LA CONVERSION
T6t ou tard j qaoi qu'on petise, il &ut
Revenir à résipiscence.
Je fus , c'était moA seul dé&ut,
Aux jours de mon adolescence ,
Près du beau sexe , un franc vaurien.
Hélas ! il est si difficile
D'être à cet âge homme de bien.
Le vice est doux, le cœur fragile ^
Et le démon est si malin !
Mais f m'a-t-on dit^ le ciel accordé
A tout péché miséricorde*
Aussi je me réformerai ;
Je me consacre à la morale :
On en parle , j'en parlerai ;
On en écrit, j'en écrirai.
Pour efi&cer trop long scandale ,
Si besoin est , j'en révérai ;
Mieux que tel auteur à gros livre.
Je prêcherai Thonneur, la foi :
Je veux, si je ne puis bien vivre ,
Qu'on vive bien autour de moi.
Très à point s'offre à ma mémoire ,
Pour aider mes bons sentiments^
Un fait récent, un fait notoire.
Un &ît des plus édifiants ;
Je veux Yoas en conter l'histoire.
Femmes dont ^ en leurs plas beaux jours, La conduite avait été leste , De leurs ans Hrrés aux amours,' A Dieu voulaient donner le reste.
Vous riex.... D'honneur, au miroir, Sans crainte elles pouvaient se voir :
Leurs cœurs -, qui de travers s'accusent, Encor quelque mérite avaient; Mérite du moins se croyaient :
Souvent , sur ce , femmes s'abusent.
Toutes deux , tête à tête , un soir , S'ennuyant presque, après avoir Epuisé dans mainte saillie , Et médisance et calomnie , Faute de mieux, parlaient devoir.
— Je veux me réformer, ma chère ; Conseillez-moi, que doîs-je dire ?
r— Il dut renvoyer votre amant.
— Fort bien ; mais pour en prendre un autre.
— Moins dépenser, — Bon ! de l'argent ?
Mon époux est si. bon apôtre.
— Ne plus jouer. — Le jour, hélas !
Est si long. — Ne jamais médire.
— Mais nous n'aurons plus rien à dire.
— Quitter le rouge. - On n'y tient pas..^
— il me vient une bonne idée.
Vos scrupules sont fort gênants :
Pour n'en être plus obséclée , Faîtes un peu jeûner vos gens.