LETTRE C
A UN ÉVÊQUB.
Il le loue de sa bienveillance et de sa libéralité envers de pauvres religieux.
Si nous ne connaissions pas tout le zèle dont TOUS êtes animé pour la réussite d'une si grande œuvre, nous aurions dû vous exhorter et vous conjurer à ce sujet. Mais puisqu'aujourd'hui votre piété prenant les devants vous y a engagé la première, il nous reste à rendre à Celui dont tous les biens procèdent, nos remerciements pour le bon vouloir qu'il vous a donné, et à lui adresser nos prières pour qu'il vous accordéon outre de réaliser vos bonnes intentions. Cependant je ne vous tairai pas ma joie. Quelles délices, en effet, ne pensez- vous pas que cette déterminationde votre part apporte à mon cœur ? Mon âme se délectera dans l'allégresse, si je vous sais infatigable dans ces occupations honnêtes et salutaires. Je suis dans la joie, non que je cherche le don, mais parce que je poursuis les fruits ; j'accepte volontiers un bienfait qui est utile à celui qui le donne ; autrement, je ne marcherais pas dans cette charité qui ne recherche pas ses propres intérêts *. Et si en cela vous nous faites du bien, vous vous en faites davantage, si vous n'avez point par hasard oublié cette maxime : // y a plus de bonheur à donner qu'à recevoir ". Cela convient à votre titre d'évêque, honore votre sacerdoce, orne votre couronne, ennoblit votre dignité, de vous montrer par votre administration l'ami des pauvres, si vos fonctions vous empêchent d'être pauvre vous-même. Car on considère comme vertu, non la pauvreté, mais l'amour de la pauvreté. Enfin on dit : Bienheureux lespauvresy non en réalité mais en esprit^.