A UN AMI
)« lui dit brièvement l'impossibilité o il est de répondre à ses demandes.
Soit dit sans vous blesser , vous insistez trop et je m'obstine. L'importunité extrême de ceux qui cnerchent à se faire de loi un intercesseur, diminue même en quelque sorte les obligations que je te lois. Je suis surpris qu'ils n'aient pas aussi déchaîne sur nous le Seigneur des fontaines afin de m'accabler encore sous une nuée d'intercesseurs. Cependant voici ma répon-
se en quelques mots : c'est par le silence, plutôt que par des paroles, que j'ai voulu te refuser ce qui! lu me drinnnues. J'ai ux^tta la -réserve qui m'est lialutin II»: dans les cliov* que je suis résolu a n>- pas tain . Toute!*»:*, je diffère ma réponse plutôt que de la donner définitive, jusqu'à ce que nous puissions nous entretenir un instant ensemble. Adieu.
AVERTISSEMENT DE MÀBTLLON
SUR LA LETTRE SUIVANTE
1. On a émis des doutes sur Fauteur de la lettre suivante. Mais il est constant qu'il faut l'attribuer à Guillaume ou Willelme, abbé du monastère de Saint-Thierry, auprès de Reims.
2. Les doutes se trouvent formulés dans un vieux manuscrit appartenant au docte et lettré Léonore Foy, chanoine de Beauvais, manuscrit qui date d'environ quatre cents ans et dans lequel cette lettre est ainsi intitulée : Lettre aux Chartreux : bien qtïelle porte le nom de Guillaume, plusieurs {attribuent pourtant à saint Bernard. En, effet , ont loué cette lettre comme élant de saint Bernard : Jean Gerson, chancelier de Paris, au sermon de la Cène du Seigneur ; et à la même époque , Jean de Raguse , cité par Henri Canisius , au tome III, Àntiq. lect., pag. 240, et d'autres après eux. Ce sentiment était appuyé par un grand nombre de manuscrits. On ne trouve cependant aucun extrait de cette lettre dans le Bemardinum ou livre des Fleurs de saint Bernard.
3. Les doutes touchant l'auteur de cet opuscule proviennent surtout de la faute des copistes qui ont estropié le nom de Guillaume, l'auteur véritable , placé en tête de la lettre, ou qui l'ont même complètement omis, ainsi qu'une grande partie de la préface dans laquelle l'auteur fait un catalogue d'ouvrages qui sont tous certainement de l'abbé Guillaume. Le premier qui ait rétabli dans son intégrité cette préface sur les anciens manuscrits, et qui l'ait restituée à son véritable auteur, est le religieux et pieux Bertrand Tissier,au tome IV de la Bibliothèque cistercienne. Outre les manuscrits de Signy, Charlieu, Longpont et Foucarmont, loués par lui et qui attribuent cette lettre à (Hiillaume, nous en avons trouvé d'autres qui attestent la même chose ; ce sont ceux de Saint-Germer, maintenant à la Bibliothèque
Tomb IV.
royale, de de Thou, actuellement à la Bibliothèque Colbert, et de Ratisbonne de Saint- Emmeran. Dans tous ces manuscrits, voici comment cet opuscule est intitulé : Aux seigneurs et frères, H. Prieur, etc. W. souhaite le doux repos. On voit ici que le nom de Willclme est indiqué seulement par les premières lettres, comme celui du prieur Haimon, qui gouvernait alors la chartreuse du Mont-Dieu. Or, cette chartreuse est située dans le diocèse de Reims, près de Houzon, elle a été fondée par Odon, abbé de Saint- Remi en 1136; Geffroi en fut le premier prieur et Haimon lui succéda en 4144 ; Hai mon fut à son tour remplacé par Gervais, dont il est fait mention sans qu'il soit nommé cependant, dans la 290° lettre de saint Bernard; il eut pour successeur Simon, comme je l'ai appris du vénérable père Ganeron. Du reste, cette lettre fut écrite dès les commencements de la Chartreuse du Mont- Dieu, comme le laisse assez entendre le mot de nouveaux, donné à ses premiers habitants, au n° 3.
4. Guillaume a-t-il écrit cette lettre étant encore abbé ou après être devenu moine à Signy? Ce point n'est pas éclairci. Ce qui autoriserait le dernier sentiment, c'est qu'il était déjà avancé en âge quand il a écrit cet opuscule ; et que cette lettre, sous le nom de a Traité de la Vie Solitaire, par Guillaume de Clairvaux», a été louée, il y a quatre cents ans, par un chanoine régulier de Saint-Sauveur à Bologne, comme on le voit au livre premier des Sermons aux ermites, ch.xxiu. Nous avons parlé de cet auteur dans notre Voyage en Italie, p. 197.
5. Ceci réfute la conjecture, d'ailleurs impossible, du docte traducteur de cette lettre, qui a cru pouvoir l'attribuer à Pierre de Celles. Car outre que le nom de Guillaume, placé en tête de cet écrit, rénumération des