‹ Œuvres de Saint Bernard (volume 4)Chapitre 152 sur 319 · LETTRE XCIX · texte numérisé non relu

LETTRE XCIX

A UN MOINK.

II Ini écrit que sa lettre Ta tiré des soupçons Ûcheux que lui avait causé son départ du monastère.

Ce n'est pas dans son intérêt, mais dans le vôtre, que le frère Guillaume * a cru devoir vous envoyer le messager qui vous a troublé, dites-vous. Quant à Guillaume, par la grâce de Dieu il travaille courageusement selon son habitude, et il fait en sorte qu'on ne puisse jusqu'à présent lui appliquer cette maxime : L homme qui a l'esprit partagé^ est inconstant en toutes ses voies '. Marchant simplement et, par conséquent, avec assurance dans les voies du Seigneur, il n'est pas sous le coup de la malédiction qui dit : Malheur à celui qui marche sur la terre par deux voies^. Nous avions appris que vous étiez dans la discorde, que, non sans scandaliser gravement l'abbé et les frères, vous aviez quitté votre maison et que vous habitiez, seul, eu je ne sais quel lieu assez peu convenable. Ému de cette nouvelle , nous avons cherché avec anxiété si nous ne pourrior^s pas de quelque manière vous donner un conseil ; ce que nous trouvions de plus facile, c'était de vous appeler auprès de nous, afin d'être tout d'abord mieux renseigné par vous sur vousmême et d'avoir ainsi le moyen de vous conseiller en tête à tête. Mais maintenant, puisque votre lettre et notre réponse ont dissipé la crainte que nous avaient de part et d'autre causée de faux soupçons, demeurons tous en repos : cette erreur a prouvé combien notre aiTection mutuelle est véritable et je pense que cette affection n'aura pas été inutilement renouvelée aujourd'hui par notre sollicitude réciproque eu cette circonstance ; nous espérons en recueillir des fruits abondants, si une occasion commode de jouir de votre présence nous est donnée. Car autrement nous croyons plus

^ Il est question de ce Guillaume dans la lettre n^ 103. * .lar.|., 1,8. — " lùul.i', 14.

à propos de nous contenter de notre isolement que d'avoir une jouissance qui vous serait importune.

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