‹ Œuvres de RulhièreChapitre 4 sur 53 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

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Mais -de ce que les hugueaota n'^tadent plu$ à redouter, ii ea résultait qu'on s^ Uvraît 4e toutes piarts et ouvertemMt contre euxà uitehame q«ie le temps n^arait pas encore «s3o«pie» Fanimor site, avait survécu atux troubles ; et , dam beau* coup d'esprits v la crainte avait survécu au dan^ ger. Les cendres de la Ligue n'étaient pas totalemetit éteintes ; et nous ne pouvons nous jre^ fuser ici à une; observation. Loais XIV, en révoquant redit àh Nantes, et <^) permutant «pi'ua de. ses ministres allât encore bien au delà de cette ^évocation y s'est laissé entrsdner à cette animôsité publique.; mais au^unf bui la pitié générale a succédé à la haine ,. ^ le monarque qui se laisserait fléchir et qui rendrait enfin quelques droits à ces infortunés , daignerait » comme Louis XIV , condescendre au vœu presque unanime.

Ce n'est pas que , dans les armées , sur les flottes, à la cour même , une heureuse concorde ne régnât entre les deux religions. Plusieurs

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calvinistes étaient considërës de la nation eatière , les uns par leurs grands services, d'autres par leur immense savoir, d'autres par une aus^ . tère probité , quelques-uns par Tagrément de leur esprit.

« Il Y avait long- temps avant la révocation » de redit de Nantes, dit Ségrais en parlant » de la ville de Caen , que les catholiques et les >» huguenots vivaient ici dans une grande ka*^ » telligence ; qu'ib mangeaient , buvaient , » jouaient, se divertissaient ensemble, et se » quittaient librement , -les uns po«r aller à la » messe , les autres pour aller au prêche , sans » aucun scandale , ni d'une part , ni d'autre. »

La culture des lettres contribuait à cette con« ciliation. Pour peu qu'on sok versé daan l'htatoire de notre littérature , on sait que l'amitié établie entre quelques hommes des deux reli** gions , a fondé l'Académie française ; mais im sait moins communément que telle fut aussi l'origine de l'Académie de €aen , de ceBe de Nhnes , et de plusieurs auti^es.

Des cvéques célèbres s'honoraientde prendre place dans ces assemblées, et quelquès^ns!, dans les provinces, s'en déclaraient proteq-^ teurs , à l'exemple du cardinal de Richeheo.

Si A<mc la renaissance des lettres , d^ps' les premières années du quinzième siècle ; avait

%i ECLAIRCISSEMENTS

catisë les malheurs du schisme, les lettres ellesmêmes, en se perfectionnant, adoucissaient les esprits , et . faisaient succéder aux disputes^ d^une érudition dangereuse, les égards mutuels pour la diversité des opinions.

Mais tel n'éuitpas encore Fcsprit populaire, cet esprit qui , dans les monarchies les plus absolues , parvient souvent à dicter les lois ; et , dans le temps dont nous parlons, non-seulement le clergé, mais les. parlements, les cours souveraines, les universités f les corps municipaux, lès communautés des marchands et artisans se livraient en tonte, occasion à leur pieuse animosité. Dès qu'on pouvait, dans quelque cas particulier, enfreindre Tédit de Nantes, abattre un temple , restreindre un exercice , ôter uii eihploi à un protestant, on croyait remporter une victoire sur l'hérésie. On imputait hautement à la malédiction du ciel sur eux, toute espèce de malheur public. On les croyait auteurs de tous les crimes dont les auteurs étaient inconnus. Il restait dans la plupart des esprits l'opinion qu'ils avaient obtenu à main armée les privilèges dont ils jouissaient» On oubliait que le premier édit en leur faveur, l'édit de 1 562 , avait été crendu à l'assemblée des notables, sakis. guerre , sans effusion de sang , quand les princes de la maison royale étaient redevenus

les maîtres du conseil ; que Fëdit de Nantes avait été rédigé après de longues discussions , et accordé à ceux qui avaient le plus contribué à rendre le trône à Henri IV; et qu^enfm Tédit de 1629 avait été donné aux protestants soumis et vaincus, sous le nom àiédU de grâce. Ce sont les trois grandes époques des concessions qui leur avaient été faites. C^étaient les ouvrages du chancelier d6 THôpital, du président de Thou , du cardinal de Richelieu , noms respectés de la nation entière. Cest citer la justice , la vertu et le génie. Mais il n^y avait qufi les hommes très-éclairés, dont le nomlite est tou* jours si restreint , qui sentissent le respect dû à de pareillies lois. La haine et le fanatisme ne raisonnaient pas ainsi. On ne leur pardonnait pas d^étre échappés à tant d^analhèmes et de proscriptions; et^ suivant l'opinion commune , ils n^étaient soufferts en France que forcément. Un si cruel ressentiment semblait corrompre réquité des hommes les plus vertueux. Les nûuigistrats les plus intègres en inféraient que toutes les affaires où le calvinisme se trouvait mêlé , ne devaient pas être comptées entre les choses que , dans le langage de la jurisprudence, on appelle favorables , c'est-à-dire , 'pour lesquelles on interprète les termes des lois dans le sens le moins rigoureux ; et qu'au contraire, il

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fallait s^en tenir à la rigueur des expressions. On d(kidait donc, sans se croire injuste, toutes les questions qui leur étaient relatires , suivant ce droit rigide , qu^une maxime ancienne et généralement admise qualifie de suprême injustice; et, de quelque manière que leur droit pût être contesté, dès qu'il n^était pas véritablement incontestable, la décision leur était contraire. Cest Tesprit d'une multitude d'arrêts rendus, à cette époque, sur des cas particuliers, soit par ces tribunaux extraordinaires qu^on nommait les grands jours ^ soit par le conseil du roi, soit par les intendants des provinces.

Cette dernière autorité était nouvelle dans le royaume. Elle n'existait point lorsqu'on rédigea redît de Nantes; et les négociateurs de cet édit n'avaient pas dé songer à se prémunir contï^ elle. En effet les ordonnances qui forment encore aujourd'hui notre droit public, avaient voulu seulement que les maîtres des requêtes, suivant un rôle qui serait arrêté chaque année par le chancelier, fissent des cheçauehées dans les provinces , pour y recevoir les plaintes des peuples sur l'inexécution des lois, et en dresser des pl*ocès verbaux , pour les rappoï^tèr* au chancelier. C'était donc une inspection vigilante, et non une autorité dangereuse. Un établissement si sage avait ; selon toute apparence,

été interrompu pendant les guerres civiles; mais , en supposant qu'à Fépoque de IMdit de Nantes , la tranquillité rendue à T^tat dût faire présumer que ces visites annuelles recommenceraient bientôt , comment les calvinistes pouvaient'ils prévoir que cette inspection , protectrice des lois y ne tarderait pas à se changer en une autorité oppressive. Xes négociateurs de redit avaient donc assuré aux protestants des droits égaux à ceux des autres citojrens. Us les avaient protégés contre Tanimosité publique; ils avaient réussi h rendre les cours de jostice impartiales; et, quelques années plus tard^ Kichelien ^ en prononçant qu^ls pouvaient vivre avec sûreté dans les mêmes villes que les catholiques, n^avait pas cro'qu^ils pussent en* core être jugés avec impartialité par les mêmes tribunaux. Depuis ce temps, Richelieu avait non-seulement envoyé dans toutesies provinces ces délégués annuels, sous Tanciien prétexte « de re^epoir ies plaintes des peuples contre les » foules et ineommodités qu*Us rece^raèenty soit » dans Padmùustration de la Justice^ soù dans » la kçée des impôts , (pression des f cibles par » la vioknee , crédit et aidotité des grands , et » pour veiUer même sur ies gens d'é^e; » mais bientôt ces espèces d^inquisitëuPfi; avaient été rendus sédentaires dans toutes nos grandes

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capitales , maigre les inconvénients que Richelieu lui*méme prévoyait de leur séjour , « plus » propre , dit*il , à serpir leur vanilé particulière^ » tpie VutUité puidique ; » et ils étaient parvenus à enlever la connaissance de beaucoup d'affaires de justice aux cours souveraines, la levée des impôts à ceux qui en étaient charge, une partie de la police militaire aux maréchaux de France, presque toute la police particulière aux municipalités des villes, et enfin ils s'étaient emparés de presque toute l'autorité des gouverneurs et des, commandants des provinces.

On s'en était plaint de toutes parts , aussitôt qu'on avait eu la liberté de s'en plaindre; et^ pendant les agitations de la Fronde , ce fut un des plus justes griefs de la nation. Elle demanda la révocation des intendants ; la cour l'avait promise , et avait éludé cette promesse. Les chambres dé justice , établies pour les protestants , éprouvaient donc en cela le sort commun aux autres tribunaux. .Ce n'était pas à l'édit de Nantes que le gouvernement avait intention de porter atteinte ; c'était aux anciennes formesde l'administration générale du royaume; mais il en résultait également que beaucoup d'affaire3 où les protestants étaient intéressés , se trouvaient, contre la teneur de l'édit , livrées à des décisions arbitraires.

Le clergé français avait conservé sur eux de justes avantages , mais qui s^augmentaient d'an^ née en année. Personne n^gnore que la réforme du clergé avait été dans le siècle précédent le seul et véritable objet des novateurs » et que ce fut seulement dans Tanimosité de ces disputes qu^ils passèrent de Texamen des mœurs y à Fexamen de la doctrine. Dès ce moment, il fut facile au clergé de couvrir ses ressentiments de tous les prétextes que fournit le salut des âmes. Gardons-nous cependant de calomnier le clergé français , et rendons justice à ses vertus. Les temps les plus doux dont ces hérétiques aient joui dans le royaume , depuis 1629 qu'ils y sont abandonnés, sans défense , à la merci du gouvernement , ont été sous radministration de trois cardinaux qui, pendant ce long période, Font gouverné à trois différentes époques : Richelieu, Mazarin et Fleury; et, quand Tintolérance générale eut entraîné Louis XIY lui-même contre ses principes et contre sa volonté, le cardinal de Noailles, le seul qui , pendant un si long règne , ait eu quelque temps un grand crédit à la cour, parvint à suspendre la persécution. Mais cette conduite tenait plus aux sentiments personnels de ces quatre princes de VEglise, qu'aux sentiments de tout le clei*gé. U faut convenir que les pasteurs

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protestants ne travaillaient pas à calmer cette haine; ils s^occupaient gravement dans leurs synodes à faire déclarer que « le pape était » rantechrist^ que la religion romaine était » la prostituée de Babylone. » Le clergé leur rendait scrupuleusement injure pour injure ; il les appelait , « portes de Tenfer et concnbînes » de Satan ; » mais , si les deux religions s^injuriaient d^une manière atroce , il y avait cette extrême différence entre les invectives qu^ elles se permettaient Tune contre Fautre, que le clergé portait aux pieds du trône , dans tous ses discours au, roi, celles dont il les accablait , et avait droit d^y qualifier hautement de blasphèmes, les mots injurieux que ceux-ci osaient employer dans leurs livres. Il y avait une différence bien plus importante. Le clergé donnait de Targent au roi. On négociait avec ce premier corps de rétàt, pour obtenir en faveur des besoins du royaume, ce qu^on nomme le den gratuit; et les protestants, au contraire , avaient besoin de Targent du roi pour Tentretien de leurs ministres et pour la tenue deleurs synodes. Chaque fois quHls demandaient ji s^assembler , c'était une grâce pécuniaire quUls sollicitaient ; et chaque fois que le clergé s'assemblait ^ c'était une sorte de grâce' qu'il accordait à l'état Aussi chaque assemblée du clergé était^elle marquée

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par quelque avantage remporté sur eux, et chaque synode au contraire recevait de la cour quelques marques de défaveur. Si vous cherche» dans les collections du clergé cette longue suite de lois toujours plus sévères contre les calvinistes, que, de cinq ans en cinq ans, c'est-àdire à chaque renouvellement périodique de ses assemblées , il achetait ainsi du gouvernement, vous y observerez d'abord que ses demandes avaient quelque modération , tant que les calvinistes pouvaient être redoutés ; mais qu^elles tendirent vers une persécution ouverte , aussitôt qu^ils devinrent des citoyens paisibles. Vous y observerez ensuite que le gouvernement , de jour en jour plus obéré , lui vendait en détail la cassation successive de tous les privilèges dont il était possible de les dépouiller , sans une criante injustice ; qu'oot accordait à son argent ce qu'il demandait au nom de la religion ; et que cette vile ressource dura jusqu'à Tadministration économe de Colbert , où tout changea en leur faveur.

Ajoutons enfin que la considération dont les deux clergés jouissaient , était très-inégak. Les calvinistes,n'ayantaucune dignité ecclésiastique, n'ayant point de riches bénéfices, n'avaient, dans leur clei^é, que des hommes religieux et savants. D'un côté étaient la piété ella doctrine ;

mais , de l^autre , où la doctrine et la piétë se trouvaient également , il y avait encore les immenses richesses , la haute naissance , l'éducation des princes , la faveur à la cour, Fhabitude des gr^^nds emplois.

Il s'en fallait donc bien que les forces ne fussent égales; et, cependant, avec des armes si disproportionnées, au moment où Louis XIY commença de régner par lui-même, un combat en règle venait de s^ engager entre tout le corps du clergé, d'un côté, et tout le corps des protestants , de l'autre , au sujet de la nomination des commissaires pour réparer les infractions faites à l'édit. Le clergé regarda comme sa plus grande affaire , le soin de veiller , dans toutes les provinces , sur cette commission , et de diriger suivant ses intérêts, ou, si Ton veut, suivant le plus grand avantage de la religion , toutes les décisions qui allaient être rendues ; situation critique , qui n'eut cependant toutes ses funestes conséquences que plus de seize ans après , et dont il serait aisé de prouver que Mazarin mourant avait senti tout le danger.

C'en est assez , sans doute , pour expliquer par quels motifs, dans ce premier période de l'administration de Louis XIV à l'égard des protestants , on vit successivement paraître un grand nombre d'édits , d'arrêts, de déclarations

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qui avaient également pour objet de restreindre les privilèges des calvinistes , sans qu^on puisse iafërer de leur apparente connexité, quHb soient ëmanës d^un même pian , d'un système déjà formé pour Fentière ruine de la secte. Us tenaient à Fesprit général de ce temps-là. , au zèle du clergé qui ajoutait , de cinq ans en cinq ans y aux demandes déjà obtenues contre eux , des demandes toujours nouvelles , à la*vigilanced^une administration active , qui cédait un peu à cet esprit général , « et qui les renfermait dans » les plus étroites bornes que la justice et la » bienséance pouvaient permettre. » Ce sont les propres expressions de Lpi;iis XIV. On .sait aussi que la doulpureuse et longue maladie de. la reine mère répan<^ait sur, toute la cour un air de tristesse ^ y renouvelait souvent les ^ec* tacles d^édification et d'une piété lygubre , et augmentait Tempire de la religion et du clergé. Mais, dans ces temps mêmes d'une appaurente dévotion et d'une administration vigilante, les principes qu'on suivait laissaient encore lieu à cette impartialité dont Louis XIY s'applaudit dans ses Mémoires. On pourrait en citer beaucoup d'exemples. Il y a cependant une de ces déclarations , infiniment remarquable , parce qu'après un intervalle de dix-huit ans, le zèle dès conversions s'en est étrangement prévalu, 5. 3

i4 ECLAIRCISSEMENTS

et qtÉë, d^iintiée éh arlMéé , èoMinuant d*en abu- ^r iùiijootà àé plus M pltrs, il s'cfâ ^st elifin 9ëtr\ poat rentérséf pT^ëmirturénteiit tous leè têmplw, et daiisr la soîtc eWcore, pcmr tâcher d^aboHr ei^ France, jusqo^îtu nmtt des pi*éteridus tèffyrttiés. Elle foi fendue dàirs Vtthiqae désseiM dé maihtenir une sirger police entre les deont religtoits j et le cléfgé, en robténant de LouwXlV, ne Itri proposa, liî de cotnmcncer une pérsécutiott 4 ni rièft qtiî paftft ^ fendre. G'és* tine loi fendue èA i 663 , contre les relaps, Gé tiom détiré d'un mot lafiri (jûi sigtrifie ivtc^bér^ désigne , en effet, cent qui tetôthbent d^ffePherésieflEpffel'âToir abjûfëé. Cette faute, aut yetrt dés Héiés^ katlroliqaës , était là plus irrértiîssible ; et te tiortf, f infurfe la plus diffamante. Ùtt ^e sôtrtéAafit ettcôre dé s'en être sérrîpotirsôulever les peuples Mtïtte fténri IV. Un àrfldîé ée Féditde Nantes setttblaf* fovotisef CfiHie t<jftipàble légèreté ; mais , c'dnnné il avait cftt pottt' objet d'ànnûIer les c6ttversrons afraéhées dé forée pendant tes giierTe^ civîlés , où n^dVAÎt crif, en le rédigeant, ïrf demander ni accorder urté fâff énr ; dés gete â qui on âtait Ait^ à la mort, on la liiesée, a diseours feAu à Henri IV lùi-métttè , là nuit dé la Sâînt-Bârthéfertfi^ Paient dà* obtenff le droit dé réfracter de telfes abjurations. Céf article, qui est le

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âli^jK/iiVlèihè de Tédlt, contenait dbhcûii juste d^vetf dé cëà tîolétïces , et , pdt* aîtiâi dite , ufté éifiiàtiOri de tëlk rïîiît fatale; Abht on ne pbuyah trojl efl'alcèr là mëitidire. Mais, dans la suite, qiiéI(|tlèS |)tbtéitarits avaient phnsé dé cette facilité. Dé^ esprits irit(t]ieiÀ àvaieût flotte eirth? les deùi religîôrb : tel fdt , pdih exemple , Aài& lé témpfs ddht nousl parlons , le célèbre Bdjflë ^di; ttcS']ëhAé èfiéore, était déjS touritièhté iiar lé ddttte àoht 9 â fait, dans iiii âgé pliJè mûr; la basé dé ââ {AAloèbphiè. D'autres , pbnr qîiel^iïe^ Ihtéret^ |)ârtici]liér^ , soit de iffarîàge ou de ^cèèssioii; it^lkiiii feint de se cdriVèttif'; et, quand cet àHiSité ïeùr àtait rëus^,ils ijiirttdlfcât té dfigui^ément, et retournaient à leur ancien culte. Tfàiitréé etinh, k^rki Vivait quitté ; pai* séduction ou par faiblesse , y retourtiâilènt pai* péHtiiéiotl ou par uïie smé de pôiiit d'hbnfièiii' ; et, éî tiouè voulions (Ufeiiiuer Thôrteur de cette faute par d'illuâtré^ eiëiri|ïles , nous dirîbnS que tel ftit âldi^ d'A- Wrftièourt, ati déè éérîvaîHé tpii oift lé jiluà ctmtmué ht ÀoHûèir U notre làH^tie ce caractère d< raisori et de plùrèfé c(til là dî^ingue ; ëi tel efica#è de' tiSà ]oiivè te iàhiédx (fitoyèn de GeéH quî, à tant dé titrée, à' si kkii ihéi\té du genre hamàiri. Leé éàlvinistéè âisHerif éettê légèreté en horreui:; et pour la préWiiir, iïs

avaient décide de n^admettre à leur culte les catholiques , qu^ après avoir exigé d^eux des épreuves dont la durée dépendait des circonstances. Nous croyons aussi que plusieurs évéques avaient établi dans leurs diocèse^ de semblables règle$,et qu'on n'y admettait les calvinistes à faire abjuration qu'après avoir long-temps éprouvé la sincérité de leur foi. Peut-être aurait-il falla se contenter, pour réprimer un abus également abhorré dans les deux religioiis , d'imiter des deux parts une semblable sévérité , de rendre générales les règles que la piété rigide de ces évéques doit leur avoir suggérées. Mais d'autres ecclésiastiques trouvèrent plu? sûr d'armer le bras séculier , et d'implorer contre les relaps la sévérité du gouvernement. *

Leurs sollicitations , pour obtenir une loi à cet égard , furent long-temps vaines.

Les premières tentatives avaient été faites en i638, par les évéques de Languedoc. Le cardinal de Richelieu ne confirma point les ordonnances provisoires que ces évéques avaient obtenues de l'intendant, soit que Richelieu regardât cet abus comme un léger mal attaché au bien inappréciable de la liberté de conscience , dont il.,.fut tellement protecteur, qu'il régla même dans quelle forme un catholique pourrait abjurer sa religion et embrasser le calvi-

nisme, soit peut-être qu^ëtant ne douze ans après la Saint-Barthëlemi, le souvenir, encore récent pendant son ministère , des troubles occasionës par les conversions forcées, et rhorreur qu'elles avaient laissée dans tout esprit sage , lui rendissent plus sacrée la loi qui semblait les proscrire pour toujours.

L'assemblée du clergé de 1660, renouvela cette demande ; et tant que Mazarin vécut , elle ne put Fobtenir. Mais il semble que la mort de ce ministre interrompit la tradition de cette prudente politique. Nous verrons ici plus d'une fois, et, on peut souvent Fobserver dans les gouvernements soumis à Tautorité d'un seul, que la mort d'un administrateur formé par un long usage des affaires , et dont rexpéricnce s'était mûrie à l'école de ses prédécesseurs , fait perdre le fil des plus utiles traditions et des maicimes les plus sages. L'assemblée du clergé profita du changement d'administration. Elle fit promptement intervenir une ordonnance provisoire de l'intendant de la Rochelle ; elle en sollicita la (Confirmation ; elle demanda que cette ordonnance particulière fût érigée en loi générale, et confondit dans sa demande les rélaps avec les apostats ; association qui faisait envisager les premiers sous un jour plus odieux. Mais de quelle manière fut-elle obtenue cettct

38 EGLAII^CISSEMENTS

Ipi q\xi eut d^ §uit|e9 ^i extr^or^ioa^fg^ et ^\ iiqfportapte^ ?

Loujs XIY9 dans ses Mémoires, le raconfp en cc$ f-crmes : i< .jusqu'aux moindres dé|[iQf£|irph^^ » tout ët^it ipipqrtant pour faipe ypir à 1^ » ]Pr<|ifice quel serait Tesprit 4^ >P^P V^&^P* » J'étais bless^ d^ la piai|ièr^ doot on s^^^ta^t » accoutumé à traiter ayec ]p pripce, pu glqtôt ^ avec le ministre ; mettant toujpqf^ pQ çqndir n tion ce qt^'j} fal^^jt af;t^|ndre4e 0921 jusfipe ou >) de ma bonté. L^a^seipl)|^ç cm Ç^^gf 9 9^^ A^^t >» duré ^ong-ten^pfii ^afts Pa^^s, 4jf(ér^t:, à » rordinairey de ^e spparer, çq^fc^e je TaTais » témoigné squhait^r, {usqu'à Texp^^tipi) de. » certaip^i édits gu^elle avaif (ipn^^i^ill^^ ^^fiÇ » instance. Jp lui fi^ e^iteBçJrp qq^n^'ofet^ai^ ?> plus rien par ces sortes 4^ vqigs : ell|3 se s^rr >> ps^ra ; et ce fut alors seulement que les éditf » furpnt expédiés. » Le îeqnexnonair^m?) ÇQRr tçnt de s'être fait promptejq[iefit pbéir par if p^:em,içr corpjs de ;^pï\ rpyaur^e, r^cpnipçn^ cette prpmpte ol)éi5sanpp , pu apcprd^t, ^ ^on tour, ce qpe le çlprgé ajy^t p^ yain ^pljipHé d$ j^iclieUeu et de Mazstf'û:^ ; ç^ Je spaç^^sdr^ d'ét^it » chargé ^e çç départeimeîi^ , feowjgpf saM génie çt 5j2[ns lumières, (ppus ^ypn^ ^éj^ cité «ujppe ininistre Tsintp^^itç 4u rqi ^p^Tn^^nae) cé^si , d$ $p^i çô^ç , ^ans rien rçpyp^cflter, $ani^ ri^n pr^

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yoî^. JU npyv^Jl^ Ipi fyL% 4»n^ wx Mvle$ abju- T^tiow £aiys 9y#iH V4dH d« Nwtc» , le «eofi de Ç0tt article çâèbi?^ ; e0« «'attteba à faira tomhcr sur le^ F^Ifip^ , ei| )m F^ttmmmt avec le» apostats , ippitç rtipiraiir due %u\ eriniee de.profi»^ 4pUÎop e$4^ «as^ge, £lle 0fdiH>ii|i de procéder g^fHn^ €ui: ^niyaiit Al rigiwsr des n^rdomumees, svina sp^i^^r ^ qu'on appelait la rigueur dea ordpppaui:^ aur iina l»ute qui, jusquarlà, a'ay^it poiut éXé poufauî^e ooome uu crima.

J^'anifumîté fCQQtra lea proteataata itaii si générale , que la plupart des trîbmaux instruisirent aussitôt des procès criminels contre ceux qui avaient commis cette faute « avant que la déclaration fût rendue ; mais le conseil du roi était encore si juste , qu'il se pressa d'interpréter sa loi , et fit défense d'y donner un effet rétroactif. Il fallut ensuite définir ce qu'on ap- {gelait la rigueur des ordonnances; et il fut statué que les relaps seraient bannis à perpétuité hors du royaume : tant on était loin d'avoir formé'le système de persécution , auquel a tenu la révolution vingt ans après , lorsqu'on enferma dans le royaume , par les plus sévères défenses , ceux qu'on força d'abjurer par d'extrêmes rigueurs , et qu'on espérait retenir dans la vraie religion par l'effroi des nouvelles peines qui furent alors imposées aux ré laps.

4o ECLAIRCISSEMENTS

Voilà comment une faible atteinte portée à redit de Nantes , si faible qu'elle ne paraissait même pas en enfreindre le sens littéral , en devait bientôt, et presque seule , entraîner la ré- Yocation. Le désir inconsidéré de corriger un. léger mal , préparait une dangereuse révolation. Les plus grands ministres qu'ait eus cette monarchie avaient toléré ce léger abus; et cependant toute la sagacité humaine ne pouvait aller jusqu'à prévoir, dans un ébranlement presque insensible, l'instante et prochaine ruine de tout ce grand ouvrage.

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