PAR M. BUGNET. LXXI
texte môme des lois nouvelles, en sorte que cette édition des œuvres de Pothier présentera un tableau complet de l'ancien et du nouveau droit comparés.
Dans la solution des nombreuses et intéressantes questions pratiques discutées et approfondies dans les traités de notre auteur, on reconnaît facilement le grand jurisconsulte et le magistrat mûri par l'expérience des affaires, aussi nous n'avons eu en général qu'à donner u# plein assentiment à ses décisions.
Cependant le changement de législation a nécessairement une influence quelquefois directe, d'autres fois plus éloignée sur ces questions controversées, et dont la solution dépend souvent non pas d'un texte, mais de l'esprit général de la législation. Nous avons donc tâché, chaque fois que l'occasion s'est présentée, de faire ressortir les motifs déduits de la loi nouvelle pour ne plus adopter les décisions de Pothier ; elles étaient conformes, il est vrai, à l'ancien droit, mais elles nous paraissent en désaccord avec les principes nouvellement adoptés.
De plus, tout en respectant infiniment l'autorité de Pothier, nous n'avons pas cru cependant devoir nous abstenir de toute critique : on trouvera donc quelquefois, mais rarement, des solutions contraires à celles données par notre auteur. Nous avons alors brièvement exposé nos raisons de différence j le lecteur pourra apprécier et juger.
Nous avons souvent blâmé cette distinction beaucoup trop fréquemment enseignée par Pothier, entre le for intérieur et le for extérieur. Nous sommes profondément convaincu qu'il est plus dangereux qu'utile de mettre ainsi constamment la conscience aux prises avec les lois. La conscience ! lequité ! grands mots, très respectables sans doute-, mais combien cette même conscience est flexible et devient complaisante pour celui qui cherche à échapper à l'autorité des lois ? Est via quœ videtur homini recta, novissima autem ejus perducant ad perditionem.
On nous reprochera peut-être de n'avoir pas assez fait de recherches dans les antiquités du droit français, afin de compléter cette partie historique du droit, à laquelle on attache aujourd'hui une si grande importance, qu'on pourrait croire que, dans l'opinion de certaines personnes, l'histoire du droit est l'objet principal pour ne pas dire unique des études juridiques.
Nous répondrons par l'exemple même de Pothier : il ne voit dans l'histoire qu'un auxiliaire ; il ne l'interroge et ne l'appelle à son secours qu'autant qu'elle est nécessaire pour l'intelligence des textes qu'il explique; cette manière très simple de procéder nous a toujours paru complètement suffisante. A quoi bon chercher le droit dans de vaines antiquités ab antiquis fabulis discere au lieu de se pénétrer de ce qui s'observe
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