VIE DE RABELAIS VII
de Saint-Pierre-de-Seuilly, d'où relevait le domaine ^ Cette assertion, évidemment fournie par les bénédictins de l'abbaye de Seuilly, que visitait alors Gaignière , est d'autant plus digne de créance que le vignoble de la Devinière, le clos de Seuilly, jouent un rôle considérable dans GarganUia.
Or cette métairie de la Devinière au vin délectable, ainsi que plusieurs autres domaines cités dans le roman, appartient de 1505 à 1534 à Antoine Rabelais, avocat à Chinon, sénéchal de Lerné, substitut des lieutenants général et particulier au siège de Chinon. De là cette conjecture, infiniment plausible, que le père du grand Tourangeau n'est ni un aubergiste, ni un apothicaire, mais qu'il appartient à l'ordre judiciaire^. La démonstration serait même irréfutable si l'acte de partage des biens d'Antoine Rabelais, le 26 janvier 1535, qui ne nous est, il est vrai, connu que par une analyse^^, mentionnait François au nombre des héritiers. Malheureusement on n'y v^oit figurer que trois enfants : Jamet, âgé alors d'une trentaine d'années, (on a trouvé son entrée en apprentissage le 20 juillet 1518^), Antoine, seigneur à^on tour de laDavinière, et une fille mariée, Françoise. L'argument que François, frère mineur, n'a pas à être admis au partage étant « mort civilement », n'a de valeur que si l'on prouve qu'il a prononcé des vœux perpétuels et solennels. Il perd son autorité si l'on songe qu'en 1535 Rabelais a quitté l'ordre depuis dix ans avec l'autorisation papale, qu'il n'est plus cordelier mais bénédictin, qu'il a pris des grades à Montpellier et exercé la médecine, qu'il a touché un traitement à l'Hôtel-Dieu de Lyon et mis son nom sur une dizaine de livres imprimés, qu'il est venu par surcroît deux ans auparavant revoir ses parents du Chinonais et les mettre au courant de ses affaires.
L'argument tiré de l'allusion dans l'ancien prologue