‹ Œuvres de Saint Bernard (volume 4)Chapitre 148 sur 319 · LETTRE XCV · texte numérisé non relu

LETTRE XCV

(Écrite ran 1132,) A TUlSmiy ARCHEVÊQUE d'TOKK*

11 looe sa charité etaa bien&isance envenles religieox.

A son très^her père et révérend seigneur Turstin^ par la grâce de Dieu évéque d*Yorky Bernard, abbé de Clairvaux, envoie mille compliments.

L'éclat de vos œuvres et le parfum de votre réputation concourent à votre gloire, ainsi que je m'en suis aperçu. Les œuvres prouvent que la réputation n'était ni fausse ni vaine, puisque la réalité elle-même rend manifeste ce que la renommée* dans son vol avait déjà répandu partout. Combien à présent surtout le zèle de la justice n'a-t-il pas brillé en vous ; combien l'énergie sacerdotale ne s'est elle pas élevée et affermie pour la défense des pauvres,' et des pauvres qui n'avaient pas de protecteur? Autrefois, sans doute, toute l'Église des saints racontait vos œuvres de miséricorde et vos aumônes. Hais cela vous était commun avec beaucoup d'autres, car c'est ce que Ton exige de tous ceui qui possèdent les richesses de ce monde. Maiscetteœuvre épiscopale, cetexemple si éclatant d'une charité paternelle, cette ferveur vraiment divine avec laquelle sans doute celui qui prend pour ses anges des esprits, et pour ministre, un feu dévorant, a enflanmié et armé votre zèle,toutcela, dis-je,a ajouté un singulier honneur à votre dignité, un lustre à votre emploi, un ornement à votre couronne.' Autre chose est de soutenir l'estomac de celui

qui a faim ; autre chose, de se montrer plein de zèle pour la sainte pauvreté. Là on sert la nature, ici la grâce. Vous visiterez votre semblable, est-il dit, et vous ne pécherez plus^. Ainsi, celui qui soulage le corps du prochain se préserve du péché, mais celui qui honore la sainteté d'autrui se charge de fruits. C'est pourquoi il est dit: Que votre aumône sue dans votre main, jusqu'à ce que vous trouviez un juste pour la lui donner. Quels en seront les fruits ? Que celui qui reçoit un juste en qualité de juste recevra la récompense du juste. Payons à la nature sa dette pour ne point pécher, et soyons les auxiliaires de la grâce pour mériter aussi d'en devenir participants. Nous admirons sansdoute en vous ces deux mérites, mais en reconnaissant que l'un et l'autre vous ont été donnés d'en haut. Aussi que tout le bien temporel

* Job., V, 24. — » Matth., X 41.

LETTRES DÉ SAINT BERNAtlt).

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que nous recelons de tous dans nos nécessités se mêle éternellement aux louanges que nous rendons à Dieu, très-révérend père que nous devons honorer et embrasser dans toute la sincérité de notre amour.

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