‹ Œuvres de Rulhière (volume 3)Chapitre 32 sur 56 · L'A-PROPOS · texte numérisé non relu

L'A-PROPOS

Cet înEaitîgable vieillard ,

Qui toujours vient y qui toujours part, Qu^on appelle sans cesse , en craignant ses outrages, Qui mûrit la raison , achève la beauté, £t que suivent en foule , à pas précipités , Les heures et les jours , et les ans et les âges -, Le temps qui rajeunit sans cesse Tunivers , Et de Fimmensité parcourant les espaces, Détruit et reproduit tous les mondes divers', Un jour, d*un vol léger, suspendu dans les airs. Aperçut Agiaé, la plus jeune des grâces.

Son cortège nombreux fut prompt à s^écarter; Le^dîeu descendit seul vers la jeune iounortelle : Ainsi Ton voit encore , à Taspect d^une belle, Les heures , les jours fuir, et le temps s^arréter. 11 parut s^embellir par le désir de plaire.

Et sans doute, le dieu du temps Sut préparer , sut choisir les instants ,

Ceux de parler, ceux de se taire ; Enfin , il fut heureux, malgré ses cheveux blancs. Uq autre dieu naquit de ce tendre mystère ^

Cherchez la troupe des amours,

La plus leste , la plus gentille ,

VousTy rencontrerez toujours,

C'est un enfant de la famille.

4o8 contes;

Le don déplaire promptement.

Les rapides succès , les succès du moment^

Forment sur-tool son apanage ;

Il est le dieu des courtisans, Et la faveur des cours est encor son ouvrage , Même quand elle vient par les soins et les ans.

Il donne de la vogue aux sages ,

Quelquefois de Fesprit aux sots.

Le bonheur aux amants , la victoire aux héros. On ne le voit jamais revenir sur ses traces ; H fuît comme le temps; il plaît comme les grâces ;

Et c^est le dieu de Fà-propos.

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