RESPONCE
sur l'épistre de Fichet , par luy envoyée de Dijon au dict de Collerye.
ememorant en mon esprit rndique Le tien sçavoir, trop plus que juridique, Esprit en moy je n'ay pour t'extimer ; Ce nonobstant, sans me faire intimer,
5o ÉPISTIIES.
Proférer veulx ton œuvre et ta science,
De laquelle ay parfaicte expérience;
La tienne Epistre amplement le demonslre.
D'icelle ay faict a gens d'honneur la monstre.
Autant et plus est digne de louange
Que comparer ne se peult au loup, ange.
Maint orateur du temps jadis a quis
Ce que tu as par ton labeur acquis.
Par quoy je doy de franc cueur m'avoyer •,
Et sur ta lettre ma responce envoyer.
Et qu'ainsi soit mon vouloir s'y adonne,
Comme raison le permect et ordonne ;
Quant au regard du loz que m'atribue.
Trop tu en dis, à toy le rétribue,
Pas n'est à moy d'avoir un tel renon
Que tu m'escriptz, en recitant mon nom.
Ne te dire disciple et escoUier, ^
Qui n'ay povoir de tirer au collier,
Ne l'art aussi que me donne, ' et sçavoir
Que par escript tu m'as faict assavoir.
Mais tout ce vient de ton humilité
De m'exalter de ce qu'as milité.
Or, pour la peur de te fastidier
Ou t'ennuyer, ou trop t'atedier.
En brief propos mon epistre t'envoye
Te suppliant, alors que le temps voye,