VIE DE RABELAIS XXÎ
Rome pour rentrer en France à petites journées. Peutêtre faut-il placer ici le séjour à Florence^ que la plupart des biographes reculent à un autre voyage, en èe fondant sur l'indication de l'édition de 1548 : « il y a environ douze ans. » Mais outre que celle de 1552 porte « il y a environ vingt ans », ce qui n'est guère plus précis, l'itinéraire et les circonstances du voyage de 1535-36 ne permettent guèr^ d'y insérer un arrêt à Florence. D'ailleurs le ton enthousiaste du récit : « nous estions bien bonne compaignie de gens studieux, amateurs de peregrinité et convoiteux de visiter les gens doctes, antiquités et singularités d'Italie. Et lors curieusement contemplions l'assiette et beauté de Florence, la structure du Dôme... », l'émerveillement devant « les lions et africanes »,... ours bistides..., tigres..., porcz epicz et austruches » du palais Strozzi, tout cela, comme le fait observer V.-L. Bourrilly, marque comme un premier étonnement, l'impression toute vive d'un premier contact avec l'Italie.
Le 18 mai Jean du Bellay est de retour à Pâtis. Son médecin a pris congé au passage et repris ses fonctions à l'Hôtel-Dieu de Lyon. Le i®^ août il touche 25 livres pour son traitement de six mois et demi, plus qu'il ne lui revient, constate le trésorier de l'hôpital. Il renoue en même temps ses relations avec les imprimeurs et porte à Gryphe cette Typographia antiquœ Romœ de Marliani, qui le délivre à propos du souci de distribuer et de mettre au point le fatras de ses propres notes. Mais comme l'antiquaire ferrarais a négligé de dédier son livre à l'évêque de Paris, ainsi qu'il en a été convenu, Rabelais répare l'omission par VEpistola nuncîtpatoria où nous puisons les détails de son voyage (31 août 1534). C'est une mince contribution à l'édition.