‹ Œuvres de Pothier (volume 4)Chapitre 27 sur 167 · DE M. POTHIER. LXVII · texte numérisé non relu

DE M. POTHIER. LXVII

tion ; et elle est comptable à la postérité des honneurs rendus à leurs cendrés.

Un étranger, pénétré de respect pour ce grand homme, voulut le voir en passant par Orléans, et pouvoir se vanter à son retour de l'avoir vu. Il ne put avoir cet avantage, parce qu'il passa pendant les vacances. Il se fit ouvrir la salle de l'Université, et voulut du moins voir la chaire d'où il enseignait. Mais si des étrangers nous demandaient à voir son tombeau, croyons-nous qu'ils dussent en être bien satisfaits?

C'était dans une église qu'il fallait l'inhumer. Les cendres d'un homme aussi saint et aussi respectable devaient-elles être placées ailleurs ? Et dans quelle église convenait-il mieux de les déposer que dans l'église cathédrale, dans l'église commune à tous les citoyens ; dans cette église, à côté de laquelle il avait vécu, où il avait donné tant d'exemples de piété, où tous les jours il allait se prosterner devant Dieu, en prévenant le lever du soleil? Louis XIV s'est honoré lui même en faisant inhumer à Saint-Denis le maréchal de Turenne. N'en doutons pas, le chapitre, au milieu duquel il avait vécu, et qu'il avait si souvent édifié par sa présence, aurait reçu avec empressement ce pré cieux dépôt. Il eût été facile alors d'ériger sur sa tombe un monument plus honorable pour la reconnaissance publique, plus digne d'en trans mettre le témoignage à la postérité, plus propre à satisfaire les étrangers que la beauté de l'édifice attire dans ce temple auguste. Serait-il donc impossible de le faire encore aujourd'hui ? Quel est le citoyen qui n'applaudirait pas à cette translation (*)? Si la dureté des temps et des cir-

(*) Le vœu si légitime de M. Letrosne n'a pas été exhaussé ; Pothier n'a point encore de monument convenable. Ses dépouilles mortelles ne sont plus cependant au grand cimetière où elles avaient été d'abord déposées ; translation en a été faite assez récemment, d'abord en 1823, puis en 1846, non honoris causa sed ex necessilale. Lors de la première translation effectuée sous la restauration, de dignes honneurs avaient été rendus, mais, dans ces derniers temps, à peine si on a da: ;uc honorer de quelques prières, en les rejetant pour ainsi dire de l'église, les restes du grand jurisconsulte , de l'homme pieux.

Voici dans quels termes les journaux ont rendu compte de cette translation : Translation des cendres de Polhier.

« Une cérémonie, qui aurait pu avoir plus d'éclat, a eu lieu vers midi dans l'enceinte de la cathédrale (2 mars 1846).

« Robert-Joseph Pothier, notre grand jurisconsulte, mort à Orléans en l'année 1772, fut inhumé le 4 mars dans le grand cimetière d'Orléans, situé au centre de la ville, en face de la cathédrale.

« En l'année 1823, la ville ayant fait construire sur l'emplacement de ce cime-

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Clergé aurait voulu qu'au lieu d'être depn-nv» dan> l.i •

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un moyen terme ; oo choisit dans k lien laint un emplacement qi chapelle, et la cérémonie de la translation eut lien le 17 1 rembi iv a Cette innée, su grand scandale de cens qui sont jaloux de ! grands édifices religieux dans leur unité et «l.m- leur vives réclamations que ce projet avait soulevées, l'emplacement delà sépattan Pothier fut précisément choisi pour en bdrenne sacristie p.irai •■.•• •' existe du oftté opposé, et destinée principalement a l'évéque et aux mei chapitre de Sainte-Croix. Ce sont ces constructions nouvelles qi translation des cendres de Pothier dan- un emplacement vois ml . comme le

premier, forme de chapelle, mais Bans autel, et OCCUpé, pendant la C4 D des

offices du dimanche et des fêtes, par les bancs d'une pension. « Cette sacristie était-elle bien nécessaire? Etait-il uxtispensaMedc rétablir la

précisément? Au contraire, n'était-ce qu'un prétexte, et a-t-on saisi ou j provoqué roccasion de satisfaire une rancune anti-janséniste, hmjff nenvée

Quoi qu'il en soit, ainsi que non- l'avons dit, cette cérémonie a en lieu aujourd'hui à midi dans la cathédrale. Monseigneur l'évéque d'Orléans en avait donné avis Cour royale et au tribunal civil, dont quelques membres y ont assisté en bal ville. Le maire et quelques conseillers municipaux étaient oralement

Quant au barreau, aucune convocation officielle ne lui axant été adressée, les avocats pouvaient être mis au nombre des raie- curieux avertis de cette tran?lation.

h La cérémonie n'a pas duré plus d'une demi-heure. L'évéque, à la tête d>cierge, a prononcé sur le cercueil les prière- prescrites par le rituel en pareille circonstance, et les restes de Pothier ont été descendus dans la fosse qu'il- doivent Occuper, jusqu'à ce que d'autres constructions nécessitent peut-être une nouvelle exhumation. » (Orléans, 2 mars 1846, Gazelle des Tribunaux du 4 mars 1816-,

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