POUR LA PÈTE UE LA PENTECOTE
de feu, pui$(iue> comme nous l'avons dit plus haut, ces trois facultés semblent constituer Fâme tout entière? Ces langues qui paraissent dispersées sont la multitude des saintes pen^sées ; mais comme elles procèdent d*une seule et même lumière, qui est la vérité, leur multiplicité ne forme qu'un seul et même feu« qui est la charité. La maison cependant ne sera remplie qu'à la consommation des choses, lorsque TEsprit-Saint versera dans notre sein une bonne mesure, pleine, entassée et surabondante. Mais quand cela arrivera-t-il f N'en doutons pas, lorsque les jours de laPentecôte seront écoulés. Que vous êtes heureux, vous qui touchez à la cinquantième année, à l'année du jubilé, ou qui y êtes parvenus ! Je parle de ceux de nos frères à qui FEsprit-Saint a déjà dit de se reposer de leurs travaux. Car c'est encore ici une des opérations du Saint- Esprit. Vous savez, mes frères, que nous célé-
brons deux temps différents dans Tannée d'tme manière toute particulière : l'un de quarante, l'autre de cinquante jours; l'un, avant la Passion, l'autre, après la Résurrection ; celui-là dans la componction du cœur et les larmes de la pénitence^ celui-ci dans la componction de l'esprit et avec des chants d'aUégresse* Le premier est la figure de la vie présente ; le second, celle du repos des saints après la mort. Lorsque la fin de cette cinquantaine sera arrivée, je veux dire, après la résurrection et le jugement, c'est alors que les jours de la pénitence seront accomplis, que le Saint-Esprit régnera dans toute sa plénitude et qu'il remplira toute la maison. Car toute la terre sera pleine de sa majesté, puisque nonseulement Tftme, mais le corps lui-même ressuscitera spirituel, si toutefois, comme l'Apôtre nous l'enseigne, pendant sa vie animale, il à semé dans la vie spirituelle.^
SERMON II
^es œuvres de la Trinité en nous, et de la triple grâce du Saint-Esprit.
{. Aujourd'hui, très-chers frères, les deux ont distillé leur rosée devant le Dieu du Sinal, le Dieu d'Israël qui a versé sur l'héritage du Christ une pluie de choix ^ L'Esprit-Saint procédant du Père, est survenu dans les apôtres avec une abondance extraordinaire, et leur a apporté des grâces privilégiées. Jésus- Christ était ressuscité avec magnificence ' de là monté au ciel avec gloire, il y siégeait sur un trône sublime; il ne restait plus qu*à combler la joyeuse attente des justes, et à remplir des dons du ciel des hommes tout célestes. N'est-ce pas ce qu'Isaïe avait prédit avec tant d'autorité et de précision T En ce jourlày dit-il, le germe du Seigneur sera dans lamagni-* licence et la gloire; le fruit de la terre deviendra sublime ; il sera un sujet de joie pour ceux qui auraient été sautés en Isarël 2. Jésus-Christ est le germe du Seigneur (et non d'Adam). Il a été seul conçu d'un germe sans tache, et s'il a pris la ressemblance de la chair, du péché, il n'a pas pris le péché. Fils d'Adam selon
* Ps. LxviJ, 9, 10.— • Isa!., IV, 2.
la chair, 11 n'a paâ hérité de la prévarication d'Adam ; il n'était pas fils de colère par nature, comme le reste des hommes conçus dans l'iniquité. Donc ce germe sorti de la tige de Jessé, et sur un rameau virginal, a été entouré de magnificence quand il est ressuscité ; car, alors. Seigneur, vous avez été exalté d'une façon sublime , vous ave2 revêtu l'éclat et la gloire, vous vous êtes entouré d'un vêtement de lumière 2. Et quelle a été encore la gloire de votre Ascension, quand le cortège des Anges et des ftmeâ saintes vous ramenait à votre Père, et, qu'introduit triomphalement dans les cieux, Vous placier au sein de la divinité, l'humanité que vous aviez prise ! Comment, je ne dis pas exprimer, mais imaginer la sublimité à laquelle est élevé ce fruit de la terre, assis à droite du Père, spectacle qui éblouit les natures célestes, fait trembler les regards des Anges, incapables de le contempler? Que la joie. Seigneur Jésus, se répande doncsur les enfants d'Israël qui ont été sauvés, sur vos
* I Cor., XV, 44* — • Ps. cm, 1, 2.
apôtres choisis par vous, avant la création du inonde ! Vienne votre Esprit, qui lave les souillures , infuse les vertus, Esprit de justice et d*amour.
2. Considérons attentivement ce que la Très-Sainte-Trinité a fait pour nous depuis le commencement du monde, et ce qu'elle ne cessera de faire jusqu'à la consommation des siècles, et quelle est la sollicitude de cette infinie Majesté, qui gouverne et régit ce grand univers, pour nous empêcher de nous perdre éternellement. Ce Dieu trois fois Saint avait, par sa puissance, tiré tous les êtres du néant, il les régissait par sa sagesse. On voyait reluire d'une manière admirable ces deux attributs dans la création et la conservation de ce vaste univers, et dans l'une et dans l'autre éclataient les effets de son ineffable bonté. Cependant une bonté plus grande encore, et qui devait en un jour favorable mettre le comble à toutes les autres, était cachée dans le cœur du Père , comme il le dit lui-même par un de ses prophètes : Je médite des pensées depaix^. C'était de nous envoyer Celui qui est notre paix, qui de deux choses divisées n'en a fait qu'une ; il pensait à nous donner paix sur paix; paix à ceux qui sont loin, paix à ceux qui sont proche 2. C'est donc pour exécuter ce projet, que, du plus haut point d'élévation, le Verbe de Dieu, invité par sa bonté, attiré par sa miséricorde, poussé par le désir de vérifier les prédictions des prophètes, est descendu vers nous. Il a été reçu dans un sein pur et virginal, sans en blesser l'intégrité. Il en est sorti par sa puissance, l'obéissance a dirigé tous ses pas, la patience l'a soutenu dans ses travaux, et la charité l'a porté à se manifester par ses paroles et par ses miracles.
3. Si donc je viens à considérer, d'un côté, mes misères, de l'autre, les biens dont mon Seigneur me comble, et que je fasse un sérieux retour sur moi-même, que de motifs pour m'engager à réformer ma conduite sur ses divins préceptes I Ces biens sont ineffables, car, pour tout dire en un mot, la divine sagesse ne pouvait, dans toute sa sagesse, rien trouver de mieux que ce qu'elle a fait pour nous racheter. Mais les maux qui nous accablaient étaient sans nombre. Mes péchés, dit le juste , surpassent le nombre des grains de sable de la mer. Voils me pardonnerez mon péché, dit-ilailleui:s, parce qu'il est grand 8. Le serpent tortueux fut envoyé par le Diable pour insinuer son venin par les oreilles de la femme, et infecter ainsi toute sa postérité. L'Ange
* Jérém., xxix, 29, 1. — • Éphés., 11, i4, 17. — « Ps. XXIV, 11,
Gabriel fut ensuite député par le Seigneur pour faire retentir le Verbe du Père aux oreilles d'une vierge, pour en remplir son esprit et son sein, afin que le remède fût appliqué par la même voie par laquelle le poison était entré. Nous avons vraiment vu sa gloire, la gloire du Fils unique du Père. Car tout ce quf le Christ nous a apporté du cœur du Père est paternel; de sorte qu'il n'y a rien dans le Fil> de Dieu qui ne soit doux, rien qui ne sente la bonté d'un père, rien qui soit propre à inspirer aux hommes la moindre frayeur. Depuis la plante des pieds jusqu'au sommet de la tète, il n'y avait en nous rien de sain. Nous étions dans l'égarement dès le sein de notre mère. Nous étions condamnés lorsque nous nous formions en elle ; puisque nous tirons notre origine du péché, et que nous avons été conçus dans le péché.
4. Or Jésus-Christ a appliqué d'abord le remède où a paru la première blessure, en descendant substantiellement dans le sein d'une vierge. Il y fut conçu du Saint-Esprit, comme dans le milieu de la terre, afin d'opérer notre salut, en purifiant notre conception qui, si elle n'avait pas été Tœuvre de l'Esprit malin, en avait été au moins infectée. Et aussi afin que sa vie dans le sein maternel ne fût pas oiseuse, il y panse, durant neuf mois, notre vieille blessure, il en sonde la corruption jusqu'aux dernières profondeurs, pour y substituer une santé éternelle. Déjà il opérait notre salut au milieu de la terre , au sein de la vierge Marie, qui, grâce à d'admirables propx'iétés , mérite d'être appelée le milieu de la terre. C'est en effet vers elle,'comme vers un centre, vers l'arche de Dieu, la cause de tout, l'œuvre des siècles que tournent les yeux, et les habitants du ciel, et ceux de l'enfer, et nos devanciers avec nous, et ceux qui viendront après nous, et leurs enfants, et les enfants de leurs enfants. Les habitants du ciel pour y trouver le repos ; ceux de l'enfer, leur délivrance; nos devanciers, pom* être trouvés vrais en leurs prophéties ; leurs successeurs, afin de se glorifier. Toutes les générations vous proclameront bienheureuse >, Mère de Dieu, reine du monde, souveraine du ciel I Oui, toutes les générations. Car il y a les générations du ciel et celles de la terre. Dieu est le Père des esprits, dit l'Apôtre, et de lui dérive toute paleymité au ciel et sur la terre ^. Et toutes les générations vous appelleront bienheureuse, parce qu'à toutes vous avez donné la vie et la gloire. C'est par vous en effet que les Anges ont trouvé la joie, les justes la grâce, et les pécheurs le pardon. Toute créature
1 Luc, I, 40. — * Éphés., m, 13.
POUR LA FÈTJÎ DE LA PENTECOTE.
tourne justement vers vous ses regards, car c'est en vous, par vous, et par un bien sorti de vous que la main miséricordieuse du Tout- Puissant a réparé ce qu'elle avait créé.
5. Puisque vous m'avez donné votre conception, ô mon Sauveur Jésus, donnez-moi. s'il vous plaît, encore votre vie ; car, non-seulement ma conception est impure, mais ma vie est pleine de périls, ma mort est mauvaise, jet après elle j'en ai encore une plus funeste à redouter, la seconde mort. Non -seulement, me dit-il, je te donne ma conception, mais encore ma vie, et les différents âges par lesquels j'ai passé, mon adolescence, ma jeunesse ; j'y ajouterai ma mort, ma résurrection, mon ascension, l'émission de mon Saint-Esprit, afin que ma conception pui ifie la tienne, que ma vie soit le modèle de la vie, que ma mort détruise la tienne, que ma résurrection précède celle qui t'attend un jour, que mon ascension te prépare la voie par laquelle tu dois aussi un jour monter au ciel, et enfin pour que mon Esprit- Saint fortifie ta faiblesse. C'est ainsi que tu connaîtras la voie par laquelle tu dois marcher, avec quel soin tu dois y marcher, et le but où elle te doit conduire. Tu conformeras ta vie à la mienne, afin que, comme j'ai pratiqué sans relâche la pauvreté, robéissancc, l'humilité, la patience, la charité, la miséricorde, tu marches aussi sur mes traces, sans te détourner ni à droite ni à gauche. Dans ma mort, tu trouveras ma justice , qui brisera le joug de ta captivité, qui terrassera les ennemis qui s'opposent à ton passage dans la voie ou qui se tiennent à l'écart pour te tendre des pièges, afin que désormais ils n'aient plus la hardiesse de te nuire. Gela fait, je retournerai dans ma maison d'où je suis sorti, et j'irai de nouveau montrer ma face aux brebis que j'ai laissées sur les montagnes et que j'avais abandonnées pour courir après toi, et plutôt afin de te rappoj-ter dans le bercail que pour t'y ramener.
6. Et afin que mon absence n'excite en vous ni murmure, ni tristesse, je vous enverrai l'Esprit consolateur qui vous donnera le gage du salut, la force de la vie, la lumière de la science. Le gage du salut : cet Esprit rendra lui-même témoignage à votre esprit que vous êtes le Fils de Dieu. Il imprimera et mettra en votre cœur les signes les plus assurés de prédestination (a); il répandra la joie en votre cœur, et il engraissera votre âme , sinon tou-
(a) l\ appelle CCS signes Irës-assurés comme au Sermon II,
pour VOctave de Pâques, n» 3; il dit que cette certitude
nous est tout à fait refusée. Voir Sermon J, pour la Sep-
tuagés,, n' 1 : Nous n'avons pas la certitude; mais la
nifiance inspirée par l'espérance nous console^ etc. y ete.
jours, du moins fréquemment des douces rosées du ciel. La force de la vie : afin que ce que la nature vous rend impossible , sa grâce vous le rende non-seulement praticable, mais aisé. Les labeurs, les jeûnes, la faim, la soif, toutes ces observances qui cacheraient la mort si elles n'étaient adoucies par cette farine * vous deviendront délicieuses; vous y trouverez des richesses de toutes sortes. La lumière de la science : afin qu'après avoir bien fait toutes choses vous ne vous regardiez que comme un serviteur inutile; que le bien que vous trouveriez en vous, vous le rapportiez au principe de tout bien, sans lequel vous êtes incapable non-seulement de rien achever, mais de rien commencer. Ainsi ce divin Esprit sur ces trois points vous enseignera toutes choses, tout ce qui intéresse votre salut, car c'est en cela que réside la pleine et absolue perfection.
7. Et c'est ce que ce même Esprit nous dit par le Prophète : Semez pour vous dans la justice; en cela il nous montre le gage du salut : Recueillez Vespoir de la vie ; c'est la force de la vie; et allumez en vous la lumière de la science 2. C'est l'expression même dont nous nous sommes servis. Voilà pourquoi cet Esprit s'est montré sur les apôtres sous la figure du feu, doué d'éclat et d'ardeur. Ceux qu'il remplit, il leur communique et la ferveur de l'esprit, et la connaissance de la vérité, car la miséricorde seule les prévient et les dirige. Quel trésor de cette miséricorde avait amassé cet enfant du Seigneur qui s'écriait : Sa miséricorde me préviendra ^ \ sa miséricorde est devant mes yeux '*. Elle me suivra tous les jours de ma vie ^. Il me couronna dans sa miséricorde et sa bonté^. Mon Dieu, ma miséricorde"^ ! Avec quelle douceur vous avez vécu au milieu des hommes, ô Seigneur Jésus! Quelle richesse et quelle excellence de biens vous leur avez prodiguées! Avec quelle force vous avez enduré pour eux des indignités cruelles ! En sorte que nous pouvons sucer le miel de la pierre et l'huile du dur rocher; dur en paroles, plus dur dans les coups, très-dur dans les horreurs de la Croix. Et dans tout cela, comme un agneau, il s'est tu devant le tondeur, et n'a pas ouvert la bouche. Voyez la vérité de ces paroles : Le Seigneur a été plein de sollicitude pour moi ^. Pour racheter un esclave, le Père n'épargne pas le Fils; le Fils se livre volontairement lui-même ; tous les deux envoient l'Esprit-Saint, et l'Esprit prie pour nous en des gémissements ineffables.
« IV Rois, IV, 41. — « Osée, x, 12. - - » Ps. lvui, 11. — * Ps. XXV, 3. — * Ibid, XXII, 6. — 0 Ibid., eu, 4. — ' Ibid., LViii, 18. — « Ibid., xxxix, 18.
8. 0 dureté et insensibilité des enfanta d'Adam! Ils ne peuvent être amollis par une si grande bonté, ni enflammés par la fournaise d'un si ardent amour, en considérant que, pour de si viles denrées, il nous donne de si précieuses marchandises 1 Car ce n*est ni avec de l'or, ni avec de l'argent corruptibles qu'il nous a rachetés, mais avec tout son sang répandu en abondance , puisqu'il en a coulé des flots par les cinq ouvertures de son corps sacré. Qu'a-t-il dû faire de plus qu'il n'ait pas fait? Il a éclairé les aveugles, ramené ceux qui s'égaraient, réconcilié les coupables, justifié les impies ; il a vécu trent6*trois ans sur la terre, il a conversé avec les hommes, il est mort pour eux. Celui qui d'un seul mot a créé les Chérubins, les Séraphins et les vertus
des Anges, le Tout-rPuissant, le Mattre souverain de l'univers, s'est rendu obéissant, et s'est à soumis à tout. Que demande donc de vous Celui qui vous a cherchés avec tant de sollicitude, sinon que vous marchiez vous-même?
avec sollicitude en la présence de votre Dieu? Or, mes frères, c'est l'Esprit-Saint, le scrutateur des cœurs, celui qui discerne nos pensées et nos intentions, qui ne peut souffrir la moiodre paille dans le cœur qu'il possède et où il a fixé sa demeure, mais qui la consume aussitôt par le feu de la recherche la plus scrupuleuse ; Esprit de douceur qui sait plier notre volonté, ou plutôt qui Texcite et la dirige selon la sienne, afin que nous la puissions coinprendre clairement, aimer ardemment et accomplir efficacement.
SERMON III
T)es opérations multiples du Saint-Esprit en nous.
1 . Avec quel empressement je vous communiquerais les inspirations dont le ciel daignerait me gratifier! J'en atteste cet Esprit dont nous célébrons aujourd'hui la principale solennité! Puissions-nous y apporter une dévotion digne de la fête I C'est cet Esprit, mes très-chers frères, qui vous a rassemblés, non pas seulement dans une même cité, mais dans une même maison, pour se reposer sur vous, sur des &mes humbles el pleines pour sa parole d'une pieuse terreur. Il a couvert de son ombre la Vierge, il a fortifié les apôtres, afin de tempérer pour une chair virginale Faccès de la divinité, et de revêtir les apôtres de la vertu d'en Haut, c'est-à-dire des plus vives ardeurs de la charité. Telle est la cuirasse revêtue par le chœur apostolique, lorsqu'il s'élance comme un géant pour exercer la vengeance parmi les nations, châtier les peuples , enchaîner les rois et mettre des menottes de fer aux mains de leurs princes ^ Comme leur mission était de lier le fort en sa maison et de lui enlever ses armes, ils avaient besoin d'une force supérieure à la sienne. Comment auraient- ils triomphé de la mort et des portes de l'enfer, s'ils n'avaient possédé cette énergie victo-
* Ps. CXLIX, 7, 8.
rieuse de Tamour, forte comme la mort, et du zèle énergique comme l'enfer ? Es avaient été imprégnés de ce zèle quand on les croyait plongés dans l'ivresse *. Oui, ils étaient vraiment pleins de vin, mais non du vin dont parlaient les incrédules. Ils étaient ivres d'un m nouveau que les vieilles outres ne méritaient ni n'étaient capables de contenir. Ce vin venait de cette vigne d'en Haut; il réjouit le cœur sans troubler la raison. H engendre les vierges sans pousser les sages au désordre. Vin nouveau, mais seulement pour les habitants de la terre. Car au ciel il abondait déjà, non en des celliers et en des outres ni en des vaisseaux d'argile, mais en des magasins tout spirituels. A travers les rues et les places de cette cité coulait ce vin qui met la joie au cœur, sans allumer dans la chair les feux de la luxure; mais les fils de la terre, les enfants des hommes ne le connaissaient pas.
2. Ainsi le ciel jouissait d'un vin particulier, ignoré de la terre. Toutefois la terre n'était pas condamnée à une détresse absolue, elle se glorifiait de la chair du Christ dont la présence était l'objet des désirs du ciel. Pourquoi ne se ferait-il pas entre le ciel et la terre,
.1 Acl., II, 13.