VIE DE RABELAIS XLIII
François de la Rivière. Il sait évidemment à quoi s'en tenir sur la détresse réelle de son ami.
Cette fois encore. Saint -Ay repart sans prendre congé du cardinal. Dès les premiers jours de mars, il est de retour en Alsace et la requête de Rabelais risque fort de rester sans effet. Mais un événement inattendu dénoue la situation. François I^^ meurt le 31 mars 1547. Le nouveau roi, quelques jours après son avènement, décide d'envoyer à Rome, pour y résider, tous les cardinaux français. Jean du Bellay, lié d'une ancienne amitié avec le connétable de Montmorency, es^t plus en faveur que jamais. Il reçoit pleine autorité sur les autres membres français du Sacré- Collège avec la surintendance générale des affaires royales en Italie. Comme son état de santé est déplorable — sciatique, douleurs de reins, fièvre brisant toute énergie — il va avoir besoin de son médecin.
Nous pouvons supposer que, dès le mois de juin, Rabelais reçoit de Jean du Bellay des subsides et un sauf-conduit. Le 24 il touche à Metz le premier quartier de ses gages de médecin stipendié pour 1547 (avril à juin) et le 10 juillet, il est à Paris, au moment du duel de Jarnac et de la Châtaigneraie^ Aussitôt après le sacre, à Reims, le cardinal prend congé du roi et se met en route avec sa maison le 27 juillet 2.
On voyage à petites journées. Vers le 15 août, on passe à Lyon, où Rabelais remet à l'imprimeur les onze premiers chapitres du Quart livre et VAlmanach pour 1548. Le II septembre on est à Ferrare, le 15 à Bologne, le 27 à Rome où le palais Sant'Apostolo attend ses hôtes.
De ce quatrième séjour de l'auteur de Gargantua en Italie, qui dure au moins deux ans, nous ne savons pour ainsi dire rien. Pour la première année, nos renseignements se bornent à l'acquit d'une lettre de change de 32 écus d'or, le 18 juin 1548 ^, pièce de provenance suspecte comme certaines signatures de la collection Benjamin Fillon, et à