Pour résumer brièvement ce que nous
* Ps. XXXI, i. — « Ps. cv, 4, 5. — • Cant., i, 3.
SUR LE CANTIQUE DES CANTIQUES
avons dit longuement du cellier, du jardin et de la chambre, ligurez^Vous trois sortes de temps, trois genres de mérites, et comme trois ^espèces de récompenses. Le jardin vous rappelle le temps, le cellier, les mérites, et voyez les récompenses dans la triple considération de r&me, qui cherche la chambre mystérieuse. Maisc'est assezparler du cellier; s*il &ut ajouter quelque chose à ce que nous avons dit du jar-
din et de la cliambre,et s*il se présente, par hasard,'d'autres réflexions, nous ne les omettrons pas à l'occasion. N'en disons pas davantage et ne recommençons pas : vous pourriez trouver un sujet d'ennui (ce qu'à Dieu ne plaise) dans ce qui a été dit à l'honneur et à la gloire de l'Époux del'Ëglise, J.-C. Notre-Seigneur qui est béni par dessus tout, dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.
SERMON XXIV
Saint Bernard s'élève principalement contre le péché détestable de détraction, et il montre
en quoi consiste surtout la droiture de Thomme.
1 . Dieu, dans sa clémence, mes frères, a enfin décrété du haut du ciel notre troisième retour de Rome, et son visage nous a souri. Le délire de Pierre de Léon a cessé ; sa malice a eu un terme, et l'Église a recouvré la paix. L'esprit infernal, qui, depuis huit ans, la troublait par un schisme déplorable, a été terrassé aux pieds de Dieu. N'est-ce pas à lui que je suis redevable d'avoir échappé à tant de périls et de vous être enfin rendu? Oui, j'ai été rendu à vos désirs, et je viens travailler à votre perfection. Je vis, grâce à vos mérites, et je veux vivre, pour entretenir votre ardeur et procurer votre salut. J'accepte volontiere la prière que vous m'adressez, de continuer l'explication autrefois commencée siu* les Cantiques, et je pense qu'il vaut mieux revenir sur l'entretien resté interrompu, que de dire quelque chose de tout à fait nouveau; mais je crains que la hauteur du sujet ne dépasse les forces de mon esprit devenu comme étranger à ces matières, après une aussi longue interruption et après avoir été longtemps préoccupé de questions nonseulement si différentes, mais encore si déplorables. Cependant je vous donne ce qui me reste. Le Seigneur daignera peut-être accorder à mon humble soumission et en votre faveur, ce qui me manque; sinon, vous accuserez mes moyens, mais non ma bonne volonté.