‹ Œuvres de RabelaisChapitre 38 sur 231 · VIE DE RABELAIS XLV · texte numérisé non relu

VIE DE RABELAIS XLV

cadavres sont restés sur place. Les bouffons Frérot et Fabritio font semblant de les admonester de leur salut et les tâtent « aux goussets et en la braguette pour trouver la bourse ». On s'aperçoit qu'ils confessent des hommes de foin, « dont fut grande risée entre les spectateurs ».

Le succès de ce carrousel, que font connaître à la cour les lettres écrites par Rabelais «au révérendissime cardinal de Guise » [perdues], n'arrête pas les menées des ennemis de Jean du Bellay. Il se décide à demander son rappel. Le 22 septembre il se met en route avec sa maison pour rentrer en France. Au début de novembre, il est à Lyon, avec son médecin.

Rabelais est revenu au foyer de ses études après deux ans d'absence. Il fait imprimer la Sciomachie, reproduction de ses lettres à la cour amplifiées de détails et agrémentées de louanges au cardinal, organisateur de la parade. Mais il ne songe guère à continuer son Quart livre. Ses ennemis ont devancé son retour par une dénonciation d'impiété et de mauvaises mœurs d'une gravité telle que sa situation n'est guère meilleure qu'en 1547. Quelle plus terrible diatribe que ces passages du Theotimus du moine de Fontevrault, Gabriel de Puy-Herbault (1549) • ^^ Plaise à Dieu que Rabelais soit auprès d'eux [les théologiens dissidents de Genève] avec son pantagruélisme..., si toutefois il est encore de ce monde ! ^ Car il avait suivi la foule des cardinaux renvoyés et relégués à Rome au commencement de ce règne... C'est un homme aussi dangereux pour son impiété que pour le scandale public de ses livres... Que peut-il manquer à l'absolue perversité de ce Rabelais qui n'a ni la crainte de Dieu, ni le respect des hommes, qui foule aux pieds et tourne en ridicule toutes les choses divines et humaines?

«... Chaque jour ne faire que se soûler, s'empiffrer, vivre à la grecque..., souiller de misérables papiers par des

I. On le crut peut-être mort après la publication incomplète du Quart livre. Cette même année 1549 '^^ faussaire imprime un V livre apocryphe imiquement composé de fragments de la Nef des fols, de Sébastien Brandt, et des Regnards traversant, de Jean Bottchet. Cf. A I<efrauc, R. E. R., i-, 29.

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