‹ Œuvres de Saint Bernard (volume 3)Chapitre 161 sur 179 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

V Amour survit dans l'homme même quand

il est, comme malgré lui,

asservi à la toi ûe la chair et du péché.

44. Autre, en effet, est un sentiment, autre une affection. Le sentiment est une puis* sance générale et perpétuelle, une vertu ferme et stable qui possède l'âme que la grâce lui a soumise, tandis que lesaffections varient avec la diversité du temps et des choses. A cause du vice originel, 1 infirmité de la chair choppe souvent, tombe souvent, se blesse quelquefois grièvement; sous le coup de cette blessure, l'âme gémit intérieurement: elle est plutôt passive qu'active dans ces rencontres extérieures et fâcheuses; pourtant elle ne perd pas la charité ; c'est plutôt la charité qui lui arrache ces gémissements et ces cris : Malheureux homme que je suis! Qui me délivrera de ce corps de mort ? Et l'Apôtre ajoute : Par l'esprit j'obéis à ta loi de Dieu; et par la chair, je suis l'esclave de la loi du péché. Et encore: Ce n'est pas moi qui fais cela, c*est le pc'ché qui habite en mot l. Aussi tout homme qui, pour employer le langage de saint Jean, tst né de Dieu, ne pèche pas : et ne pèche pus, selon la raison de l'homme intérieur; il ne pèche pas en ce sens qu'il hait le péché qui donne la mort au lieu de l'approuver, le germe de la naissance spirituelle qui la fait naître de Dieu le conservant intérieurement. Que si pourtant et parfois il est blessé, assailli par le péché, la racine de la charité profonde en lui l'empêche de périr. Au contraire, il se relève et se redresse avec plu» de

* £lom. vu, 21, 23, 17.

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