XXXVIII VIE DE RABELAIS
Saint-Ay est encore à son château le 21 mars, mais le moment de regagner Turin aiTive. Langey va reprendre son gouvernement. Au mois d'avril on passe a L\^on et notre auteur en profite pour faire imprimer chez Gr\T)he les Stratagèmes, c'est-à-dire prouesses et ruses de guerre du pieux et très célèbre chevalier de Langey, traduits par Claude Massuau du latin de Rabelais [perdu]^. Il traite en même temps avec François Juste et un autre imprimeur lyonnais pour des réimpressions des deux premiers livTcs de son roman, dont il supprime les passages capables de lui attirer les foudres de la Sorbonne. Faute de tenir compte de ces prudentes modifications dans une édition subreptice, Dolet s'attire la colère de l'auteur, et sous le masque de l'imprimeur se voit traité, par son ancien ami, avec une rigueur extrêm.el
Le 12 mai Guillaume du Bellay et sa suite sont revenus à Turin, mais non pour longtemps. Dès l'automne, le vice-roi se sent plus malade et demande son rappel. Le 13 novembre il dicte son testament où son médecin est compris pour une rente de cinquante livres^ qui lui sera servie jusqu'au moment où il aura obtenu trois cents livres en bénéfice. Dans les premiers jours de décembre, on se met en route pour regagner la France. On franchit les Alpes en plein hiver. A Lyon, Langey refuse de s'arrêter, malgré l'avis ues médecins, et le g janvier 1543, Rabelais voit mourir son bon seigneur à Saint-S^miphorien-en-Laye près de Tarare, au milieu de la consternation des amis et ser\iteurs dont il nous a laissé les noms : « les seigneurs d'Assier, Chemant, Mailly le borgne. Saint -Ayl, Villeneufve la Gu^^art, maistre Gabriel, m.édecin de Savillan, Cohuau, Massuau, Majorici, Bullou, Cercu dit Bour-
1. Cité par du Verdier dans sa Bibliothèque française. On ne peut guère douter de l'existence d'un ouvrage si scrapuleusement décrit. Cependant la date de 1542 est peut-être erronée. I,es épithètes de « preux et très célèbre chevalier » semblent s'appliquer à une publication posthume.