‹ Œuvres de Roger de ColleryeChapitre 31 sur 134 · Que tu me donnes · texte numérisé non relu

Que tu me donnes

ÉPISTRES. Si

De prandre goust en mon œuvre inutille

Ediffié de matière brutile;

Qu'excusé soit mou imbecilité

Et de mon sens la possibilité.

En ce faisant , vérité tu diras

Quant loz et bruict tu ne me donneras.

En toy je voy science théorique,

La veine aussi de haulte rhétorique;

Parquoy te doy de cueur magnifier

Et par escript le te notifier.

Et au surplus humblement te salue

En désirant ta grâce de value

Me conférer, par ton noble vouUoir;

En ce faisant n'en puis que mieulx valloir ;

Priant à Dieu te donner es sainctz cieulx,

Ta place et lieu, et temps solacieux

Durant ta voye en ce monde terrestre

Avant que dict soit ton corps en terre estre.

De par le tien amy, veuilles ou non, Duquel verras en ce rondeau le nom '.

I. Ici se trouve un rondeau répété parmi les 1 25 rondeaux qui se trouvent à la fin du volume; nous n'avons pas cru devoir le donner deux fois.

>ron epistre, mectz toy en voye.

Si que Clément Marot te voye.

remeditant en mon esprit rudique Exempt de sens et raison juridique Remémorer tes faictz et proférer, Langue je n'ay pour iceulx référer Congnu qu'ilz sont par une théorique, Assocyez de haulte rhétorique, Si bien couchez, et sans y contredire, Que je n'y voy ne congnois que redire. Et pour autant qu'il n'est temps de me taire Te collauder ' mais de faire inventaire De tes œuvres dignes et magnificques Que je maintiens à peu près deifiques VouUoir m'est prins, sans aucun infester, D'ung cueur rassis à tous manifester Que grant louenge sans mensonge mérites, Et que pour voir la possède et hérites; Te mercyant que ne m'as faict exempt De ton livret, et m'en faire présent. Auquel j'ay veu, évitant long langaige, [gaige, Maintz bons actes mieulx prisez qu'ung grant Te suppliant recevoir mon Epistre

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