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SERMONS Dfi SAINT BERNARD
reconnaître de plus nobles les uns que les
autres; vous pouvez en faire aisément la remarque; Je laissé donc lëS détails pour être bref. Je Vous laisse également le àoin de considérer que comme les membres du corps s'affaiblissent fatalement quand Tarne cesse de lés soutenir^ ainsi les affections dont hous venons de parler, et qui sept comme les membres dfe l'âme, ineureni dçs qu'elles sont privées de ce qui est l'âme de
cette âme* de Dieui de sorte, ou qu'on n'aime pas de tout son cœur ee qu'on dçit aimer, ou qu'on ne l'aime point pour là fini ni de la manière obligées. En effet, il y a des enfants qui ne portent à leurs parents qu'un attachement tout charnel; ceux-là bénissent Dieu quand il leur fait du bien. Mais un par^l ûmpur ne mérite pas le nom d'amour; o'est une affection épbçjnèrej une affeelion qui tombe à 4errei
SERMON XI
Ut deux iorbss ik èdptêrnlt, èî quM fàiit renoncé? â s'a ïtiànii profit
1. Vous savdz, mes frères (car vous possédez parfaitement la vérité catholique)* q\\e dans le baptême ie Père céleste adopte véritablement ceux qui renoncent au démon et qu'il les transporte de l'empire des ténèbres dans le royaume lumineux de son Fils.
C'est là cette première robe que le Père^ dans son amour, ordonne à ses serviteurs d'apporter promptementj , sans attendre que son fils la demande, mais ie prévenant de ses douces bénédictions. En effet, tous tant que nous sommes qui avons été baptisés en Jésus-Christ^ nous avons été revêtus de Jésus-Christ même1, Et un autre témoin aussi fidèle nous crie en parlant de lui : A tous ceux qui l'ont reçu% il a donné le pouvoir de devenir les enfants de Dieu1. Et ce n'est pas ici un pouvoir vain et infirme ; puisque nous sommes assurés que m la mort, ni là vte, ni les vertus, m les anges^ ni les hauteurs, ni les profondeurs ne pourront nous séparer de tm charité de Dieu qui est en Jésus- Christ*. Remarquez que l'Apôtre ne nous a pas rangés parmi tant de choses mentionnées par lui, car ce sont ses propres paroles. Telle est, en effet, la liberté que Jésus-Ghrist nous a procurée en nous affranchissant, qu'aucune
* GolBt. in, m rr. ■ ?e*fa »| 12; — » floffl. tin» 381
autre créature que nous-mêmes né peut nous arra Ùer à lui; et nous faire viëlence. Nous seuls sommes capables de l'abandonner ; en cédant à l'entraînement dé notre volonté ; et ettix séductions de la concupiscence. Voilà le seul ennemi que ridus ayons à craiiidré. Aussi le fidèle régénéré par le baptême ne peut-il être séparé dé la chaHté, avant d'avoir l'usage de la raisbn. Jusque-là il reste sous la protection et la garde de son DieU ; il est sans ctainte. Mais dès <|n'il atteint l'âge de la discrétion il s'appartient, sans avoir à redouter plus qu'auparavant les autf es créatures ; il doit cependant tout appréhender de celle qui dort ensdft bçifi \ je veux parlei» de sa volonté; Le péché est peutêtre à sa porte, niais l'homme est maître de tes passions: qu'il refuse doutrif ad itUllj et lui refuse son consenteinehL
2. Ge ne fut ni un ours, ni un iibii, mais un servent* lé plus fin et lé pinfc tort des animaux qui catlsa la chute dé nos premiers parentë. L'homme ne trompa boiflt là fétu nie; ce fat la femme qui Séduisit l'homme. 0 BVë! lé serpent fou* a trompée* trtthipêé BiS-Jë, car il he vous a ni poussée* ni ettMrftihte âti mal. 0 Adam 1 la femme tous ft offert du fruit de l'arbre, mais sans violence. Ce n'est »as s» witsattety tféft VéiW ttttttft qA ï6d*
SUR DIVERS StHEVW
4 bit préférer sa voix à la voix de Dieu. Cependant si l'ignorance diiprebiier homme l'a empêché dfi.prejarë tpuies les çrécàk-' tiôns nécessaires, tachons d'éviter ce malheur, npjis que tant d'erempies^oni 4ty Instruire. Ou plutôt, puisque malhçyreusemeni rioùs sommes jetés dans le même danger, mettons tous nos soins à trouver un remède a de si grands maux. Est-ce par la vlolççce
Jjiïécé fort àçmé lié et enchaîné jpar un plus orl est rentré dans sa demeure? Non, jamais) c'est qua^nd il, l'a trouvée vidai ouverte à tous qu'il y est rentré, avec 6eniâautrës compagnons plus méchants que lui, niais non pas plus forts, et sans violence aucune il s;j est établi librement1, dr, qui lui ajivré l'entrée, qui, sinon sa propre volonté? bui; ç'esl-èlle qui nous replace sous la puissance des ténèbres, et sous l'empire de la mort)
3. Venez , Seigneur Jésus» venez donc maintenant encore* vepez chasser cet hôte que notre folie a introduit. Car nous serons vraiment délivrés si pous le sommes peu vous; Nous avons violé notre pffeitiiëre al liftnce; nous avons péché contre Vous> en nous engageant à Satan et h ses délivres, en preriattt volotitairement lejoug de l'iniquité; en nous eOurbaht sdtlà une tïiste ôfcrfitudâ.
Il nous faut donc* mes, frères, recourir à tat second baptême, contracter une nouvelle alliance, signer tin autre coiitrât, faire Une nouvelle profession. Non, fl ne suffit jplù&de renoncer au démon él à seS œuvres j il faiit renoncer tout fensemfcle au démon et a notre volonté propre^ te défrion nous à séduits et elle nous à trahis. Dans le prertrier baptême* il est vrai, notre volonté né nous, avait encore cause aucun dommage, et c'était assez de reridiicër à Satan donU'eriyie a introduit danà le monde le péché et Ja mort, par l'organe d'un seul homme qui a perdu ensuite tous les autres. Hais après gue nous avons fait une triste expérierice et du monde et de ses bfaarmes* trompeurs et de notre volonté infidèle, nous ne nous contentons plus dans lé second baptême de la conversion (*) de rétablir notre première alliance, nous la consolidons en renonçant absolument à toutes nos affections personnelles, travaillons donc, mes irères, à nous garder purs et sans tache au milieu des fanges de cette vie, nous sounant que c'est une religion pure et immalée qui plaît à Dieu. Dépouillons -nous urtout de notre volonté propre. C'est une vipère méchante et fatale WjN&lo 4? perdre seuie nos âmes*
SËllitON m
tthunëncëitiëfit } dtl Militai $ de IftSUi àptopê* le èts P&feléS de mcWSiWtiqM;
m. ni, 46, Smètlèï-tiVhs âè bas ftfà tiènrièrte, Klc:
î. Mon fil*) souv^z-vovs de vesi fou der~ mères et nous ne pécherez jamais* Rappelez^ tous votre commencement , pensez à ce qui s'est passé depuis, et sopvçnez-vous de votre fin. Le commencement de votre vie vous couvre de confusion* le milieu vous afflige} la fin yous effraie» Considérez d'où vou? venez et rougissez $ songez où vous êtes et gémissez, voyez où vous allez et tremblez; Gardez-vous de rester dans l'igporanee sur
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tout ceci j yoqs yous exposeriez à cette menace terrible de l'époux à J'épouse : . Si vous ne vous connaissez pas> 6 la plus belle des femmes* sorte* M suivez les troupeau^ de vos compagnes*. Premièrement) 6 homme* vous
* Jaeç. i| 27* -* * ëanti* h 7.
(a) Beaucoup d'anciens auteurs ont Vd dans lA pro^ fession religieuse un second baptême. Tel était le sentiment de 8. Bernard, settn* x*xm Sur divers sujets, et Traité du précepte et de la dispense. — Voir aussi 8. Jérôme, Épitre à P^uie* sur te igort de BléulUe.
étiez entouré d'honneur et vous n'avez pas compris ; c'est pour cela que vous êtes devenu semblable à la brute sans raison, et que vous vous êtes ravalé à son niveau1. Si la souffrance ne nous a pas enfin ouvert l'esprit, il faudra que vous marchiez après les troupeaux, réduit à des traitements dont eux-mêmes ne sont pas susceptibles. Reconnaissez donc votre commencement, et rougissez de ressembler à la bête; rappelezvous votre fin et craignez d'être obligé à suivre des êtres sans raison. Rougissez, dis-je, d'être associé à la brute, au lieu d'être dans la compagnie des anges, et d'en être réduit là non-seulement sous le rapport des nécessités physiques mais sous celui des affections du cœur. Vous partagez avec les bêtes la nourriture terrestre, parce que vous êtes dégoûté du pain des anges, du pain céleste. Et sort plus déplorable encore, dans un corps droit vous portez une âme toute courbée : votre corps a gardé une certaine ressemblance avec l'âme, et votre âme a perdu la ressemblance qu'elle avait avec Dieu et elle a pris celle de la bête.
2. Quelle confusion pour vous! votre tête s'éfève vers le ciel, et votre cœur est incliné vers la terre. Vous êtes droit de corps, et vous rampez par le cœur. Et n'est-ce pas ramper que de ne goûter, désirer, poursuivre que les choses charnelles? Cependant parce que vous avez été formé à l'image et à la ressemblance de Dieu, si vous avez perdu la ressemblance en vous assimilant aux bêtes, vous avez gardé l'image. Si élevé en honneur vous n'avez pas compris que vous n'étiez que limon, maintenant que vous voilà enfoncé dans le limon, souvenez-vous que vous êtes l'image de Dieu, et rougissez de l'avoir couverte d'une ressemblance étrangère. Pensez à votre noblesse, et ayez honte de votre avilissement. N'ignorez pas votre beauté, et concevez une confusion plus vive de votre difformité. Au dire de Salomon, c'est une confusion qui apporte la gloire % que celle qu'on ressent d'être tombé de si haut. Autrefois vous étiez couronné de gloire et d'honneur, établi sur les ouvrages de Dieu ; habitant le paradis,vous étiez concitoyen des anges et serviteur du Dieu des armées. Vous vous êtes précipité de ces cimes dans ces ténèbres intérieures qui, si vous n'y prenez garde, vous conduiront dans d'autres ténèbres extérieures et palpables. C'est vous-mêmes, disjo , qui vous êtes privé de la gloire des en-
fants de Dieu, et exilé de l'heureuse et douce patrie, du jardin de délices.
3. Voilà d'où vous venez : voulez-vous savoir maintenant où vous êtes? Vous êtes dans un lieu d'affliction, puisque votre vie s'approche de l'enfer. Et ici-bas qu'y a-t-il, sinon travail, douleur, affliction d'esprit? Mais vous êtes comme un enfant qui serait né et nourri dans une prison ; n'ayant jamais vu la lumière il s'étonne de la tristesse et du chagrin de sa mère. Mais elle qui sait les motifs qu'elle a de s'affliger, qui a connu le bonheur, elle trouve les maux qu'elle endure insupportables, et les doux souvenirs du passé rendent sa peine plus amère. Il n'en est pas ainsi de vous à qui de moindres maux semblent de grands biens, et parce crue yous êtes habitué au poids des chaînes les plus lourdes, des liens plus légers vous sont une douceur. Vous avez un grand désir de manger parce que la faim vous tourmente; manger et endurer la faim sont deux choses laborieuses, mais comme la faim est plus difficile à supporter vous ne trouvez pas grande peine à manger. Cependant la faim apaisée ne trouvez-vous pas qu'il est plus pénible de manger que de souffrir la faim? Telle est la condition de toutes choses ici-bas, elles ne renferment rien de véritablement agréable ; mais l'homme se plaît à passer de l'une à l'autre et le changement seul lui est une sorte de plaisir; c'est comme s'il passait de l'eau dans le feu, puis du feu dans l'eau, également incapable d'endurer longtemps l'un et l'autre. Le commencement d'une peine nous soulage un peu d'une autre. Personne en ce triste monde ne peut posséder ce qu'il désire. Le juste n'est jamais rassasié de justice, ni le voluptueux de plaisirs charnels. Le curieux ne voit jamais sa curiosité totalement satisfaite, l'ambitieux n'arrive pas au terme de ses rêves. Voilà ce qui doit éveiller vos plaintes, si vous n'êtes pas réduit à la dernière insensibilité. Voilà la cause de vos justes douleurs ; vous êtes en exil, vous marchez dans un désert, à travers les ténèbres, sur un chemin glissant, et vous êtes condamné à manger votre pain à la sueur de votre front. Est-il possible que l'œil de votre âme ne soit pas constamment mouillé de larmes, toutes les fois qu'il vient à considérer ces misères? N'avez-vous pas sujet de gémir avec le Prophète et de dire : Hélas! hélas! que mon exil est long l /