seigneur auquel on pût raisonnablement obéir, lui ou son Église visible, son Église procédant de lui et ne reconnaissant que lui au-dessus d'elle. Évidenunent Atha-^ nase commençait en Orirat ce qu'on a vu se développer plus tard en Occident, la Papauté. Nous n'hésiterions même pas à dire que l'Egypte, pour ainsi dire, était déjà une Papauté, une monarchie de moines. La papauté n'a même jamais été plus complète ; car elle avait alora deux hommes comme eUe a eu peine à en trouver depuis : S. Antenne dans le dédert^ et S. Athanase dans la ville.

Aussi Constantin» qui avait d'abord été si opposé à Arius, revintril bientAI à d'autres sentimens, quand il comprit la différence de ces deux théologies. Dans les dernières années de sa vie, il fut Arien, et ceehangemeni se fit renuirquer peci de temps après le aoncile de Nicée. Les

écrimos de l'Église ootâonoé de son hérésie les raisens les plus fa-* tiles; ils ont pépélé de siècle en siède qu'il s'était laissé tromper, eevmne un itnbéeile, par un prêtre Arien qui lui avait été adressé par sa ^sœur Gonstantia. Il est "bien étident que s'il donna sa confiance à Busèbe de niooinédie, à Eusèbe de Gésarée, aux Eusébiens, en général, et aux Ariens, c'est que ceux-ci lui paraissaient infiniment moins ré- TOlutionnaires que S. Athanase et S. Antoine.

Ce qui rend si difficile l'interprétation de l'histoire, c'est que les acteurs et les narrateurs de ces temps éloignés semblent avoir à peine conscience des idées générales et des raisons profondes qui président à la marche des événements. Tout entiers au sentiment et à la passion, le fond des choses leur éciiappe, uniquement occupés qu'ils sont de rapparénce des choses. Ainsi, dans les trois premiers siècles de l'ère Chrétienne, H est infiniment difficile d'apercevoir dans les monnmettls historiques les vrais motifs de la persécution contre les Chrétiens ; et de même, dans la lutte de FArianisme contre le Catholicisme, dans les poursuites obstinées de Constantin et de son successeur Constance contre Athanase, ce ne sont jamais les conséquences de deux doctrines di'* verses, ni les raisons politiques et sociales qui se montrent eu première ligne 3 au contraire, la question politique, de même que la que^ion générale de philosophie et de civilisation, est à peine indiquée, tandis que les deux partis semblent s'acharner l'un contre l'autre par de purs motifs de haine ou d'attachement pour un hemme. Pendant ces quarante ans de combats, ce que l'on agite aux conciles de Tyr, de Jéru<salem et d'Anfioche, de Rome, de Milan, de Sardique, d'Arles, d'Alexandrie, ce n^est pas de savoir quelles étranges conséquences peut entraîner la doctrine d* Athanase, ce n'est pas de décider qu'elle sera la forme du gouvernement du monde, et ce que deviendra l'État et la société } c'est uniquement de savoir s'il est vrai qu' Athanase ait tué Arsène, ait coupé une main à Arsène, ait fait détruire la petite église desservie par un prêtre nommé Ischyras dans la Maréote ; de savoir, en un mot, s'il est ou non sacrilège. 11 semble que tous les acteurs de ce grand drame, empereurs et évêques, tous jusqu'à Athanase lui-même, qui nous a laissé sur ces événements de sa vie tant d'ouvrages, nous aient caché soigneusement le mot et le secret de toutes ces qnereRes où ils se renvoyaient mutuellement les titres de blasphémateurs et de scélérats, ou qu'ils aient ignoré eux-mêmes le sens profond de leurs combats. C'est qu'en effet les hommes, à toutes les époques, n'ont qu'une faible aperception des conséquences de leurs idées et de leurs actions; mais cela est encore bien plus vrai de l'antiquité que des temps modernes.

Cependant, à travers le voile qui couvre toute cette importante période de rétablissement du Christianisme, on suit encore assez bien

la lutte da l'Einpire contre le Sacerdoce qui deYiendra plus tard la Papauté ; la lotte de tout ce qui reste attaché au Paganisoie et à la ci^ilisation contre le Moaachisine qui va touteuvahir; la lutte de ceux qui conçoivent un accord du Christianisme avec, les opinions philosophiques contre ceux qui aspirent à une religion inconciliable avec la philosophie. Athanase devant les empereurs n'est pas seulement an théologien, c*est un rebelle ; devant les Ariens, c'est un moine qui va à changer la société pour le Monachisme; à Gonstantinople , c'est Tennemi de TEmpire, c'est le représentant et presque le monarque de cette Egypte qui semble aspirer à se séparer dq l'Empire.

Quand Athanase se fut sauvé de Tyr, en 334, et qu'il fut venu à Conslantinople, on le voit accusé devant l'empereur d'avoir menacé de détourner l'envoi des blés d'Egypte, qui servaient à alimenter Fempire, et en particulier la ville nouvelle. Constantin entre en fureur contre lui, et l'envoie en exil à Trêves, croyant lui faire grftce en lui épargnant la vie.

Ce premier exil ne cessa que par la mort de Constantin, arrivée au bout d'un an et quelques mois. Constance» sans doute par des raisons politiques, puisqu'il était d'ailleurs complètement livré aux Ariens, rappela Athanase de l'exil. L'entrée d' Athanase à Alexandrie ressembla à une pompe triomphale; mais ce retour même fut la source de nouvelles accusations. On lui reprocha d'être revenu en Egypte comme un roi et comme un tyran, d'avoir exercé des violences contre ceux qui n'étaient pas de son parti, d'avoir causé du tumulte et des séditions, d'avoir pillé les églises d'Alexandrie (sans doute les églises que les Méléciens y occupaient encore], d'avoir détourné le fond des aumônes que l'empereur Constantin avait accordées pour la subsistance des veuves et des ecclésiastiques en Libye et en quelques endroits de l'Egypte. On l'accusait même de meurtres qui avaient été commis (mr des officiers préposés à la police du pays, et qui avaient eu lieu, disait- on, à cause de lui, et dans l'intérêt de sa puissance. Quatre-vingt-dix évêques, présidés par Eusèbe de Nicomédie, dans la ville d'Antioche, le condamnèrent sur ces accusations. Athanase leur opposa le jugement de cent évêques, presque tous Egyptiens, qui se réunirent à Alexandrie, et le déclarèrent innocent. Cependant les Pères d' Antioche avaient fait choix, à sa place, d'un aubre évêque, nommé Grégoire. Grégoire, soutenu par la population Payenne^ par les Juifs d'Alexandrie, et par les troupes de l'empereur, prit violemment possession de son siège, en 341 . On voit, dans les récits que les historiens nous ont laissés à ce siyet, combien le peuple d'Alexandrie était alors divisé en factions ennemies; on y voit aussi la haine des Payens, des Juifs, et de la jeunesse en général, contre la vie monastique encouragée par Athanase. Les jeunes gens se jettent par troupes avec des cpées et des bfttons sur les Catholiques; et c'est

contre les vierges et les femmes qui gardaient la continence qu'ils se déchaînent surtout avec fureur. S. Atbanase s'était retiré dans une église; mais se voyant découvert, et craignant que Ton ne commit dans cette église les mêmes excès que dans les autres, il se déroba à ses amis, et s'embarqua pour aller à Rome. Il fut reçu favorablement dans cette ville ; il y avait mené avec lui [dusieurs moines, et il commença à y faire connaître la vie monastique. Jusque-là cette profession était méprisée en Occident. Atbanase y répandit l'écrit qu'il avait déjà composé sur la vie de S. Antoine , quoique ce saint vécût encore , et on rapporte que dès cette époque plusieurs dames Romaines embrassèrent l'état monastique.

Atbanase demeura dix-huit mois à Rome. Les évéques d'Orient avaient écrit au pape Jules pbur l'inviter à ne pas recevoir Atbanase dans sa communion. Cependant cet évéque, non seulement l'admit à sa communion, mais dans un concile de cinquante évêques confirma la sentence favorable rendue en sa faveur par le concile d'Alexandrie, et ce jugement fut ensuite approuvé par plus de trois cents évêques rassemblés à Sardique.

Ici commence à se montrer avec évidence la séparation des Églises d'Orient et d'Occident; c'est l'Occident qui embrasse la cause d'Atba* naae. Atbanase, en se transportant à Rome, y a pour ainsi dire transporté avec lui le siège de ce Catholicisme et de cette Papauté dont il n'a eu lui que le germe, et qui doit se développer en Occident. Les évêques Orientaux, au nombre de soixante-treize, venus au concile de Sardique, s'indignent qu'on revise des* jugements rendus en Orient à plusieurs reprises et depuis tant d'années ; ils refusent de prendre part au concile en communion avec Atbanase, et tiennent une assemblée, connue sous le nom de faux concile de Sardique, où ils condamnent, avec Athanase, le pape Jules, et plusieurs autres évêques.

Cependant Grégoire, l'usurpateur du siège d'Alexandrie, étant mort, Constance se voit forcé de laisser Atbanase retourner en Egypte. Il ne pouvait s'y opposer sans mettre contre lui tout l'Occident, qui avait pris la cause d' Atbanase. Il cède donc, et le rappelle avec des marques de considération. Ce fut un nouveau triomphe pour Athanase, et une répétition des scènes de son premier retour. Hais presque aussitôt, Constance étant devenu maître de tout l'empire par la mort de son frère Constant, la scène change. Affranchi de la crainte qu'il avait eue d'avoir à lutter contre le clergé d'Egypte et d'Occident ayant à sa tête un empereur son frère, Constance paraît résolu à en finir de ce sacerdoce rebelle qui a embrassé le dogme d'Athanase, et qui tire de ce dogme l'idée de la supériorité du prêtre sur tout autre pouvoir. Il convoque et préside lui-même des conciles; et au troisième concile de Milan, il se lève avec fureur au milieu des évêques, se fait l'accusateur

d'Afhaiase, erdcme de le coodamoer ; mt coimne les éttèqpm fan re^ présentaieni qu'il ne s'agûtait pas d'uM aflkire tempoMtte : « Cm que 9 je v«ox, dît-il , doit paaser pour règle ; ks évèquee de Syrie trouves! 9 bon que je parle ainsi; obéisses donc, ou vwm serez eiUés. s Les érèqnes étonâés levèrent les mains au ciel, et lui roprésentèrent lurdiment que fmmipire ne Iwi afforUnmit pmê, mats à Diêu, de qui il Tavidl reçu, et qui pouvait l'en priver ; ib le menaçaient du jour du juge^ menty et lui conseillaient de ne pas corrompre la discipline de l'Église en y mêlant la puissance Romaine. Mais il n'écouta rien, et, sans les laisser parier davantage, il les menaça, il tira Tépée contre eux, et commanda d'en mener quelques-uns au supplice ; puis, changeant austitftt d'avis, il les condamna seulement au bannissement.

Cette scène de violence, cette lutte de Constance contra le concile de Mikn, cette épée tirée, celle menace de mort qui s'interrompt et ^effraye d'elle-mèrae, c'est la luUe de l'Empire et de la Papauté, qui com* mence là entre le fils de Constantin et Athanase, le représentant du dogme de Nicée, pour se continuer ensuite dans tout le moyen^ge.

Le gouverneur d'Alexandrie reçut l'ordre de chasser Attianase de son fitége. Alors eut Ueu une scène que les écrivains Catholiques ont souvent citée. Atttanase, entouré de fidèles, passait la nuit en prières, lorsque tout«à-<oup l'église où il se trouvait fut investie par cinq miUe soldats, qui mirent toute cette multitade en fuite, et tuèrent ykisieun personnes.

Aâhanase, proscrit pour la troieièrnefois, se réfugie dans les déserts de l'Egypte. Ses ennemis l'y poursuivent. Sa tète est mise i prix; les solitaires de cette contrée, auxquels on ne peut arracher le secret de sa retraite, sont inquiétés, et plusieurs reçoivent la mort. Athanase s'enfonce plus avant dans le désert, et ne conserve plus de communication avec les hommes que par un serviteur qui se dévoue, au péril de sa vie, k lui porter des alimens. C'est cependant au milieu de cette vie errante, c'est au fond de cette retraite inaccessible, qu'il composa un grand nombre d'écrits, destinés à raflérmir la fbi de son parti. Ce ne hit qu'après six ans d'absence, qu' Athanase quitta le désert, <4 reparut au milieu de son peuple. Constance était mort, et Julien régnait.

Athanase ne rentra pourtant pas dans Alexandrie aussitôt que Julien parvint à l'empire. Julien avait permis aux évéques condamnés de retourner dans leur pays, mais il ne les avait pas rétablis dam leurs sièges. Un nommé Georges avait été fait évoque d'Alexandrie par les Ariens. Son parti et celui des Athanasiens étaient en rivalMé. U arriva que Georges fut indignement massacré dans une sédition populaire : on accusa de sa mort les Athanasiens, qui en accusaient les Payons. Ce fut à la suite de ce meurtre de l'évêque Georges qu' Athanase re^t dans Alexandrie. Grégoire de Nazianze a décrit cette rentrée d' Athanase avec

DE LA DOCTRINE DE LA PERFECTIBILITÉ. ,m

toute la pompe du stjle. Une foule. innombrable de peuple était venue a,u-devant du patriarche à plus d'une journée de chemin. Toute VÉgypte semblait y être accourue; on montait sur les.éminences pour le Yoir, pour entendre sa Toix; on croyait être sanctifié quand on avait été touché de son ombre. Le peuple était séparé en plusieurs troupes, par sexe^ par âge, par profession, comme dans les entrées solennelles des empereurs. On répandit des parfums dans les rues; on alluma des flambeaux par toute la ville; on fit des réjouissances extraordinaires. La fête finit par des violences : les Catholiques rentrèrent dans toutes les églises, et en chassèrent les Ariens, qui furent réduits à s'assembler dans des maisons particulières.

Mais que fit Tempereur, que fit Julien l'Apostat, comme les Chrétiens l'ont nommé, quand il apprit ce qui se passait à Alexandrie? Julien, qui s'était pin à considérer toutes les querelles des Chrétiens comme le signe de l'abolition prochaine de cette religion d'un jour, ne put voir sans colère ce qu'il appelle l'insolence d'Athanase, qui reprenait son évêché sans attendre sa permission. Il écrivit à l'instant même une lettre aux Alexandrins pour qu'on le chassât de la ville. On lui fit des représentations,, et il répondit par une grande lettre qui nous a éte conservée, et qui est un curieux monument de cette époque. Il y exhorte les Alexandrins à quitter cette nouvelle superstition qu'on appelle le Christianisme, a II a marché lui-même, dit-il, dans » cette voie pendant vingt ans ; mais plus il s'est élevé vers la con- » naissance du Dieu invisible, plus il a vu qu'il serait absurde de quitter A ridolàtrie des éléments pour une autre idolâtrie, et (T adorer en Jésus le Verbe de Dieu, quand on n'adore plus le soleil ou la lune^ ces mî- 9 nistres visibles de la bienfaisance divine, d II finit par leur dire que s'ils ont un besoin insatiable de nouveauté, s'il leur faut à tout prix des maîtres de cette nouvelle doctrine, des chefs de cette pernicieuse école, ils peuvent prendre, pour leur expliquer les Écritures, quelque disciple d'Athanase, comme il y en a tant parmi eux; mais que pour Athanase lui-même, il ne souffrira jamais qu'un brouillon soit à la tête d'un grand peuple, a Et encore, ajoute-t-il, ce n'est pas seulement » un brouillon, m^is un méchant petit homme qui profite de ce qu'il B ne craint pas la mort pour mettre tout en désordre et commencer » toujours de nouvelles séditions, d En même temps il écrivait au gouverneur d'Egypte : «Chassez non seulement d'Alexandrie, mais de » tous les lieux d'Egypte, le scélérat Athanase ; il a osé, sous mon D règne, conférer te baptême à des femmes Grecques d'une naissance B illustre. »

Il faut avouer que si Julien poursuivait ainsi Athanase .comme un ennemi public, un ennemi des empereurs, Athanase dans ses écrits ne faisait, de son côté, aucune difficulté de traiter les empereurs comme

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des ennemi? de FÉglise et des eépèces de pestes pour rHamanité. Ainsi dans sa Lettre aux Solitaires, composée sous Gonstanee, il n'épargne en aucune façon cet empereur^ et fl n^bésHe pas à le traiter d'Anté- Christ.

Le patriarche se vit donc obligé de regagner la Thébaide pour mettre sa vie en sAreté. La mort dé Julien et l*^vénement de Jorien le ramenèrent à ses fonctions. Valants, soccesseur de Jovien , le força de nouvean à la retraite. Il lui fallut se dérober, par' ruse, aux empressements de son peuple^ qui voulait le retenir de force; et il aHa chercher nn asile parmi Tes morts^ dans le sépulcre de son père. Gepen^ dant Valons, craignant le mécontentement des Chrétiens d'Alexandlrie, lui permit, au bout de quatre mois, de rentrer dans son Église; et cette fois il n'en fut plus séparé jusqu'à sa mort, en 371. Des quarante^six années'de son épiscopat, il en avait pa^sé vingt dans différentB exils, et la plus grande partie des autres dans des combats continuels pour la défense de Topinion qu'il avait fait triompher à Nicée.

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