VIII VIE DE RABELAIS
du Qiiart livre à un vieil « oncle » nommé Frapin ^ n'est pas non plus décisif. La belle-mère d'Antoine Rabelais, Andrée Pavin, s'étant remariée à un Frapin et en ayant eu plusieurs enfants 2, maître François peut logiquement, dans le cas de sa filiation directe avec l'homme de loi chinonais, appeler « oncle » un frère de second lit de son père. Mais le terme peut être pris au figuré oh désigner un cousin issu de germain comme il est d'usage en Bretagne, en Touraine ou en Poitou. Il est donc prudent de rattacher l'auteur de Gargantim à l'avocat Antoine sans préciser rigoureusement par quels liens.
La date de naissance est aussi délicate à établir. Les anciens biographes donnent 1483. Guy Patin propose 1490. Les récents commentateurs, faisant état d'un passage d'une lettre^ de Rabelais à Budé où il se qualifie en 1521 d' « adolescens », et d'un passage du De legibiis connubialihus de Tiraqueau, où l'auteur le gratifie d'un savoir au-dessus de son âge, « vir supra aetatem », reculent sa naissance à 1493 ou 1494. C'est un expédient, mais la vérité est que nous ne savons rien. Les années de couvent de l'auteur de Gargantua l'ayant forcément retardé dans sa carrière, il n'est pas surprenant qu'il se trouve en retard sur le curriculum vitœ de ses contemporains. Il est également fort admissible qu'un obscur frère mineur, écrivant à un savant de la notoriété de Budé, se traite lui-même d'adolescent, d'apprenti, et qu'un auteur reconnaissant, comme Tiraqueau, récompense le travail d'un traducteur bénévole par un compliment exagéré. De nos jours, d'ailleurs, ne range-t-on pas volontiers dans les « jeunes » des écrivains frisant la quarantaine?
Quoi qu'il en soit, aucun document ne vient appuyer la date de 1493 ou même du 5 février 1494, comme la précise Abel Lefranc*, tandis que les partisans de 1483 onr pu, à l'origine, s'appuyer sur im li\Te de sépultures