‹ Œuvres de RabelaisChapitre 27 sur 231 · XXXIV VIE DE RABELAIS · texte numérisé non relu

XXXIV VIE DE RABELAIS

Dans une première pièce, Boyssonné demande à l'enfant, Théodule, pourquoi si jeune encore, il renonce aux joies de l'existence, et l'enfant répond que ce n'est pas par haine de la vie, mais pour vivre éternellement avec le Christ^. A la suite de ces vers vient un distique qui ne laisse aucun doute sur la filiation de l'enfant :

Lugdunum patria, at pater est Rabelaesus : utrumque Qui nescit, nescit maxima in orbe duo.

Une seconde épitaphe :

Quaeris quis jaceat sub hoc sepulchro Tam parvo? Theodulus ipse parvus...

fait l'éloge du père, savant et versé dans tous les arts qui conviennent à un homme bon, pur et honnête. Deux vers — et ce ne sont pas les moins piquants — représentent même des cardinaux romains entourant le berceau de l'enfant :

Q-aem cerniâ tumulo exigiio requiescere vivens Romanes habui pontifices famulos.

Cet âge de deux ans, ces prélats romains, toutes ces particularités semblent nous reporter à Lyon au retour du second voyage d'Italie. Ne nous étonnons pas outre mesure de la naissance de ce petit bâtard. Des cardinaux comme Jean du Bellay et Odet de Châtillon n'ont-ils pas pris maîtresse ou femme? Philibert de l'Orme, abbé d'Ivry, de Saint-Serge, chanoine de Notre-Dame, et son frère Jean de rOrm.e, abbé de Saint-Germain, n'ont-ils pas aussi des enfants ? A force de se conformer aux modèles de l'antiquité classique, les humanistes du xvi® siècle poussent jusqu'aux dernières conséquences le libre développement de la personnalité humaine. Physis, la bonne nature, qui « en sa première portée enfanta beauté et harmonie w, réhabilite les joies de la chair des anathèmes du moyen âge.

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