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beaucoup de pei iOBJM I. Ul • cûl co< ore rctoui b l>» 1 1 1 1 1 — de les publia i .
l'.n 17 10, M. Potbier avail donné, < onjoinl la Janéi et M. .I « » 1 1 — *\ i ut ■ édition de U Cbtilueu SOrléûtu^ eu <l ux volumes, a \r< des nui, §, i.cii.- « f i î 1 1 < . 1 1 était épuisée, et le libraire geail a en donnai une autre '• il i adresi i à M Potbiei , poui le priei d > retouM lin. M. PoUnet s en i ta ■•••«■ plaisir. Mail au lieu d'un um-
ple travail de révision, il en exé< ula un tout différent, »-t bien au ment impoi tant et alile. a la tête or chaque titre de le coutume, il plaça un traité abrégé de la matière, c
plus utile que «K-s notée, qui n étant relative! qu à un art* bis-
sent point de liaiaoo dans l esprit, et ne fournissent que dea coau sances aussi décousue! que le texte même quelle! interprètent. Il a joint des notée sur les ai ticles qui ont besoin d c< lairi issement, ei renvoie continuellement de < es notes a l introdw bon «lu litre ; et d traductions* aux articles el aux notes i ce qui lie ensemble loutl'ouvi Forcé de se restreindre par le peu d'étendue, il a serré son rtj !<•.
qu'on a dans cet ou\ rage un excellent abrégé (Je ses trait» -. < )n > trous e
tout ce qui est essentiel à savoir, exposé as ec netteté el précision : et on
peut dire que quiconque posséderait bien ces deu\ \olumes, aurait une connaissance asï«ez étendue du droit couluinier [l).
Cet ouvrage, aussi important pour la coutume de Paris que pi ir la notre, parle grand rapport quelles ont ensemble, forme sur le droit COUtumierun corps complet de doctrine, d'autant plus précieux, qu'il sort de la main d'un jurisconsulte. Car il ne faut pas croire que le droit coutumier n'a aucun trait au droit romain, et qu il suflit de connaître les coutumes pour bien traiter les matières qu'elles embrassent.
Dans notre législation, presque toute positive et arbitraire, la raison n'entre pour rien quant à l'établissement des principes. Ils pourraient être contradictoires, et ils le sont en effet d'un canton à l'autre, et sont tout aussi Mais. Car le vrai arbitraire n'est qu'une vérité et un point de tait; il ne peut être une vérité subsistante par elle-même. II
(l) On vient de réimprimer cet ouvrage in-V. avec des augmentations.
DE M. POTHIRU. XT.Vît
se trouve sans doute beaucoup de ces vérités de fait ou de ces principes factices mêlés dans toutes les législations, et ayant beaucoup de détails qui ne peuvent être déterminés que par des lois positives. Malheureusement ils abondent tellement dans la nôtre, qu'on n'y trouve presque autre chose; et ces lois positives, qui cesseraient d'être arbitraires si elles avaient une raison puisée dans une nécessité ou utilité réelle, ne sont presque toujours que purement arbitraires. Mais le jurisconsulte, comme le magistrat, ne change pas les lois : il les enseigne ou les explique comme il les trouve établies-, et le jurisconsulte raisonne juste d'après ces principes arbitraires, lorsqu'il en tire des conséquences vraies, lorsqu'il démêle avec justesse les intérêts contraires qui s'élèvent sur leur interprétation, lorsqu'il y applique avec finesse et sagacité les règles supérieures de la vraie justice distribulive. Il est plus satisfait sans doute lorsqu'il s'exerce sur ces règles mêmes et sur les purs principes du droit, dont l'application particularisée sur la multiplicité des actions et des rapports que les hommes ont entre eux, a déjà une si grande étendue : mais puisqu'il a plu aux hommes d'ajouter à ces lois nécessaires, si simples en même temps et si fécondes, tant et tant de lois arbitraires, il devient indispensable de partir de ces lois données pour régler les intérêts divers, et les actions qui en naissent. Mais quelle différence, lorsque ces matières, quoiqu'étrangères par leurs principes au véritable droit, sont traitées par un homme qui, n'ayant étudié qu'elles, rampe et se traîne servilement dans le cercle étroit de cette législation d'institution humaine, ou par un jurisconsulte qui sait s'élever au-dessus de cette législation ; qui la respecte parce qu'elle existe, mais qui se sert de l'esprit de décision et des vues que lui fournit la science du droit, pour démêler, discuter et interpréter ces lois positives !
Tel a été supérieurement le talent de Dumoulin, qui a si bien su appliquer à l'intelligence du droit coutumier les notions et les lumières qu'il tirait des lois romaines -, tel a été celui de Loyseau, de notre commentateur Lalande, et d'un très petit nombre d'autres qu'on distingue dans la foule de tant d'auteurs et de commentateurs dont nous sommes surchargés.
Tel a été celui de M. Pothier ; et c'est ce qui donne un si grand mérite à ses travaux sur le droit coutumier : c'est ce qui doit nous faire regretter qu'il n'ait pas eu le loisir de publier lui-même tout ce qu'il avait composé sur ces matières. Mais il n'est guère de savant qui n'ait donné au public les mêmes regrets. Dans les sciences, et surtout dans celles qui exigent un grand fonds d'étude, la majeure partie de la vie est employée à acquérir les connaissances qui mettent en état d'enseigner et d'écrire, et le temps manque ensuite pour l'exécution do
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sur h* ilrciil < outuiniei , - il m- - .lui m» .'-.• dan^ un mit r*1 travail qui a eu 1rs suites 1rs plus lii-nrriisrs. Il entreprit .!.■ traiter en fi i matière la plua importante du droit, celle donl l usage est le plus sa ii c el le plus fréquent, et dont on ne pont puiser le-, pritn ipes que <! les Pandectes; la matière des oblipatioris «t (l<> < 'uiir.iN : et il •. i > Iremélé quelquea matières de droit français, \et iU, la commu-
nauté, le douaire.
11 publia en iTiil le 1 Obligations t en 2 rohn mine la
a de ceux qu'il devait àVmner ensuite. Cet ouvi raie phi - ;
succès, et l'on en a fait deux éditions. Il -■»* i .i toujours] - comme un livre classique H essentiel. Cesl celui que l'auteur i le plus vaille, el qui demandait le plus de profondeur «-t de m iem •■ «I»- droit. Il y a discuté avec autant de pénétration q clarté la divisibilit
l'indivisibilité des obligations; matière extrêmement >n 1* t i !» ■ . que Dumoulin a développée dans un ouvrage particulier fort profond, mais for! difficile à entendre. Cette matière avait besoin d'être traitée .^>-<cette précision et cette méthode qui manquaient a Dumoulin, chez lequel la profondeur semblait nuire ù la clarté.
Le Traité des Obligations annonçait un travail >ui\i sur les différents contrais. L'auteur a rempli cet engagement Chaque année i vu paraître un nouvel ouvrage ' . Quels » (aient ses projeta par la suite v C'est ce qu'on ignore. Il est probable qu'il aurait donné aea ouvrages sur le droit fiançais.
Ses traites sur les contrats ont cet aval - l'As renferment nonseulement la connaissance du droit (i\il, et l'application i iincipes aux actions qui se présentent dans les tribunaux, mais encore des décisions sûres pour la conscience. Les matières y soi t Irai dans le for intérieur et dans le for extérieur, el en apprenant aux hommes les actions qui naissent de leurs conventions, et les droits qu'Us peuvent poursuivre en jugement, il leur enseigne a être josti n'exiger rien au-delà de la justice, quand même ils pourraient l'obte-
(') T. ci-dessus, p. vin. la lisîe des ouvrages de Pothier, et l'époque de leurs publications.
DE M. POTHIFR. XLlX
nir ; à ne blesser jamais les droits d'autrui, quand même ils pourraient le faire avec succès } partie du droit bien précieuse, qui constitue l'essence de la morale, et qui a bien plus d'étendue et d'exactitude que les tribunaux ne peuvent en mettre dans leurs décisions.
Ce n'est qu'aux jurisconsultes qu'il appartient de tenir cette balance de la justice immuable, dont la justice humaine ne nous offre qu'une ombre imparfaite et une ressemblance en quelque sorte inanimée. Ce n'est qu'à eux qu'il appartient de monter sur un tribunal supérieur à ceux que l'autorité civile peut ériger, et d'y régler avec une précision rigoureuse les droits et les devoirs des hommes.
Cette partie de la morale est sans doute aussi du ressort des théologiens, et ils doivent en être instruits ; mais c'est des jurisconsultes qu'ils doivent l'apprendre. Qu'ils ne rougissent pas de consulter les lois romaines-, ils y trouveront, sur presque toutes les matières, des décisions pures, exactes, lumineuses, sans lesquelles on ne peut entreprendre de diriger les hommes, sans risquer, ou de les égarer par des décisions peu sûres, et de favoriser l'intérêt, qui n'est que trop adroit à faire illusion à la bonne foi, ou d'alarmer et de troubler les consciences par des avis trop rigoureux et mal fondés. Aussi M. Pothier n'aîmait-il pas que les théologiens ou casuistes entreprissent de traiter les matières de droit, et il a plusieurs fois réfuté les décisions de l'auteur (d'ailleurs très estimable) des Conférences de Paris. Ils doivent lui savoir gré do leur avoir appris à appliquer les principes de la justice aux espèces si variées que font naître les conventions : ils ne peuvent craindre de se tromper en suivant les décisions d'un homme si éclairé.
Le style de M. Pothier est simple, facile, et assez ordinairement négligé. Il tenait de son caractère, éloigné de toute prétention et de toute recherche. Mais en même temps il est de la plus grande clarté, sans qu'on puisse même se plaindre qu'il soit diffus } avantage que rien ne peut remplacer, et qui surpasse tous les autres dans les ouvrages qu'on ne lit que pour s'instruire.
Sa modestie lui faisait dire qu'il n'écrivait que pour ses écoliers. Quelques journalistes, plutôt faits pour juger des brochures frivoles, que pour apprécier des ouvrages de droit, se sont arrêtés à cette écorce-, et ne jugeant du mérite intrinsèque que par cette simplicité de style, ils n'ont pas craint de répéter ce jugement que la modestie de M. Pothier lui faisait porter. Mais la vérité obligera toujours les gens en état déjuger, de convenir que non-seulement ses traités sur les contrats, sont propres à former des jurisconsultes, mais même que les jurisconsultes les plus savants les liront avec fruit, qu'ils y trouveront la vraie science du droit, et que le Traité des Obligations est un chef-d'œuvre.
M. Pothier convenait lui-même qu'il écrivait sans recherche par TOM. H. d
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gueurs, le l ai (ail toutes les fois q il m en a ■ ' puitôl je me
suis oui eo devoii de le (aire. Mes remarques étaient pan fréqeenli peu importantes, malgré la liberté qu'il me donnait, je dirai même, malgré I envie de lui plaire par un travail qu il exigeait. J-- sentais que si j avais composé I ouvrage, j auiais r< 1 il .iiilicment en t^-neral, pan ••
que chacun s sa manière d écrire : mais lor>que je voulais »riin !•• ou présenter autrement les questions tais qu'il eAI fallu tout n -
manier, et en même tempe que mmi style était oaftuj de la «le.qu'on n'aurait guère pu le changei qu au prejudii «• de la 1 lai I ques personnes auxquelles il 1 donné la même snsifeiBieaîoBi , ont éprouvé la même ck
U en est de la science du droit, comme de celle de I cine;il
ne suffit pas d'en avoir acquis la théorie par l'étude, pour être en état d'en faire l'application : il faut v joindre Tn-a^e. M. Pothier possédait également cette partie ; et quoique la procédure il pirsente rien que d'ennuyeux pour un jurisconsulte, il avait <urmoiite ce dcjoùt. < 'n a de lui un manuscrit sur la Proculure civile, et un BUJ la /'/ itsrs &*•mi ne lie.
A tant de connaissances acquises, il 1 tit toute- les qualités
propres au magistral dans un degré excellent. Bêle pour la Mea «le la justice , assiduité , promptitude dan^ l'expédition , désintéressement , intégrité, fermeté, attachement a -1 compagnie. Quelle est la verra de son état qu'il n'ait pas poss ■■mineinmenr?
Il se voyait avec la plus grande satisfaction sur le tribunal, entoure* de ses élèves, qu'il avait pris par la main pour les y faite monter: qu'il avait tonnes par ses leçons, et qu il continuait d 'instruire par ses avis et par ses exemples. Aucun d'eux n'a jamais pu se plaindre qu il ait pris sur lui ce ton de supériorité que son a^e et son mérite lui auraient permis. Comment laurait-il eu vis-a-vis de ses confrère* , ilj ne le prenait pas même avec ses disciples. 11 ieoutnil les avis des autres] il permettait qu'on lui fit des objections, et poitait la conviction par des réponses qui frappaient en deux mots le point décisif.
Quelle netteté, quelle lumière ne mettait-il pas dons ses rapports !
DE M. POTHIIÙR. Lï
Sans entrer dans des détails inutiles , il écartait ce que les défenseurs des parties n'ajoutent que trop souvent d'étranger, et ne présentait que la cause même, et les moyens respectifs.
Dans le jugement des affaires criminelles, la science du jurisconsulte trouve moins d'application. 11 ne s'agit que de la preuve d'un fait. Mais quelle attention, quelle justesse d'esprit ne iaut-il pas, surtout dans les occasions délicates, pour peser les indices et les circonstances, distinguer les degrés de probabilité et ne les pas confondre avec la certitude, et discerner également la certitude morale de la certitude juridique.
M. Pothier excellait en cette partie par sa justesse et sa pénétration. Il était également propre à toutes les fonctions du magistrat, et les a toutes remplies. On évitait seulement de lui distribuer des procès criminels dans lesquels on prévoyait que la question pouvait être ordonnée, parce qu'il ne pouvait en supporter le spectacle-, impuissance qui procède beaucoup plus de la sensibilité des organes physiques, que du sentiment moral. Du reste, il ne se refusait à aucune des fonctions de la magistrature ; et sur la fin de sa vie, il n'en a été que trop surchargé, par la mort de M. le lieutenant criminel et de M. le lieutenant particulier.
Le Présidial d'Orléans lui doit son rétablissement. Sans l'émulation qu'il a répandue dans les études, et les sujets qu'il a décidés à embrasser la magistrature, cette compagnie se verrait aujourd'hui réduite à deux ou trois anciens magistrats. Elle aura eu pendant vingt ans l'époque la plus brillante. Exemple unique dans la décadence universelle des tribunaux. Mais peut-on se flatter que cette génération qui a totalement renouvelé la compagnie depuis 1753, soit remplacée? Peut-on se flatter que cet événement singulier ait des suites durables, lorsqu'on voit une cause particulière et momentanée faire exception aux causes générales qui entraînent la magistrature du second ordre vers sa ruine? J'exposais les causes de son dépérissement en 1763, dans un discours public ; elles ne sont certainement pas changées depuis : et ce grand homme , qui, dans sa patrie, avait en quelque sorte repoussé l'influence des causes, si agissante partout ailleurs, qui seul avait soutenu sa compagnie sur le penchant de sa ruine, et l'avait relevée avec tant d'avantage, cet homme n'est plus, et il ne sera certainement pas remplacé.
Quand il s'élèverait un aussi grand jurisconsulte que lui (et ses ouvrages pourraient contribuera le former), où trouvera-t-on un homme qui, à la profondeur des connaissances, à la justesse et à la pénétration dont il était doué, joigne à un aussi haut degré toutes les qualités du cœur \ un homme qui soit aussi bon, aussi simple, aussi modeste, aussi respectable à tous égards. Il était comme déplacé au milieu de nous,
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n m || pureté M la -un j. h. il-' «!•• -<^ iiiirui s, ipii ii
moindre teinture d< i mœui i de ion siéi l<
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le j -titi dC I Mil. nul.- (!«• son i oiiiiin-n •', «•( <!
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S] < ONDE PARI n.
La vie d'un sage et d'un savanl est peu fertile en événement* propret .1 intéresser Is < urfosité. La tûnpKcité et 1 Boiforaité en forment le in. n tère, ei mi ouvrages seuls font époque. Il en est d toire comme de celle d'une nsiiondool le gooveroesBeot sui depuii longtemps exempt d'ambition , smi de Is paix, uniquement occupé du loin de rendre ses injeti heureux, et éclairés un les m >yens d \ parvenir. Les annales de ce peuple seraient 1res stérile*. I)»*s que Ton connaîtrait sa constitution et son admînistratioa on aaorail mo histoire ! elle serait la même d un sièi le i l'autre, p u i e que le 1 1 tère de l'ordre est l'uniformit
Ce Bont les passions des hommes qui les sgitenl il elles qui
font naître les événements ; et Phistoire d est proprement que le ré< it «le leurs effets. Ls Nie «lu sage ne peut donc guère présentei d s laits intéressants; et elle n'en est que plus heureuse.
Quelquefois le sage se trouve entraîné malgré rai dans n Umrbflloa qui lui est étranger. Les circonstances leporten! bon sphère,
et le mettent en butte aux passions des hommes, on 1 élèvent à des places qui l'exposent à leur contradiction. Sa Ni<i alors devient intéressante au préjudice de son rep
M. Potbier n'eut jamais i se plaindre de ses passi «s, ni de - -'Iles des autres. Rien ne troubla la tranquillité de son anse anrnnr circonstance forcée n»' dérangea le plan et runiformité de sa vie.Aw ans autres événements ne répandirent d'amertume sur ses jours, que la perte de ses amis, auxquels il était sincèrement attach
Parfaitement libre de toute espèce de soin, il consacra sa vie tout entière à ses fonctions, et a l'étude de la jurisprudence : il ne connut point d'autres devoirs S remplir, ni d'autre goût a satisfaire.
Jamais il n'a eu le moindre projet de se marier. Il disait qu'il ne s'était pas senti assez de courage, et qu'il admirait ceux qui l'avaient. Il en faudrait beaucoup, en effet, si u\ qui s'engagent dans cet état en envisageaient les suites.
Le parti du célibat est sans doute le plus sage et le meilleur que pût
m: M. P01H1ER. LUI
prendre un homme avare de son temps, uniquement dévoué à l'étude, et singulièrement ami de son repos. Cette résolution le tire de la classe ordinaire des hommes *, elle le met à l'abri de la plupart des maux -, et, en restreignant les objets de ses attaches, elle lui épargne presque toutes les occasions d'inquiétude.
Personne n'a mieux profité de cet avantage que M. Pothier : il a voulu en jouir dans toute son étendue, et s'est cru dès lors dispensé de tout soin domestique. Sa négligence, à cet égard, eût pu être un défaut dans un père de famille. Ce défaut devenait respectable en lui par le motif d'où il naissait. Il venait du mépris le plus sincère pour les richesses, et d'un grand fonds de désintéressement. Pour lui, il ne voyait dans sa conduite à cet égard, que l'effet qui résultait de ce sentiment, c'est-à-dire sa négligence, et il se la reprochait devant ses amis (').
On le nomma échevin en 1747. Qu'il soit permis de dire que ce choix n'était pas réfléchi. Pourquoi vouloir qu'un homme dont le temps est si précieux, en dépense une partie à des fonctions que d'autres peuvent remplir beaucoup mieux ? Pourquoi forcer un homme déjà trop grevé du soin de son patrimoine, de gérer celui delà commune? Aussi ne fit-il presque aucune fonction de cette place.
Il n'était nullement propre aux détails d'administration , et il n'estimait pas assez les biens pour s'en instruire et s'en occuper. Heureusement il trouva parmi ses domestiques un administrateur fidèle, qui le forçait à prendre les détails les plus indispensables , et qui le déchargeait de tous ceux qu'on pouvait lui épargner (2).
(') Il avait remis 1500 livres à un notaire pour les placer à constitution. Le notaire trouva un emploi qu'il approuva, et lui fit signer le contrat. Six mois après il lui poita sa grosse : il n'en avait plus aucune idée ; il soutint que ce n'était pas lui qui avait fait ce prêt, et qu'il n'en avait pas fourni le montant. Le notaire fut obugé de lui m„n rer sa signature sur la minute.
11 ne savait guère ce qui lui était dû, et n'en tenait point d'état. Ce même notai e recevait un loyer commun à plusieurs particuliers, dont M. Pothier avait une paitie. Il lui porta un jour six années qu'il avait négligé de demander, et qui lui étaient d« es M. Pothier ne voulut pas les recevoir, il ne pensait pas qu'il lui fût tant dû. Il vo.lu' du moins composer avec le notaire : en recevoir la moitié, en offrant de lui denner une quittance finale. Le notaire était sûr de sa recette et de son registre; il fi.'at qu'il se fachàt pour lui faire accepter le total.
(■) Sa gouvernante s'appelait Thérèse Javoi ; elle était à son service depuis 1729. To it ce qui appartient à ce grand homme mérite d'être connu ; et si ce faille écrit passe à la postérité, à la faveur des ouvrages auxquels il est joint, il est juste que le nom de cette fidèle gouvernante y passe aussi.
Elle lui était très attachée, et a eu le plus grand ^oin de sa santé ; c'est une