A HENRI, ÉVÊQUË DÉ WINCHESTER
Il loi écrit une lettre de compliments.
A rillustre seigneur Henri^ évêque de Winchester par la grâce de Dieu^ Bernard^ abbé de Glairvaux : le salut dans le Seigneur.
J'ai déjà appris avec joie de plusieurs per« sonnes, que notre humilité n'avait pas peu trouvé grâce auprès de Votre Grandeur. Je ne le mérite pas, mais je n'en suis pas ingrat. Aussi je vous rends pour votre amitié une amitié, sinon de même valeur, au moins telle que je puis la donner. Je ne crains pas en vous l'offrant, ou plutôt en vous la rendant, que vous la méprisiez, si peu qu'elle vaille, puisque vous avez bien voulu la demander tendrement et que vous avez daigné la prévenir. Hais avant de vous écrire plus longuement, j'attends de savoir par votre réponse, si vous daignez m'en faire une, comment vous aurez reçu ces quelques mots. Ce qu'il vous plaira de m'écrire ou de me mander verbalement, vous pouvez parfaitement le confier à l'abbé Oger, par qui vous recevrez cette lettre. Nous sollicitons aussi pour lui Votre Excellence; que ceci le fasse connaître de vous et vous le recommande comme un homme très-recommandable par sa probité, sa science et sa religion.
1 Henri était neveo par sa mère d'Henri!*' rei d'Angleterre, frère d'Etienne lui-même, roi d'Angleterre, et fils d'Etienne, comte de Blois. Sa mère, la comtesse Adèle, loi fit prendre en 1126, la tonsure k Cluny, pour ne pas paraître, dit la chronique, n'avoir des en&nts que pour le siècle. Il devint abbé de Glaston et ensuite évèque de M^inchester en 1128. Saint Bernard se plaint de lui dans la lettre 237 an pape Eugène, parce qu'il avait sacré Guillaume, évèque intrus d'York. II paraîtrait aussi qu'il aurait sacré saint Thomas de Cantorbéry. Pierre le Vénérable lui écrivit plusieurs lettres pour l'engager à venir finir ses jours à Cluny. Vaincu par ses instances et par celles du pape Adrien IV et de Louis roi de France, il fit passer se* crètemeot ses richesses à Cluny et y arriva en 1155, sans la permission du roi d'Angletere. Il paya pour le monastère une dette de quarante mille livres, y nourrit quatre cents religieux, fit fkire quarante calices pour célébrer la messe, et donna encore à l'Église une étofié de soie d'un grand prix. Il ensevelit de ses propres mains Pierre le Vénérable en 1157, pnis il retourna dans son diocèse, où il mourut en 1171. — Du Chêne, notes sur la bibliothèque de Cluny. — Spicilegium, tome viii, p. 150.» Lettres de Pierre le Vénérable, liv. IV,let. 24 et 25.