‹ Œuvres de RabelaisChapitre 20 sur 231 · XXVIII VIE DE RABELAIS · texte numérisé non relu

XXVIII VIE DE RABELAIS

probablement à la mise en état de défense de la capitale que le cardinal fortifie et ravitaille pour un an^

Tous ces préparatifs, on le sait, sont inutiles, mais c'est seulement au milieu d'août que Jean du Bellay peut reprendre la direction de son dioc^e €t songer à reconnaître les services de son médecin.

Rabelais avait demandé — et obtenu par le bref du 17 janvier 1536- — l'autorisation d'entrer dans un monastère de l'ordre de Saint-Benoit, à sa convenance. Or son choix était arrêté. Il visait l'abbaye de Saint-Maur-des- Fossés, dont l'évêque de Paris était abbé commandataire. Mais le désir de se rapprocher de son protecteur et d'habiter une des plus riantes contrées des environs de Paris n'était pas le seul motif de ses préférences. Non content de tenir Saint -Maur en commande, du Bellay avait obtenu, par une bulle de Clément VII du 13 juin 1533, la sécularisation de l'abbaye et le rattachement de son revenu à l'évêché. Saint -Maur était devenue une collégiale de huit chanoines, avec l'évêque de Paris pour doyen. Tous les moines reçus au monastère avant la sécularisation passaient de droit chanoines prébendiers.

Par quel tour de passe-passe, digne de Panurge, Rabelais arrive-t-il en 1536 à se glisser parmi ces bénéficiaires de la première heure ? Voici ce qui semble ressortir de sa supplique au pape 3. Comme la bulle de 1533, créant huit prébendes à Saint -Maur, n'a pas encore été exécutée dans les formes lors du second voyage d'Italie, le cardinal-abbé demande à Paul III une nouvelle bulle de sécularisation pour confirmer la première. Auparavant, il a eu soin, sans quitter son palais de Rome, de recevoir son médecin parmi ses moines. La buUe délivrée, Rabelais devient chanoine de Saint-Maur d'autant plus logiquement que le nouvel acte, au lieu de huit prébendes, en prévoit neuf. Ce neuvième siège canonial lui est destiné.

1. Cf. T. I, p. 294. 1,e prologue du Tiers livre, sou» coulexir du siège de Corintbe, est peut-être un écho de ces heures émouvantes.

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