‹ Œuvres de Rulhière (volume 3)Chapitre 31 sur 56 · LA CONVERSION · texte numérisé non relu

LA CONVERSION

T6t ou tard j qaoi qu'on petise, il &ut

Revenir à résipiscence.

Je fus , c'était moA seul dé&ut,

Aux jours de mon adolescence ,

Près du beau sexe , un franc vaurien.

Hélas ! il est si difficile

D'être à cet âge homme de bien.

Le vice est doux, le cœur fragile ^

Et le démon est si malin !

Mais f m'a-t-on dit^ le ciel accordé

A tout péché miséricorde*

Aussi je me réformerai ;

Je me consacre à la morale :

On en parle , j'en parlerai ;

On en écrit, j'en écrirai.

Pour efi&cer trop long scandale ,

Si besoin est , j'en révérai ;

Mieux que tel auteur à gros livre.

Je prêcherai Thonneur, la foi :

Je veux, si je ne puis bien vivre ,

Qu'on vive bien autour de moi.

Très à point s'offre à ma mémoire ,

Pour aider mes bons sentiments^

Un fait récent, un fait notoire.

Un &ît des plus édifiants ;

Je veux Yoas en conter l'histoire.

Femmes dont ^ en leurs plas beaux jours, La conduite avait été leste , De leurs ans Hrrés aux amours,' A Dieu voulaient donner le reste.

Vous riex.... D'honneur, au miroir, Sans crainte elles pouvaient se voir :

Leurs cœurs -, qui de travers s'accusent, Encor quelque mérite avaient; Mérite du moins se croyaient :

Souvent , sur ce , femmes s'abusent.

Toutes deux , tête à tête , un soir , S'ennuyant presque, après avoir Epuisé dans mainte saillie , Et médisance et calomnie , Faute de mieux, parlaient devoir.

— Je veux me réformer, ma chère ; Conseillez-moi, que doîs-je dire ?

r— Il dut renvoyer votre amant.

— Fort bien ; mais pour en prendre un autre.

— Moins dépenser, — Bon ! de l'argent ?

Mon époux est si. bon apôtre.

— Ne plus jouer. — Le jour, hélas !

Est si long. — Ne jamais médire.

— Mais nous n'aurons plus rien à dire.

— Quitter le rouge. - On n'y tient pas..^

— il me vient une bonne idée.

Vos scrupules sont fort gênants :

Pour n'en être plus obséclée , Faîtes un peu jeûner vos gens.

Page 1