‹ Œuvres de Pothier (volume 2)Chapitre 52 sur 324 · TOM£ II · texte numérisé non relu

TOM£ II

il4 TRAITK DU COKTKAT DR VRNTE.

cette chose I dont je veux bien me dé|Mirtir en votre faveur. Mais si vous n'aviez pas connaissance éa juste prix de la chose ; si toute la somme que vous donnez ne m*est donnée par vous que comme le juste prix de la chose en soi ; si vous n*avez d'autre intention que d*acauérir de moi la chose pour la somme que vous croyez Are son juste prix , et que vous n'ayez pas intention de racheter de moi l'affection et l'intérêt que j avais de retenir cette chose , en ce cas , je reçois injustement ce que je reçois au-delà du juste prix; car je ne puis être censé ^ en ce cas, le recevoir comme le prix de raJSection et de l'intérêt que j'avais de retenir la chose , puisque je ne puis pas recevoir de vous le prix de ce oue vous n'avez pas intention d'acheter. ^

^47* Il faut, a" que ce oue je reçois pour le prix de l'affection et de l'intérêt que f avais de retenir la cnose , ne soit pas immense et n'excède pas la somme à laquelle , dans ma conscience , j'estimerais moi-même cette affection et cet intérêt. Pour faire cette estimation , il faut que je descende dans moi-même , et que j'examine quelle est la somme dont je me serais contenté au-delà du juste prix , pour consentir à la vente de ma chose , si on n'eût voulu m'en donner que cette somme ; car en ce cas , selon mon propre jugement , cette somme est le véritable prix de l'affection et de l'intérêt que j'avais de retenir la chose , et , par conséquent, je ne puis licitement recevoir davantage pour le prix de cette affection et de cet intérêt.

Second cas.

Le second cas auquel il est permis de vendre au-delÀ du juste prix y c'est lorsqu'un marchaua , qui a la volonté de garder une certaine marchandise jusqu'à un certain temps auquel il a un juste sujet de croire qu'elle augmentera, consent, à la prière de quelqu'un qui en a besoin, oe la lui vendre. Il peut, en ce cas, sti- {luler licitement une somme au-delà du juste prix présent, qui soit e prix de l'intérêt qu'il a de la garder , et qu'il n'est pas obligé de sacrifier pour rien à cet acheteur. Mais il faut que cette somme n'excède pas Celle à laquelle peut être apprécié l'intérêt que ce marchana a de garder sa marchandise. C!et intérêt s'estime plus ou moins, selon le plus ou moins de degrés de vraisemblance du profit qu'il espère; mais il doit toujours s'apprécier beaucoup au-dessous du profit qu'il espère : l'espérance au profit qui n'est pas encore né, n'étant jamau entièrement certaine, ni par conséquent de même valeur que le profit qui serait déjà né.

f'^oyez ce cas dans la Tn, mor, de (Jrenoè/c, Tr. 3 , rA. 2 ; dans le Tr, de la Restiiuiion de la P lacet te , p. 542.

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