PARTIE II, CHAPITRE !I. Il
prix , n'est pas reçu sans cause et pour rien ; r*est !e prix de in convenance et de Fintérèt que tous avez d'acquérir cet héritage. La réponse est que, dans les contrats commutât UV , la valeur de ce que je pui&licitement recevoir ne se règle que sur la valeur de ce que je donne, et non pas sur la valeur de 1 intérêt qu'a l'autre ]>»riie d'acquérir ce que je lui donne , la nature de re contrat ttant que coacun reçoive le juste équivalent de ce qu'il donne. Maîsf dira-t-on , je vous fais plaisir en vous vendant cette chose i]uc vous aviez un grand intérêt d'avoir; je n'étais pas obligé de vous faire ce plaisir : j'aurais pu vendre la clto.se à un autre, qui m'en aurait comme vous donné le juste prix : ne m'esUil pas permis d^^ous vendre un plaisir que je n étais pa.s obligé de vous lairc? Non; car c'est une règle de justice que nous ne pouvons exiger, pour le plaisir que nous faisons à quelqu'un , que ce qu*il nous eu coûte pour le lui faire. Cette règle dérive du {précepte qui nous oblige d'aimer notre prurbain comme nnuA-mémts. (i'e.st en conséquence de cette règle, qu'il n'est permis dV^iger ancun intérêt lucratoirc pour la récompense du plaisir qu'on a fait à quelqu'un en lui prêtant de l'argcrt. Il ne .«uffit donc pas, pour que je puisse recevoir licitement quelque chose au-delà du juste prix de la chose que je vous vends, que vous avez eu int'^rét de 1 acquérir , même au-delà de soti juste pris : il faut que j'aie eu , de mon côté, intérêt de la retenir, comme dans le cas auquel j'abandonne l'affection et l'intérct qui me portaient à la retenir.
Saint 1 homas , 1 1 , 2 , ^. 77 , a. i , décide cette question conformément au principe que nous avons établi. Après avoir dit : Carias vcndere vel viliùs cmere rem quâm valeat , est secundàm se injustum et illicitum, il ajoute : Âlio modo possumus loqui de emptione venditione , secundàm quod per aecîdens cedit in utilita^ tem unius et detrimentum alterius ; putà , càm aliqitis multàm îhdiget rem kabere aliquam , et alius laditur , si ea careat : in tali catu justum pretium erin^ ut non so/ùm respiciatur ad rem quœ venditur, sea ad damnum quodvenditor ex venditione incurrit; et sic licite poterit aiiquid vendi pluris quâm ^naleat secundàm se , quamvis non ntendatur plus quam valeat habenti. Si vcrô aliquis multiun juvetur ex re alterius quam accepit , ille vero qui vendit non damnificetur carendo re lUà; non débet eam supervendere , quia utilitas quai ei accresrit non est ex vendente, sed ex conditione ementis; nullus autem potes t vendere aftcri quod non est suwn , licét possit ei vendere damnum quod patitur,
246. Lorsque j'avais dessein de garder la chose que vous m'avez proposé de vous vendre, je puis, à la vérité, recevoir licitement quelque chose au-delà de son juste prix ; mais il faut pour cela , 1 * que vous ajez connaissance du juste prix de cette chose, et que ce que vous me donnez de plus , vous le donniez .sciemmet l comme le prix de raSTeclion et de l'intérêt que j'avais de garder