HOMÉLIE II
Sur le premier chapitre de saint Luc^ 26-27.
1 . Ce cantique nouveau que les vierges seules chanteront dans le Royaume de Dieu, Marie la Reine des vierges le chantera en leur compagnie, ou plutôt elle l'entonnera la première (qui peut en douter ?). Je crois môme, qu'outre ce chant permis aux vierges seules et qui lui sera commun avec elles, Marie réjouira la cité de Dieu d'un autre plus doux et plus élégant. Mais même parmi ces vierges, il ne se rencontrera pas une âme digne de redire et d'exprimer les suaves modulations réservées à celle qui seule peut se glorifier d'avoir enfanté, et enfanté un Dieu. Et quand je dis qu'elle se glorifie, ce n'est pas en elle-même, mais dans celui quelle a mis au monde. En efTet Dieu (et c'est un Dieu qui est son fils,) voulant donner dans le ciel, à sa mère, une gloire singulière, a pris soin de la prévenir ici-bas d'une grâce spéciale qui lui permit de concevoir sans tache, et d'une iiEiçon ineffable, et d'enfanter
sans corruption. Un Dieu devait naître de la sorte et d'une vierge seulement, et une vierge ne pouvait enfanter qu'un Dieu. Le Créateur du genre humain ayant résolu de se faire homme et de naître de l'homme, a dû se choisir, disons mieux, se créer à lui-môme une mère digne de lui et qu'il connût capable de lui plaire. Il voulut donc qu'elle flït vierge, afin que Celui qui est sans tache, qui venait pour purifier les hommes de leurs souillures, sortît d'une source immaculée. Il voulut qu'elle fût humble, afin de sortir de son sein, humible lui-même et plein de douceur, et de donner au genre humain un exemple nécessaire et très-salutaire de ces vertus. Il accorda à une vierge d'enfanter en demeurant vierge, après lui avoir inspiré de lui vouer sa virginité, et l'avoir enrichie du mérite de la plus par&ite humilité. Comment sans cela l'ange aurait-il
iPs. uni, 39.