SENTENCES
DE
4 . Il y en a trois qui rendent témoignage dans le ciel; le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Et trois sur la terre : l'esprit, Veau et lé sang1. Il en est de même dans renfer,comme nous le lisons au prophète Isaïe : le ver qui les ronge ne meurt pas, et le feu qui les brûle ne s'éteindra jamais f . Le ver et le feu sont des maux, dont l'un ronge la conscience, et l'autre consume le corps. Le troisième mal est le désespoir, conséquence de ces deux paroles : ne meurt pasyne s'éteint pas. On donne un témoignage de félicité à ceux qui sont au ciel, un témoignage de justification à ceux qui sont sur la terre, un témoignage de damnation à ceux qui sont dans l'en 1er. Le premier est un témoignage de gloire, le second de grâce, le troisième de colère.
2. L'Ecriture nous enseigne que le Saint- Esprit procède, inspire, habite, remplit et glorifie. Il procède de deux manières. Quel est le point de départ de cette procession et quel en est le terme? Il procède du Père ei du Fils, vers la créature. En procédant il prédestine : en inspirantil appelle ceux qu'il a prédestinés; il justifie ceux qu'il a appelés en habitant en eux : en les remplissant il comble de mérites ceux qu'il a justifiés : et en les glorifiant il les enrichit de ses récompenses après les avoir comblés de mérites.
3. L'Esprit-Saint convaincra le monde du pèche que le monde cherche à dissimuler. Il convaincra de la justice qu'il viole en se l'attribuant à lui-même au lieu de la rapporter à Dieu. Il le convaincra encore du jugement qu'il usurpe, en jugeant témérairement de lui-même et des autres.
4. Aujourd'hui encore, dans les citoyens de Babylone, l'effusion des eaux, c'est-à-dire, la confusion des pensées, rend la terre informe et nue. Car en flottant autour de la chair nos pensées ne donnent aucun fruit.
* I Jean v. 7, 8. — laiie ucvi, 4.
Séparons donc les eaux d'avec les eaux f , afin que l'âme aussi, comme il est juste, ait sa part de solitude et de méditation. Que les eaux inférieures contenues en certaines limites, et retenues dans leur lit, ne franchissent pas les bornes de la nécessité, et que les eaux supérieures s'épanchent librement. Alors Dieu versera sa bénédiction, et notre terre donnera son fruit*.
5. Dans le peuple de Dieu, les uns sont charnels, et les autres spirituels : Les premiers ne sont cependant pas totalement étrangers au désir des biens éternels, pas plus que les seconds ne le sont à la pensée des choses temporelles. Ils différent en ce que le désir des uns est plus ardent que celui des autres et se porte vers des objets différents; selon la préférence qui les décide ils sont réputés spirituels ou charnels. Voilà pourquoi, dans les bénédictions données à Jacob et a Esaû, on nomme et la rosée du ciel et la graisse de la terre, mais dans un ordre qui n'est pas le même pour tous les deux. Que Dieu te donne en abondance la rosée du ciel, et la graisse de la terre, dit Isaac à Jacob. Mais en s'adressant à Esaû, il dit: La graisse de la terre, et la rosée du ciel, voilà ta bénédictton*. Ltturs préférences se révèlent à leurs soi us et à leurs affections.
6 La mort des pécheur s est très-mauvaise*. Mauvaise dans le monde qu'ils perdent; ils ne peuvent se séparer sans douleur de ce qu'ils aiment : plus mauvaise par la dissolution de la chair dont leurs âmes sont arrachées par les démons : très-mauvaise enfin dans les tourments de l'enfer où le corps et l'âme sont livrés à des feux éternels. Au contraire, la mort du juste est excellente, puisqu'au ciel ils se reposent de leurs travaux,ils goûtent une félicité toujours nouvelle, une félicité que rien ne trouble : elle est éternelle.
1 Geo. i, 6. — * Ps. lxxxiv, 13.
39, 40. — * Ps. xxm, 82.
— • Gen. xxvn, 28,