VIE BE RABELAIS LI
Aucune raison ne permet de contester l'authenticité de cette note. Le décès de l'écrivain sur la paroisse Saint- Paul est attesté avant 1631 par une lettre du P. Garasse : « Rabelais, qui ne valoit guère mieux que Théophile, fut inhumé dans la nef de Saint -Paul, » et dès 1647 par Pierre de Saint-Romuald : « Ce ne fut pas en sa cure, comme le vulgaire a creu jusqu'à présent; mais à Paris, en une maison de la rue des Jafdins et fut enterré dans le cimetière de Sainct-Paul, au pied d'un arbre qui s'y voit encore aujourd'huy, selon que le sieur Patin, docte médecin de Paris, Ta sceu de feu M. d'Espesse, conseiller d'État et ambassadeur en Holande qui l'avoit appris de feu M. le Président d'Espesse son père. »
Nous avons en tout cas la certitude absolue de sa moii: avant le i^^ m.ai 1554 par une épitaphe de Rabelais « trespassé » insérée par Jacques Tahureau dans ses Premières poésies^ :
Ce docte nez Rabelays, qui picquoyt Les plus piquans, dort spubz la lame icy Et de ceux mesme en mourant se moquoyt Qui de sa mort prenoyent quelque soucy.
Retenons ce dernier trait, postérieur à peine d'une année à la mort du grand railleur. Il nous montre le vieux médecin mourant en pleine possession de lui-même et plaisantant sur son propre trépas. On peut en conclure que les dernières paroles que lui prête la légende : « Je vais quérir un grand peut être, » a Tirez le rideau, la farce est jouée, » ne sont pas entièrement controuvées.
En 1562, neuf ans après sa mort, un anon^one publie Vlsle sonnante par maistre François Rabelais, et le Cinquiesme et dernier livre en entier voit le jour en 1564. La question de l'authenticité de cette publication posthume semble devoir être tranchée dans le sens de l'affirmative. Les matériaux sont vraisemblablement de Rabelais, mais sans que l'on puisse assurer qu'ils étaient destinés à ce