‹ Œuvres de Pothier (volume 4)Chapitre 21 sur 167 · DE M. POT HIER. XLV · texte numérisé non relu

DE M. POT HIER. XLV

sant tout le plaisir de la recherche et l'honneur de la solution. L'objection la moins solide, celle même qui annonçait ou le peu d'avancement, ou l'oubli de principe, était écoutée et répondue avec bonté.

Quinconque connaît les effets de l'émulation, sait de quoi les hommes sont capables, lorsqu'ils sont animés par ce puissant aiguillon, et peut apprécier la valeur des études que faisaient sous un tel maître les jeunes gens qui avaient de la bonne volonté-, et la manière intéressante dont il enseignait, était bien propre à en augmenter le nombre. Je l'ai dit plus haut, M. Pothier n'avait désiré de sa place que la satisfaction d'enseigner^ il ne s'en réserva que cet avantage, et en partagea les émoluments entre les pauvres et ses disciples. A l'examen public de droit français qui termine le cours des études, il substitua une dispute publique sur les matières qu'il avait enseignées pendant l'année. Les jeunes gens qui voulaient y entrer, s'y disposaient de longue main par des études sérieuses : nul n'aurait osé se présenter dans la lice , sans la confîancre, sinon de vaincre, du moins de se faire honneur. Le public, qui s'intéresse au succès des jeunes gens, aimait à être spectateur de ce combat dont l'Université était juge. Le prix du vainqueur était une médaille d'or, adjugée en public. Les autres contendants n'étaient pas sans récompense ; ils recevaient des médailles d'argent.

On peut croire que les athlètes ne se ménageaient pas : la dispute durait une séance pour chaque contendant, qui avait tous les autres pour adversaires, et les attaquait à son tour. La manière de proposer les questions, et celle d'y répondre, entraient également dans la balance du jugement. Chacun prévoyant que les traités enseignés dans l'année, étaient aussi familiers à ses adversaires qu'à lui, croyait devoir chercher ailleurs, et allait puiser des arguments, soit dans le corps de droit, soit dans les auteurs qui avaient rapport à la matière -, et le combat était si sérieux, que les juges étaient quelquefois obligés d'en réprimer l'ardeur, et d'intervenir, soit pour rappeler aux matières proposées dont on s'écartait, soit en présentant d'une manière plus claire la question que l'argumentatcur avait cherché à rendre embarrassante pour surprendre son adversaire.

M. Pothier ne se contenta pas d'encourager ses disciples par des prix. Rien de personnel n'entra jamais dans ses vues. Les étudiants des deux premières années devaient devenir les siens ; ils eurent également part à ses faveurs : et souvent dès la première année, l'amour de l'étude et le plaisir de l'entendre les conduisaient à ses leçons. L'examen sur les Inslilutes et la thèse de bachelier devinrent des concours toutes les fois qu'il se présenta des contendants : et le zèle de M. Pothier fut toujours parfaitement secondé par celui des autres professeurs.

Combien, depuis vingt-cinq ans, n'est-il pas sorti de cette école d'exccl-

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