‹ Œuvres de RabelaisChapitre 17 sur 231 · VIE DE RABELAIS XXV · texte numérisé non relu

VIE DE RABELAIS XXV

assez pauvre de deniers et ménage ses ressources pour les frais de son instance.

Il a en effet déposé à la chancellerie pontificale une Supplicatio pro apostasia^ demandant l'absolution de son infraction aux statuts ecclésiastiques. Le 30 décembre ses démarches sont sur le point d'aboutir : « Mon affaire a esté concédé et expédié beaucoup mieux et plus seurement que je ne l'eusse souhaitté et y ay eu aide et conseil des gens de bien, mesmement du cardinal de Genutiis, qui est juge du Palais, et du cardinal Simoneta, qui est auditeur en la chambre et bien sçavant et entendant en telles matières. Le pape estoit d'avis que je passasse mon dict affaire per cameram. Les susdictz ont esté d'advis que ce fust par la cour des contredictz... En tout cas il ne me reste que lever les bulles siib plumbo. Monseigneur le cardinal du Bellay, ensemble monseigneur de Mascon, m'ont asseuré que la composition me sera faicte gratis, combien que le pape, par usance ordinaire, ne donne gratis fors ce qui est expédié per cameram. Restera seulement à payer le référendaire, procureur et aultres tels barbouilleurs de parchemin. »

Pendant qu'il soigne ainsi ses intérêts — le bref de Paul III est daté du 17 janvier — le bon Chinonais n'oublie pas ses amis de France. Au libraire lyonnais Michel Parmentier et à sa femme, il adresse de menues curiosités en même temps que les « nouveUetez de par deçà )>. A l'évêque de Maillezais, il envoie des brochures, des pasquils, et, pour ses jardins de Ligugé, des graines de plantes potagères ou d'agrément, salades de Naples, nasitord, cardes, melons et citrouilles, œillets d'Alexandrie, violes matronales, herbe à tenir en été les chambres fraîches qu'on appelle « belvédère ». Pour M°^e d'Estissac, la jeune nièce de l'évêque, il recueille des plantes médicinales et « mille petites mirelificques à bon marché » qu'on apporte de Chypre, de Candie, de Constantinoplel

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