XLVIII VIE DE RABELAIS
Goveanus, gustato evangelio, eadem cœcitate sunt p-ercussi. » Les « Demoniacles Cal vins, imposteurs de Genève), s'unissent contre le grand railleur avec les « enraigez Putherbes, briffaulx, caphars, chattemittes, cannibales et aultres monstres difformes et contrefaicts en despit de nature ^ )).
Que devient Rabelais dans cette détresse? A quel protecteur a-t-il recours contre tant d'adversaires? Il n'est pas téméraire de songer à Louis d'Estissac, neveu et héritier du bon évêque de Maiïlezais, dont le nom apparaît au Quart livre accompagné de mentions de terres, de châteaux, d'amis, de serviteurs, attestant des souvenirs récents. Ici c'est une curiosité du château de la Brousse (Charente-Inférieure) ou de celui de Coulonges-les-Royaux (Deux-Sèvres). Là c'est un récit de tira la butte à Cahuzac (Lot-et-Garonne) où luttent d'Estissac et de Lauzun, son parent^.
Au printemps de 1550 Rabelais se rassure. Il a trouvé un nouveau et puissant appui en la personne d'Odet de Châtillon, un des cardinaux revenus du conclave, allié à du Bellay contre la faction des Guises. Le « très illustre prince et reverendissime » fait si bien auprès du roi qu'il peut annoncer à son protégé, au début du mois d'août, l'octroi d'un privilège pour ses livres « en grec, latin, français et thuscan, mesmement certains volumes des faicts et dicts heroicques de Pantagruel ». Les lettres royales sont signées et datées du 6 août 1550, « le cardinal de Chastillon présent ». En même temps, comme un bonheur ne survient jamais seul, le retour du cardinal est annoncé. Il voyage à petites journées pour temporiser et chercher à savoir quel accueil l'attend à la cour. Vers la fin d'août il arrive à Paris, à bout de forces et réclamant plus que jamais les soins de son médecin traitant.
Nous savons, par Rabelais lui-même 3, que pour « recouvrement de santé après longue et fascheuse maladie », il se retire eu son château de Saint-Maur, « lieu ou pour