XXXII VIE DE RABELAIS
Testes tuanim Parisii artium, Testis que Narbo Martius atque Atax, Et dite Lugdunum, pénates Sunt tibi ubi placidaeque sedes^.
La grande cité lyonnaise l'accueille comme une illustration de la médecine. Il y fait des démonstrations chirurgicales publiques dont Etienne Dolet^ atteste le succès par l'organe d'un pendu qui se félicite d'avoir figuré dans un amphithéâtre, entouré d'une foule de personnages distingués : « C'est un avantage que n'avait pas obtenu un de ses compagnons de potence, disséqué naguère par un médecin si obscur, si inintelligible, qu'il semblait froid et muet comme le cadavre même. » Il invente même des instruments de chirurgie. Jean Canappe à la fin du vie livre de son Galien (1537) ^ reproduit, au milieu d'appareils utiles pour contenir les membres fracturés, «un glottotomon de l'invention de M® François Rabelais, docteur en médecine. »
C'est pendant ce séjour à Lyon, au cours de l'été 1537, qu'une lettre imprudente, écrite à un correspondant de Rome suspect, est bien près de causer l'arrestation du docte professeur. Le cardinal de Toumon, le même à qui Dolet dédie le récit de son banquet, avertit le chancelier Du Bourg de cet incident par une lettre du 10 août : « Monseigneur, je vous envoyé une lettre que Rabelezus escripvoyt à Rome [perdue], par où vous verrez de quelles nouvelles il advertissoit ung des plus maulvays paillardz qui soit à Rome. Je luy ay faict commandement que il n'eust à bouger de ceste ville jusques à ce que j'en sceusse vostre voulonté. Et si il n'eust parlé de moy en ladite lettre et aussi qu'il s'a [dvou] e au roy et royne de Navarre, je l'eusse faict mettre en prison pour donner exemple à tous ces escripveurs de nouvelles*. »